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Des vols sans passagers dans les airs ? En Europe, le malaise s'intensifie

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Par Loreline Merelle  & euronews
Des vols sans passagers dans les airs ? En Europe, le malaise s'intensifie
Tous droits réservés  Francisco Seco/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved

Le malaise s'accentue dans le secteur aérien européen. De plus en plus d'avions décollent avec une majorité de sièges vides, alors que les réservations sont en chute libre cet hiver avec l'arrivée du variant Omicron.

Le groupe Lufthansa a déjà averti que 18 000 vols soit 5 à 6% de l'ensemble de leurs liaisons cet hiver seront des vols « inutiles », c'est à dire avec trop peu de passagers pour être rentable.

Le groupe a d'ores et déjà annoncé le retrait de 33 0000 vols dans les semaines et mois à venir. Mais il ne peut pas en supprimer davantage.

Une obligation de décollage

Car les compagnies aériennes sont obligées de faire décoller leurs avions selon certaines règles européennes, fixées en amont.

Selon ces dernières, si une compagnie aérienne dispose d'un créneau de 15 minutes pour un décollage ou un atterrissage, elle peut le conserver durablement à condition qu'elle utilise ce créneau dans au moins 80% des cas.

Au début de la pandémie, la Commission européenne avait suspendu cette règle en raison de l'effondrement du trafic. Le taux a été réduit à 50% depuis février 2021.

Les grandes compagnies aériennes mettent la pression...

Désormais, la Commission européenne subit une pression importante pour alléger encore ce taux.

Les grandes compagnies aériennes demandent à la Commission une certaine souplesse pour cet hiver. "Nous devons changer les règles à partir de maintenant. Car la période hivernale ne dure que trois mois, et nous ne pouvons pas annuler de nouveaux vols", a affirmé une source à Euronews.

Les compagnies aériennes misent sur l'argument écologique. "Alors que l'on a trouvé dans presque toutes les autres parties du monde des règles d'exception respectueuses du climat en période de pandémie, l'UE ne le permet pas de la même manière", a ainsi déploré le directeur général du groupe Lufthansa, Cartsen Spohr dans le quotidien allemand, le Frankfurter Allgemeine Zeitung.

« Les règles de Bruxelles nuisent au climat et sont "exactement le contraire de ce que la Commission européenne veut atteindre avec son programme 'Fit for 55'". a renchérit le dirigeant d'entreprise.

... accompagnés de certains Etats-membres

L'exécutif européen doit aussi faire face à la pression des Etats-membres. Le ministre belge de la Mobilité, Georges Gilkinet, a écrit pour la seconde fois ce lundi 3 janvier à la commissaire aux Transports, Adina Valean pour demander un allègement de ce taux.

En juillet, il avait déjà écrit une lettre conjointe à la Commission européenne sur le sujet avec les ministres maltais et grecs.

L'exécutif européen garde le cap

De son côté, la Commission affirme qu'elle n'allègera pas les règles pour les deux derniers mois d'hiver.

"La réduction globale de la demande des consommateurs à la suite de la pandémie de COVID-19 se reflète déjà dans le taux d'utilisation très réduit de 50 % par rapport à la règle habituelle du taux d'utilisation de 80 %." a déclaré le porte-parole de la Commission européenne Daniel Ferrie lors d'une conférence de presse mardi 5 janvier.

"__Ce taux, ainsi que les exceptions aux règles, offrent aux compagnies aériennes la protection dont elles ont besoin sur leurs séries de créneaux horaires."

Mi-décembre, la Commission européenne a annoncé qu'elle relèverait le taux à 64% à partir du 28 mars prochain, comptant sur la reprise de la demande cet été.