La cheffe de la diplomatie de l'UE estime qu'il ne serait "pas très judicieux" de nommer Gehrard Schröder comme médiateur potentiel entre l'Ukraine et la Russie, comme Vladimir Poutine l'a proposé le week-end dernier.
La cheffe de la politique étrangère de l'UE, Kaja Kallas, a rejeté lundi la possibilité de nommer l'ancien chancelier allemand Gerhard Schröder en tant que négociateur de l'Union dans le cadre d'éventuels pourparlers de paix sur l'Ukraine.
Le président russe Vladimir Poutine a proposé samedi que Gerhard Schröder agisse en tant que médiateur européen lors de futures négociations, affirmant que le conflit "pourrait toucher à sa fin". Une proposition fermement rejetée par Kaja Kallas lors d'un entretien avec des journalistes avant une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE à Bruxelles.
"Tout d'abord, accorder à la Russie le droit de désigner un négociateur en notre nom ne serait pas très judicieux. De plus, je pense que Gerhard Schröder a été un lobbyiste de haut niveau pour les entreprises publiques russes", a déclaré la cheffe de la diplomatie de l'UE.
Des liens de longue date avec Moscou
Selon Kaja Kallas, la nomination de Gerhard Schröder au poste de médiateur permettrait à Vladimir Poutine d'être "assis des deux côtés de la table" des négociations.
Gerhard Schröder a en effet maintenu des liens étroits avec le président russe depuis qu'il a quitté ses fonctions de chancelier allemand en 2005.
Il a siégé au conseil d'administration du géant pétrolier russe Rosneft jusqu'en 2022 et a également occupé des fonctions dans d'autres entreprises énergétiques publiques russes, notamment Nord Stream AG et Gazprom.
La proposition de Vladimir Poutine a également été rejetée par l'Ukraine et a reçu un accueil mitigé en Europe.
Lundi, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrïï Sybiha, a été interrogé sur le soutien de Kyiv à Schröder en tant que médiateur potentiel. "Non, nous ne le soutenons pas", a-t-il répondu.
Pendant ce temps, le porte-parole des Affaires étrangères du parti social-démocrate allemand au parlement, Adis Ahmetović, a déclaré que la proposition devrait être "soigneusement examinée" avec les partenaires européens, selon le média allemand Der Spiegel.