Au début du mois, le parquet s'était déjà saisi des soupçons d'ingérence russe qui visaient un autre candidat potentiel à la présidentielle : Raphaël Glucksmann.
Le parquet de Paris a annoncé, ce mardi 18 août, se saisir, via sa section "protection des libertés fondamentales", des soupçons d'ingérence russe ayant visé les prétendants à la prochaine élection présidentielle, Édouard Philippe (Horizons) et Gabriel Attal (Renaissance).
Concernant ce dernier, des vidéos truquées reprenant les logos et l'identité visuelle de plusieurs médias français connus comme Le Figaro ou Libération ont circulé en ligne, jetant le doute sur son état de santé. Selon certaines de ces informations, il aurait été hospitalisé, d'autres affirmaient qu'il souffre de la maladie de Parkinson. Il a porté plainte le 7 août dernier pour "ingérence étrangère" en "provenance de réseaux russes".
Sur RTL, l'ancien Premier ministre avait prévenu que si aucune mesure n'était prise, "l'élection pourrait être faussée". Il avait également accusé "la Russie de vouloir voler" la prochaine présidentielle.
Édouard Philippe avait, lui aussi, été la cible de fake news sur son état de santé. Plusieurs faux sites et comptes sur les réseaux sociaux ont alors affirmé, à tort, que l'ancien locataire de Matignon souffrait d'une forme de "démence" qui l'empêcherait de briguer l'Élysée. Une rumeur rapidement démentie par son entourage.
Des chercheurs du réseau de suivi de bots AntiBot4Navalny ont détecté une campagne liée à Matriochka, une opération secrète d'influence et de désinformation alignée sur la Russie.
Selon une source sécuritaire, ces opérations sont restées peu visibles. Mais il s'agit des premières visant directement, depuis le début de la campagne, des prétendants à l'Elysée.
Raphaël Glucksmann, déjà visé
Le parquet de Paris s'était déjà saisie, au début du mois, des mêmes faits ayant visés un autre candidat possible, Raphaël Glucksmann (Place publique). Les fausses informations visaient alors sa compagne, Léa Salamé, qui "aurait tenté de soudoyer des médias en échange de la publication d'articles visant à donner une image positive de son mari et à promouvoir son programme électoral".
L'eurodéputé avait indiqué avoir été informé par le Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité Nationale (SGDSN) d'une attaque attribuée au groupe de propagande Storm-1516, qui serait lié au renseignement militaire russe (GRU).
Lui aussi avait porté cette affaire devant la justice, le 12 août. "Il est fondamental de dire cette chose simple : nous ne pouvons pas laisser la Russie de Vladimir Poutine manipuler l'élection", avait-il alors déclaré. "Le but est de rendre viral un mensonge total pour salir des personnalités considérées comme hostiles par le régime russe."
Les soupçons d'ingérence russe dans des processus électoraux ne sont pas nouveaux. En France, Moscou a déjà été accusée de tentatives d'influence, notamment lors des élections législatives anticipées de 2024 et des élections municipales de 2026.
Lors de ce dernier scrutin, des candidats de La France insoumise à Marseille, Toulouse et Roubaix avaient également été ciblés par des deepfakes. Les soupçons s'étaient alors tournés vers une entreprise israélienne. L'enquête est toujours en cours, a indiqué le parquet de Paris.