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République démocratique du Congo : le bilan de l'épidémie d'Ebola dépasse 2 000 morts

Un soignant en tenue de protection observe un centre de traitement contre Ebola à Bunia, le 10 août 2026
Un soignant en tenue de protection observe un centre de traitement Ebola à Bunia, le 10 août 2026 Tous droits réservés  AP Photo
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Par Gavin Blackburn & Nathan Joubioux
Publié le
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Le taux de létalité de l'épidémie actuelle est estimé à 45,9 %, nettement supérieur au taux de 39,6 % enregistré lors de la flambée d'Ebola la plus meurtrière qui a sévi en Afrique de l'Ouest entre 2014 et 2016.

Au moins 2 011 personnes sont décédées lors de l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo cette année, selon le dernier bilan communiqué par les autorités, qui préviennent qu'elle pourrait devenir la plus grave de l'histoire du pays. Des données gouvernementales publiées dans la nuit de mardi ont montré que cette épidémie a enregistré un total de 4 381 cas confirmés.

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Alors qu'il a fallu environ neuf semaines pour enregistrer les premiers 1 000 décès, il n'en a fallu qu'environ trois semaines pour que ce chiffre double, une preuve que la crise sanitaire évolue plus rapidement que les efforts de suivi et de gestion.

Une des causes de l'explosion des cas et des décès : les autorités sanitaires peinent à faire parvenir de l'aide dans des localités reculées en raison du conflit rebelle, de mauvais axes routiers et de grèves liées à des problèmes de paiement.

Un bilan "alarmant" a déclaré le Dr Jean-Marie Akandabo, qui aide à gérer les patients dans une clinique locale à Ituri (nord-est), qui a appelé à redoubler d'efforts de réponse dans les localités touchées.

Il s'agit de la 17e vague de cette maladie hautement contagieuse dans le pays, déjà considérée comme la plus vaste de l'histoire de la RDC. Elle "pourrait bien devenir la plus grande flambée jamais observée", a prévenu Sania Nishtar, directrice générale de l'alliance mondiale pour les vaccins Gavi.

Le taux de létalité de l'épidémie actuelle est estimé à 45,9 %, nettement supérieur au taux de 39,6 % enregistré lors de la flambée d'Ebola la plus meurtrière qui a sévi en Afrique de l'Ouest entre 2014 et 2016, ayant fait plus de 11 000 morts pour 28 000 cas. Cette dernière est toujours la pire épidémie d'Ebola de l'histoire.

État d'urgence

La flambée actuelle a été déclarée le 15 mai, mais les autorités sanitaires indiquent que le séquençage viral a révélé qu'elle avait commencé plusieurs mois plus tôt, en février. L'état d'urgence a été déclaré en RDC.

Cette flambée d'Ebola diffère de la plupart des précédentes, car le rare virus Bundibugyo responsable de celle-ci ne dispose ni de vaccins ni de traitements approuvés. Des essais cliniques ont commencé dans la province d'Ituri, l'épicentre de l'épidémie, dans l'est du Congo.

Les travailleurs humanitaires affirment que l'épidémie continue de surpasser la riposte qui s'étend dans les cinq provinces de l'est affectées. De nombreux agents de santé ont fait grève pour protester contre le manque de paiement depuis la déclaration de l'épidémie. Et l'OMS a indiqué que la plupart des nouveaux cas sont encore enregistrés en dehors des contacts surveillés, montrant que la transmission échappe toujours au contrôle des personnels de santé.

"En l'absence de vaccin efficace, le contrôle [de l'épidémie] repose sur l'identification des cas puis leur prise en charge dans des installations sécurisées jusqu'à leur guérison ou malheureusement leur décès", a déclaré Paul Hunter, professeur de médecine à l'Université de l'Est de l'Angleterre au Royaume-Uni. Dans une région reculée comme celle-ci avec un conflit en cours et des communications interrompues, la surveillance habituelle peut être très difficile et "identifier les cas suffisamment tôt pour prévenir la propagation peut s'avérer impossible".

Des soignants échangent au Centre médical évangélique de Bunia, 3 juillet 2026
Des soignants échangent au Centre médical évangélique de Bunia, 3 juillet 2026 AP Photo/Dirole Lotsima Dieudonne

Vendredi, des experts en vaccins de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont recommandé de lancer un essai clinique à grande échelle chez l'être humain avec le seul vaccin contre Ebola actuellement homologué, afin de vérifier s'il offre une protection croisée contre la souche du virus qui se propage actuellement en RDC, pour laquelle il n'existe pas encore de vaccin spécifique.

Le vaccin Ervebo a démontré son innocuité et son efficacité contre la souche la plus courante du virus Ebola, dite souche Zaïre, et les experts de l'OMS indiquent que des données préliminaires, notamment issues d'essais sur des animaux, suggèrent qu'il pourrait également offrir une certaine protection contre la rare souche Bundibugyo qui explose actuellement en RDC.

Deux vaccins potentiels contre la souche Bundibugyo en sont aux premières phases d'essais cliniques chez l'humain, tandis qu'un troisième est en cours de développement pour être testé à ce stade.

Le directeur régional de l'OMS pour l'Afrique, le docteur Mohamed Yakub Janabi, a déclaré que les responsables "courent après le virus, qui a une longueur d'avance".

Le virus Ebola se transmet par contact avec les fluides corporels et provoque une fièvre hémorragique. Le premier virus identifié l'a été en 1976, près de la rivière Ebola, dans ce qui est aujourd'hui la République démocratique du Congo.

Sources additionnelles • AP, AFP

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