Le président américain se rend à Versailles pour fêter les 250 ans de l'indépendance de son pays, là où le traité a été signé. Au programme : un repas en grande pompe, qui fait froncer des sourcils en France.
Ils ne se quittent plus. Alors que le G7 vient de se clôturer, le président Français Emmanuel Macron s'apprête à recevoir Donald Trump à dîner dans le château de Versailles.
Au programme : une célébration des États-Unis et de son amitié avec la France, alors que le pays fête les 250 ans de son indépendance. Le menu du dîner n'est pas connu, mais il sera précédé d'une visite de l'exposition "Versailles et l’indépendance américaine". C'est en effet dans le château que le traité d'indépendance vis-à-vis du Royaume-Uni a été signé.
Pour l'occasion, la demeure du roi soleil se prépare sous son meilleur jour. Un spectacle des Grandes Eaux nocturnes et un feu d’artifice sont prévus. Autant d'or et de faste qui met des étoiles dans les yeux du président américain, connu pour aimer les dorures. "Versailles, c'est pas du plaqué or, c'est du lourd," se réjouit-il à Évian-les-Bains en marge du G7.
Le pari est donc presque déjà gagné pour Emmanuel Macron. Car si celui-ci n'a pas invité le président américain à l'Élysée, mais au château de Versailles, c'est aussi pour être sûr qu'autour d'une table en or, la conversation puisse continuer.
Versailles comme appât
Autant que réchauffer une relation franco-étasunienne qui s'était tendue ces derniers mois, l'objectif d'Emmanuel Macron était de faire rester Donald Trump en France jusqu’à la fin du G7.
Le souvenir de la réunion de 2025 au Canada est toujours cuisant. Le président américain avait quitté le rendez-vous en plein milieu. Quand le président français avait essayé d'arrondir les angles, en excusant son départ par une réunion de travail sur un cessez-le-feu entre Israël et l'Iran, Donald Trump avait fustigé le président français. "Que ce soit intentionnel ou non, Emmanuel se trompe toujours," avait-il déclaré sur les réseaux sociaux.
Versailles est donc devenu un appât pour que Donald Trump reste en France. Sur le plateau de TF1, Emmanuel Macron a tout de même bien précisé que celui-ci n'était pas un dîner de gala, mais un moment de convivialité. "C’est un dîner pour célébrer les 250 ans de l’indépendance américaine, parce que la France y a joué un rôle", a-t-il insisté. "Ce sera notre moment de célébration de cette amitié".
Célébrer oui, mais l'Élysée décrit également ce repas avec le président américain comme un dîner de travail. Emmanuel Macron devrait profiter de ce moment pour échanger avec Donald Trump sur l'Ukraine et des droits de douane entre la France et les États-Unis.
Lundi, le président américain annonçait se préparer à "imposer une taxe de 100 % sur tous les champagnes et tous les vins en provenance de France" si Paris décidait de renforcer la taxation des entreprises étasuniennes.
Une approche de la "carotte" soutenue par plusieurs députés. La macroniste Prisca Thevenot à rappelé sur RFI que "défendre nos intérêts se fait pas simplement par coup de téléphone et petites réunions dans les couloirs, ça se fait aussi dans ce genre d'évènement et je pense que c’est ça qu’il faut retenir."
Idem pour Philippe Ballard, député Rassemblement national. "Qu’il soit à Versailles pour lui montrer ce que la grandeur française a fait au cours des siècles passés, je ne vois pas vraiment où est le problème."
La fermeté plutôt que les dîners ?
Car pour d'autres, problème il y a. Particulièrement chez les Insoumis. Mathilde Panot, présidente du groupe à l’Assemblée nationale critique vertement l'approche du président. "Macron aurait pu trouver mieux pour finir son mandat qu’inviter en grande pompe un président suprémaciste."
Le patron du PCF Fabien Roussel considère, lui aussi, qu’Emmanuel Macron est « très naïf », et même « obséquieux dans cette affaire ». « Il lui déroule le tapis rouge alors qu’on se fait plumer », a-t-il déclaré au micro de Sud Radio ce mardi.
Ce n'est pas la première fois que des politiques critiquent cette politique de "la carotte" envers Donald Trump.
En janvier, l'eurodéputée macroniste Nathalie Loiseau, se déclarait de cet avis sur France Inter. "Les Européens, pendant un an, ont tenté ce qu’on appellerait, sur un enfant, l’éducation positive. C’est un échec," avait-elledéclaré au moment du bras de fer sur le Groenland. "Aujourd’hui, c’est le moment de la fermeté. Il faut arrêter de courber l’échine et redresser la tête. Soit on se fait respecter ; soit on sort de l’histoire."