Le tribunal de Bruxelles a accordé à Mohamed Bakkali, "logisticien" des attentats du 13-Novembre et du Thalys, six congés pénitentiaires de 36 heures, une étape préalable à une libération conditionnelle.
Un membre clé de la cellule terroriste responsable des attentats de Paris de novembre 2015 a obtenu plusieurs permissions temporaires de sortie de prison et pourrait désormais être éligible à une libération conditionnelle.
En 2022, par la cour d'assises de Paris a condamné Mohamed Bakkali à 30 ans de prison pour son rôle dans la coordination des attentats du 13-Novembre, qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés, notamment au Bataclan et lors d'attaques-suicides dans plusieurs lieux des Xe et XIe arrondissements de Paris et à Saint-Denis.
Extradé vers la Belgique en 2018, Bakkali y a également été condamné à 25 ans de prison pour son rôle dans l'attentat manqué contre un train Thalys reliant Amsterdam à Paris en 2015.
Le parquet belge a indiqué à l'Agence France-Presse vendredi qu'un tribunal de Bruxelles avait décidé que Bakkali pourrait bénéficier de sorties temporaires du centre de détention d'Ittre, une prison de haute sécurité ouverte en 2002.
Le parquet de Bruxelles a précisé que le tribunal avait pris cette décision "malgré l’opposition du ministère public", ajoutant que "le parquet n’a pas de droit de recours et que la décision est donc définitive".
"Il appartient au directeur de la prison de la mettre en œuvre", a-t-il indiqué.
Selon Le Monde, ces permissions constituent une étape préalable à une éventuelle libération conditionnelle sous surveillance électronique.
Cette décision autorise Bakkali à quitter la prison à six reprises pour des périodes de 36 heures. Elle a suscité de vives réactions en Belgique comme en France.
"Ses sorties de prison et sa possible libération à venir au tiers de sa peine sont une gifle aux victimes, aux enquêteurs et à la justice des démocraties", a écrit sur X Thibault de Montbrial, avocat français et président du Centre de réflexion sur la sécurité intérieure (CRSI).
Matthieu Valet, député européen du Rassemblement national, a dénoncé "un gros bras d’honneur à la justice française et aux victimes du terrorisme islamiste".
"Ceux qui participent à ces réseaux doivent purger intégralement leurs peines, sans privilège ni naïveté et à vie", a insisté l'élu d'extrême droite.
En Belgique, le député du Mouvement réformateur Denis Ducarme a déclaré que la décision du juge d'application des peines "marche sur la mémoire de centaines de victimes et sur la douleur des familles".
Il a ajouté qu'il porterait deux propositions de modification de la loi de 2006 sur la libération conditionnelle.
Le député du Vlaams Belang Alexander van Hoecke a également indiqué que son parti déposerait une proposition de loi visant à empêcher les terroristes condamnés de bénéficier de permissions de sortie ou de congés pénitentiaires.
La ministre de la Justice, Annelies Verlinden, a indiqué que l'autorisation accordée à Bakkali de quitter son établissement pénitentiaire avait été délivrée à l'issue "d'un examen approfondi du dossier" et dans le cadre de "conditions très strictes".
Elle a ajouté que Bakkali avait déjà bénéficié par le passé de permissions de sortie, mais pour des durées plus courtes.