« Mme Kaili n'a offert aucun service au Qatar en échange de pot-de-vin »

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Par Maria Psara  & Yolaine de Kerchove (traduction)
Les avocats de l'eurodéputée grecque Eva Kaili, Michalis Dimitrakopoulos et André Risopoulos, s'adressent aux médias devant le palais de Justice de Bruxelles
Les avocats de l'eurodéputée grecque Eva Kaili, Michalis Dimitrakopoulos et André Risopoulos, s'adressent aux médias devant le palais de Justice de Bruxelles   -   Tous droits réservés  Olivier Matthys/Copyright 2022 The AP. All rights reserved

Lorsque le scandale de corruption du Parlement européen a éclaté, le premier geste d'Eva Kaili a été d'appeler la police belge. C'est ce qu'a déclaré son avocat qui estime que c'est la plus grande preuve de son innocence.

Dans une interview accordée à Euronews, Michalis Dimitrakopoulos, l'avocat d'Eva Kaili, donne la version des faits de sa cliente.

"C'est une preuve sérieuse que son premier geste a été de parler à la police. Cela signifie qu'elle n'était pas consciente qu'il y avait quelque chose d'illégale dans sa maison, sinon elle n'aurait pas appelé la police. Mais ce n'était pas possible parce que la police ne parlait pas anglais et ensuite tous les événements sont arrivés."

Selon l'avocat, Eva Kaili n'était pas au courant de l'existence de l'argent et ne l'a appris que lorsqu'elle a suivi l'actualité. Elle a alors décidé d'appeler les proches collaborateurs de son compagnon - dont la plupart sont aujourd'hui également accusés de corruption - pour se débarrasser de l'argent qui a finalement été retrouvé dans son appartement et dans une valise transportée par son père.

Elle nie également avoir accepté des pots-de-vin du Qatar et insiste sur le fait que ses décisions politiques étaient conformes aux décisions européennes.

"L'Union européenne avait besoin de gaz, donc Mme Kaili n'a offert aucun service au Qatar en échange de pots-de-vin. Le premier et seul vote auquel Mme Kaili a participé concernait le droit des citoyens qataris à venir dans l'UE sans visa, qui a été adopté avec une majorité de 70% contre 30%, donc le vote de Mme Kaili n'avait de toute façon aucune valeur.", précise Michalis Dimitrakopoulos, l'avocat d'Eva Kaili.

La semaine prochaine, l'eurodéputée grecque sera de retour au tribunal, où il sera décidé si elle doit rester dans la prison belge de Haren. Nous avons demandé à son avocat quels arguments seront présentés aux juges pour obtenir une libération conditionnelle.

"Le juge [Michel] Claise a déclaré qu'il ne disposait d'aucune preuve pour étayer l'accusation de corruption, mais que des preuves pourraient être trouvées à l'avenir. Il n'est pas compatible avec l'État de droit, l'État de droit européen, de garder quelqu'un en prison avec la perspective de trouver des preuves à l'avenir. C'est juridiquement incorrect. Je veux croire qu'il n'y a aucune influence politique dans cette décision".

L'avocat explique que le seul moment de joie d'Eva Kaili depuis son arrestation a été le moment où elle a enfin pu voir sa fille de deux ans en prison.

Video editor • Vassilis Glynos