Selon un nouveau rapport du Défenseur des droits publié ce jeudi 7 mai, 80 % des répondants à l'enquête déclarent que des discriminations ont lieu "parfois" ou "souvent" à l’école et à l’université.
Pas moins de 35 % des parents français déclarent que leurs enfants ont déjà été victimes de harcèlement de la part d'autres enfants dans le milieu scolaire, tandis que 1 parent sur 6 (16 %) rapporte qu'un de leurs enfants a déjà été cyberharcelé.
C'est la conclusion édifiante d'un rapport publié ce jeudi par le Défenseur des droits, qui s'appuie sur les réponses de quelque 1 700 parents pour dresser un tableau de la perception du harcèlement et des discriminations dans l'École française.
L'enquête se penche également sur "les recours engagés en cas de harcèlement, cyberharcèlement entre élèves et de traitement inégalitaire et de discriminations par l’institution scolaire".
Des parcours de vie "fragilisés"
Selon le rapport, environ 1 parent sur 3 (32 %) estime qu’"au moins l'un de ses enfants a fait l'objet de traitements inégalitaires", que ce soit en termes de "notation, orientation, sanctions" ou encore de "façon de parler des enseignants".
Des différences de traitement qui seraient dues à l’état de santé ou la situation de handicap de leur enfant (selon 32 % des parents), à son origine, sa couleur de peau ou à son apparence physique (25 %), tandis que 21 % des parents déplorent une discrimination basée sur le milieu social.
Le rapport affirme par ailleurs que ces différences de traitement "sont rarement isolées et se cumulent trop souvent". En effet, plus de 4 parents sur 5 (81 %) dont un enfant fait l'objet de cyberharcèlement déclarent également qu'il a subi du harcèlement, tandis que près de trois quarts des parents (72 %) rapportent "plusieurs formes de différences de traitement par l’École".
Le Défenseur des droits affirme que "ce cumul d'atteintes aux droits" a des conséquences multiples sur le quotidien des enfants harcelés : "estime de soi entamée, isolement, difficultés scolaires, etc.".
"Il peut aussi être synonyme de parcours de vie fragilisé car les atteintes répétées augmentent les risques de décrochage scolaire et d'exclusion et contribuent à renforcer la vulnérabilité de ces enfants", poursuit le rapport.
Faire de la protection des enfants une priorité
Parmi les 5 030 répondants à l’enquête, qu’ils soient parents ou non, 80 % affirment que des discriminations ont lieu "parfois" ou "souvent" à l’école et à l’université, un chiffre que le rapport qualifie d'"alarmant au regard de la place de l’École comme levier de réussite dans le système français".
Face à cette "perception aiguë" des atteintes aux droits à l’école et afin de ne pas "banaliser le phénomène de harcèlement", le Défenseur des droits propose les trois recommandations suivantes :
- "L’institution scolaire doit pouvoir identifier les atteintes aux droits de l’enfant, les quantifier, assurer la formation de tous les professionnels et informer sur les actions entreprises et leurs effets.
- Les parents doivent être sensibilisés et informés sur les droits de leurs enfants, encore trop méconnus, les démarches et les recours existant leur permettrait de rétablir leurs enfants dans leurs droits.
- Enfin, les enfants doivent pouvoir s’exprimer sur la situation qu’ils vivent au sein d’espaces de dialogue dédiés, adaptés à leur âge, et où leur parole est non seulement recueillie mais véritablement entendue et prise en compte". Le Défenseur des droits exhorte enfin le service public de l'Éducation à faire de la protection des enfants et de leurs droits "une priorité", appelant à "une volonté politique forte" pour "garantir des moyens de prévention et de lutte contre toute forme de violences et d’inégalités de traitement".