Coalition tripartite : l'accord formalisant la nouvelle alliance doit être signé le 18 juin, puis approuvé par le président lituanien`, Gitanas Nausėda.
Mindaugas Sinkevičius devrait prendre la tête du gouvernement lituanien après un remaniement provoqué par l’éviction du parti populiste Dawn of Nemunas de la coalition au pouvoir.
Le dirigeant social-démocrate est appelé à diriger le gouvernement lituanien, les sociaux-démocrates ayant décidé d’exclure de la coalition le parti populiste Dawn of Nemunas, tandis que l’Union démocratique « Pour la Lituanie » doit réintégrer l’alliance après plus de huit mois passés dans l’opposition.
« Je confirme ma volonté d’assumer la responsabilité de former le nouveau gouvernement et d’exercer la fonction de Premier ministre », a déclaré Sinkevičius dans un message publié sur Facebook ce mardi 16 juin, ajoutant qu’il agissait « en pleine conscience des attentes de la population ».
Sinkevičius, élu de longue date au niveau municipal dans la ville de Jonava, devrait devenir le troisième Premier ministre social-démocrate depuis la victoire de son parti aux élections de 2024.
Il remplacera l’actuelle Première ministre Inga Ruginienė, qui a enfreint la loi en emmenant des membres de sa famille lors de voyages officiels en Italie et au Vatican et a été critiquée pour sa gestion d’informations concernant une fuite de données du Centre des registres.
Ruginienė a pris la tête du gouvernement en août dernier, après la démission de Gintautas Paluckas, visé par des accusations de pratiques financières peu éthiques impliquant des prêts, des fonds européens et des liens d’affaires le concernant lui et ses proches.
Ce remaniement de la coalition intervient alors que les sociaux-démocrates ont exclu le parti populiste Dawn of Nemunas de l’alliance au pouvoir, les démocrates « Pour la Lituanie » ayant accepté de revenir au gouvernement.
En 2024, les sociaux-démocrates avaient formé une coalition gouvernementale avec Dawn of Nemunas et le parti démocrate « Pour la Lituanie ». Fin août dernier, ce dernier avait annoncé qu’il ne resterait pas au gouvernement aux côtés de Dawn of Nemunas, formation populiste dirigée par Remigijus Žemaitaitis, auquel il est désormais interdit d’accéder à des informations classifiées et qui a été reconnu coupable de propos antisémites.
À l’époque, les sociaux-démocrates avaient laissé tomber les démocrates et les avaient remplacés par l’Union paysanne et verte, en s’alliant aussi avec leurs partenaires encombrants de l’Action électorale des Polonais en Lituanie–Alliance des familles chrétiennes, dirigée par Waldemar Tomaszewski.
Les sociaux-démocrates changent de cap
« Nous voyons bien que le pays ne se rapproche pas de la stabilité et que le chef de ce parti [Žemaitaitis] devient peut‑être même plus radical », a expliqué Sinkevičius pour justifier cette décision.
« Nous pensons que la société a aujourd’hui besoin de stabilité, d’une direction claire, de décisions, et non de vacarme politique. »
Remigijus Žemaitaitis a de son côté affirmé qu’on ne lui avait pas donné de raisons claires pour l’exclusion de son parti de la coalition.
Les sociaux-démocrates, première force au Seimas, le parlement lituanien, conserveront neuf ministères : environnement, finances, défense, culture, protection sociale, transports, éducation et sport, affaires étrangères et intérieur. Les démocrates « Pour la Lituanie » dirigeront trois portefeuilles : santé, agriculture et énergie. L’Union paysanne et verte et ses alliés garderont les ministères de l’Économie et de la Justice.
Sinkevičius a indiqué que des changements au sein du cabinet étaient attendus, sans donner davantage de détails, en précisant qu’ils ne seraient pas « majeurs ».
Un nouvel accord de coalition doit être signé le 18 juin. Selon Sinkevičius, c’est également à cette date que l’actuelle Première ministre, Inga Ruginienė, devrait présenter sa démission.
On ne sait pas encore quel rôle Ruginienė occupera dans le nouveau paysage politique. Sinkevičius a assuré qu’elle resterait « un membre important de l’équipe ».
Le social-démocrate Juozas Olekas devrait rester président du Seimas.