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Étudiants étrangers en France : vers la fin des exonérations aux droits d’inscription ?

Université Marie-et-Louis-Pasteur - Cour intérieure de l'UFR SLHS à Besançon, site de Mégevand
Université Marie-et-Louis-Pasteur - Cour intérieure de l'UFR SLHS à Besançon, site de Mégevand Tous droits réservés  Ludovic Godard/CC Ludovic Godard - UFC
Tous droits réservés Ludovic Godard/CC Ludovic Godard - UFC
Par Christina Molle avec AFP
Publié le Mis à jour
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Les étudiants extracommunautaires devront payer des frais revalorisés dans le cadre du plan "Choose France For Higher Education", présenté par Philippe Baptiste, qui limite fortement les exonérations.

Le ministre de l’Enseignement supérieur veut faire appliquer les droits d’inscription différenciés pour les étudiants extracommunautaires dans les universités françaises, instaurés en 2019, mais jusqu’ici peu effectifs, selon un entretien au Parisien publié lundi soir.

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"Les universités ne pourront plus édicter des exonérations massives, elles seront réservées à des cas très précis. (...) Nous revenons aux principes fondamentaux et à la loi qui a été un peu contournée ces dernières années. La règle, ce sont les droits différenciés, et l'exception, c'est l'exonération", a affirmé Philippe Baptiste en dévoilant les contours d’un nouveau plan baptisé "Choose France For Higher Education", destiné à renforcer l’attractivité de l’enseignement supérieur français.

La possibilité de moduler les droits d’inscription avait été introduite par la stratégie "Bienvenue en France" en 2019, mais reste peu appliquée par les établissements. "Même si ça progresse chaque année, nous sommes à seulement 10 % d’étudiants extracommunautaires qui paient les droits différenciés", a précisé le ministre de l’Enseignement supérieur.

La majorité des étudiants extracommunautaires seront donc appelés à s’acquitter de droits d’inscription fixés à 2 895 € par an en licence, contre 178 € aujourd’hui, et 3 941 € en master, contre 254 €. "C’est seulement 30 % du coût de la formation", a insisté Philippe Baptiste, soulignant que ces frais restent très inférieurs à ceux pratiqués dans d’autres grandes destinations universitaires, comme les États-Unis ou le Royaume-Uni.

Des mécanismes de compensation resteront cependant toujours en place. Les meilleurs profils pourront bénéficier de bourses et chaque université conservera la possibilité d’exonérer jusqu’à 10 % de ses étudiants extracommunautaires, notamment dans le cadre d’accords de coopération avec des établissements étrangers qui prévoient des exonérations réciproques.

"La mesure va se mettre progressivement en place, et ne concernera pas les étudiants en cours de cycle", a assuré Philippe Baptiste. À terme, d’ici deux à trois ans, la mesure pourrait rapporter environ 250 millions d’euros par an aux universités, selon lui. Et au-delà de la question des droits d’inscription, le plan "Choose France For Higher Education" vise à mieux orienter les étudiants étrangers vers des filières jugées stratégiques, telles que l’intelligence artificielle, le numérique, le quantique ou les biotechnologies, avec 60 % des bourses destinées aux étudiants internationaux qui seront réservées à ces filières.

Le dispositif doit également permettre de mieux accueillir les étudiants internationaux, notamment en simplifiant leurs démarches administratives à l’arrivée, a ajouté le ministre.

Les étudiants non-Européens déjà pénalisés par la fin des APL

En décembre 2025, le Sénat a voté la proposition du gouvernement qui gèle l’aide personnalisée au logement (APL) et restreint l’éligibilité des étudiants étrangers au dispositif dès le 1er juillet 2026. Les étudiants non-européens devront justifier de deux ans de résidence pour percevoir ces aides au logement.

Depuis 2017, le montant des prestations versées à ce titre a diminué de presque 25 % et le prochain budget prévoit un nouveau gel des APL, pour un gain budgétaire anticipé d’environ 100 millions d’euros en 2026 et 200 millions d’euros sur les exercices 2027 et 2028.

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