Un porte-parole de Meta indique de son côté qu’il n’y a aucune restriction sur les comptes du Premier ministre hongrois et qu’aucune publication n’a été supprimée.
Une campagne sur les réseaux sociaux, alléguant que Meta s'ingère dans les élections législatives hongroises du 12 avril, a fait surface ces dernières semaines.
Le scrutin oppose Péter Magyar, chef du parti d'opposition et pro-européen Tisza, au Premier ministre Viktor Orbán, critique de longue date de l'UE.
Dans un post sur X, le commentateur politique libano-australien Mario Nawfal a affirmé que Facebook avait restreint les publications d’Orbán, après qu’une membre du parti Tisza et ancienne employée de Meta eut exhorté ses partisans à "signaler en masse" son contenu.
Ces allégations ont été reprises par le journal Mandiner, proche du Fidesz, qui a identifié la personnalité politique de l’opposition en question comme étant la députée européenne Dóra Dávid, ancienne conseillère juridique de Meta.
En réalité, ces allégations sortent de leur contexte certaines de ses déclarations passées. Par exemple, dans cette vidéo publiée en novembre 2025, elle a nié avoir manipulé l’algorithme de Meta et a encouragé ses abonnés à signaler les publications "fausses et haineuses" du Fidesz.
S'il est interdit de manipuler l'algorithme de Meta pour cibler la campagne d'un adversaire politique, les utilisateurs peuvent signaler les contenus qui enfreignent les normes communautaires.
Ainsi, l'appel de Dóra Dávid invitant les utilisateurs à signaler les publications préjudiciables n'enfreint pas les directives. Cela s'inscrit dans le droit fil de la loi européenne sur les services numériques, qui exhorte les entreprises de réseaux sociaux à limiter la propagation de la désinformation et des contenus préjudiciables.
Dans un autre message sur X, le commentateur politique conservateur Philip Pilkington, lié à des groupes de réflexion affiliés à Orbán, a accusé Oskar Braszczyński, employé de Meta, de "censurer" les réseaux sociaux d’Orbán. Braszczyński est responsable des relations gouvernementales et du plaidoyer en Europe centrale et orientale.
Pilkington a refusé de fournir plus de détails, déclarant que son affirmation reposait sur des informations provenant d’une "source gouvernementale de haut rang à Budapest".
Nous n’avons trouvé aucune preuve que Meta cible ou censure le Fidesz ou Orbán. Bien que Meta n’ait pas répondu à nos questions concernant les allégations relatives à Braszczyński et Dávid, un porte-parole a confirmé qu’il n’y avait aucune restriction sur les comptes d’Orbán et qu’aucune publication n’avait été supprimée.