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Pourquoi l'Italie a-t-elle refusé aux bombardiers américains l'accès à une base aérienne ?

Des camionnettes de télévision sont garées devant la base aérienne de l'OTAN de Sigonella
Des camionnettes de télévision sont garées devant la base aérienne de l'OTAN de Sigonella Tous droits réservés  AP Photo/Andrew Medichini
Tous droits réservés AP Photo/Andrew Medichini
Par Noa Schumann
Publié le
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Des affirmations circulant sur Internet suggèrent que l'Italie a refusé aux avions militaires américains l'accès à la base de Sigonella, en Sicile, pour des raisons politiques liées à la guerre en Iran. Cependant, divers rapports suggèrent que la situation est plus procédurale que politique.

Entre le 27 et le 28 mars, l'Italie a refusé une demande de l'armée américaine pour que des avions atterrissent à la base aéronavale de Sigonella, sur l'île de Sicile, en Méditerranée, avant de poursuivre leur route vers le Moyen-Orient.

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Cette décision est intervenue peu avant que l'Espagne ne décide de fermer son propre espace aérien aux avions américains impliqués dans les frappes contre l'Iran, ce qui a donné lieu à des spéculations sur une position politique coordonnée de la part des deux pays européens.

Sur les réseaux sociaux, certains utilisateurs ont affirmé que ce refus reflétait une position politique de la Première ministre Giorgia Meloni, qui aurait voulu prendre ses distances avec la politique américaine.

Toutefois, les déclarations officielles ainsi que des rapports provenant de diverses sources indiquent que la situation est plus complexe qu'elle n'y paraît.

Une question de procédure

Le journal italien Corriere della Sera indique que Washington a demandé l'autorisation d'utiliser Sigonella alors que l'avion avait déjà quitté les États-Unis. Selon la réglementation italienne, l'accès des avions militaires étrangers aux bases nationales doit faire l'objet d'une autorisation préalable.

Entrée de la base aérienne de l'OTAN à Sigonella, en Sicile
Entrée de la base aérienne de l'OTAN à Sigonella, en Sicile AP Photo/Andrew Medichini

Selon le gouvernement italien, cette exigence fait partie des procédures administratives préétablies, et que les demandes sont évaluées à l'avance et au cas par cas. Dans le cas présent, la demande ayant été soumise après le décollage, elle ne remplissait pas les conditions nécessaires et a donc été rejetée.

Que disent les accords ?

La présence des forces militaires américaines en Italie est régie par une série d'accords de défense bilatéraux datant de 1954, établis dans les premières années de l'alliance de l'OTAN et régulièrement mis à jour depuis. Ces accords autorisent les États-Unis à accéder à certaines installations, dont Sigonella, mais dans des conditions clairement définies.

Dans la pratique, la plupart des activités de routine relèvent de ce que les autorités italiennes appellent les "autorisations techniques", qui couvrent la logistique, le transport et les opérations de soutien.

On parle souvent de missions "non cinétiques", ce qui signifie qu'elles n'impliquent pas d'action militaire directe ou de force physique.

La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, s'adresse au Sénat au sujet du conflit en Iran, à Rome, le 11 mars 2026
La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, s'adresse au Sénat au sujet du conflit en Iran, à Rome, le 11 mars 2026 Copyright 2026 The Associated Press. Tous droits réservés

S'adressant à la station de radio italienne RTL 102.5 au début du mois de mars, la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a réaffirmé que ces accords n'autorisaient que des activités logistiques et non combattantes, ajoutant qu'"il n'y aura pas d'utilisation de la base en dehors de cet accord".

Elle a également déclaré que toute demande impliquant des opérations militaires serait évaluée au cas par cas, en impliquant éventuellement le Parlement italien.

Plus généralement, devant le Sénat le 11 mars, Giorgia Meloni a décrit la position de l'Italie en termes prudents, déclarant : "Nous ne sommes pas en guerre et nous ne voulons pas entrer en guerre". Elle a également souligné que tout changement dans l'utilisation des bases italiennes devrait passer par les voies politiques appropriées.

Qu'a dit le gouvernement ?

Selon un communiqué officiel publié par le gouvernement italien, le refus d'autoriser les avions américains à utiliser la base doit être compris dans un cadre juridique et procédural établi et non comme un message politique.

Dans le communiqué de presse, le Palazzo Chigi, la résidence officielle de la Première ministre, déclare que l'Italie "agit en pleine conformité avec les accords internationaux existants" et en accord avec les lignes directrices politiques présentées par le gouvernement au Parlement.

Le document décrit la position du gouvernement comme étant "claire" et approuvée par le Parlement, sans changement de politique.

Il aborde également la manière dont les décisions sont prises dans la pratique, chaque demande d'utilisation des bases militaires étant "examinée avec soin, au cas par cas", selon des procédures qui ont "toujours été appliquées dans le passé".

Ces remarques interviennent dans un contexte de tensions croissantes au sein de l'OTAN, après que Donald Trump a renouvelé ses critiques à l'égard de l'alliance et des dirigeants des États membres, en évoquant la perspective d'un retrait des États-Unis et en accusant les alliés européens d'un soutien militaire insuffisant.

Les dirigeants européens, dont le président français Emmanuel Macron, ont averti qu'une telle rhétorique pourrait saper l'unité et la crédibilité stratégique, tout en appelant à la poursuite de la coopération.

À Londres, le Premier ministre Keir Starmer a réaffirmé le rôle de l'OTAN en tant que pierre angulaire de la défense collective, soulignant l'élargissement du fossé transatlantique sur les priorités en matière de sécurité.

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