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Von der Leyen juge qu’il est temps d’envisager un mandat de négociation avec la Russie

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Par Maria Tadeo & Luca Bertuzzi & Jorge Liboreiro
Publié le
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La présidente de la Commission appelle les dirigeants de l’UE à un mandat de négociation avec la Russie sur l’Ukraine. L'initiative de Costa, qui a ouvert un canal diplomatique avec le Kremlin est critiquée.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a estimé qu’il fallait désormais se préparer et envisager un mandat de négociation avec la Russie, lors d’une réunion à huis clos avec les dirigeants de l’UE jeudi.

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La cheffe de l’exécutif européen a déclaré que l’UE devait commencer à réfléchir à un mandat de négociation pour des pourparlers de paix sur l’Ukraine. Elle a souligné que Kyiv devait rester aux commandes du processus diplomatique, a pu confirmer Euronews.

Ursula von der Leyen a également assuré aux dirigeants que les sanctions produisent leurs effets, en s’appuyant sur une série d’indicateurs économiques montrant que l’économie russe s’essouffle tandis que l’inflation repart à la hausse.

La présidente de la Commission européenne estime que le cours de la guerre tourne en faveur de l’Ukraine, et a ajouté que le changement de dynamique sur le champ de bataille était remarquable.

António Costa demande l'ouverture un canal diplomatique

Ses propos ont été tenus lors d’une réunion privée des dirigeants de l’UE aux côtés du président du Conseil européen, António Costa, qui coordonne les 27 États membres.

Au début de la semaine, on a appris que le président du Conseil avait chargé son chef de cabinet d’ouvrir un canal diplomatique avec le Kremlin, en prenant contact avec un proche conseiller du président russe Vladimir Poutine, présenté comme Iouri Ouchakov.

La présidente de la Commission avait été avertie par Costa avant que l’appel n’ait lieu. Mais seul un petit groupe de dirigeants a été consulté, laissant de nombreux autres dans l’ignorance : beaucoup ne l’ont appris que par la presse mercredi.

Ce geste a suscité la controverse alors que les Vingt-Sept se retrouvaient à Bruxelles, plusieurs États membres, notamment sur le flanc oriental, insistant sur le fait que, loin d’être le bon moment pour envisager un quelconque engagement avec Moscou, l’UE devait au contraire renforcer encore les sanctions pour contraindre Vladimir Poutine à de véritables concessions.

Répondant à une question d’Euronews lors d’une conférence de presse vendredi, von der Leyen a déclaré : « Notre continent est en danger et c’est pourquoi l’Europe doit être l’un des architectes d’une paix juste et durable. »

« Tôt ou tard, la Russie devra venir à la table des négociations, notamment sous la pression de nos sanctions », a-t-elle ajouté. « Et lorsque ce moment viendra, nous aurons besoin d’un message européen uni à l’adresse du président Poutine. »

Lors de cette réunion de haut niveau des dirigeants de l’UE, António Costa a souligné qu’il n’avait pas lancé de négociations formelles,mais simplement ouvert une ligne diplomatique, conformément au cadre institutionnel de l’UE.

Négociations à 27 ou de volontaires ?

Selon les informations d’Euronews, plusieurs dirigeants ont indiqué que Costa dispose bien d’un mandat sur les questions liées aux sanctions, à l’élargissement et aux avoirs gelés, mais que tout ce qui touche aux garanties de sécurité relève des États membres individuellement. La « Coalition des volontaires », menée par la France et le Royaume-Uni, devrait donc prendre la tête de ces discussions.

Pourtant, la présidente von der Leyen a défendu vendredi le mandat d'António Costa, affirmant qu’il « représente les 27 États membres ».

Le président du Conseil a également indiqué aux dirigeants qu’aucun représentant unique de l’UE ne pouvait négocier des questions territoriales au nom de l’Ukraine. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a assuré que Kyiv ne renoncerait pas aux territoires que le pays contrôle. Il a toutefois appelé les dirigeants à se préparer à d’éventuelles discussions avec Vladimir Poutine, en demandant que l’UE soit présente à la table aux côtés de l’Ukraine.

Lors des discussions de jeudi, le président Ukrainien a toutefois réaffirmé que la seule façon de mettre fin à la guerre était d’affaiblir la Russie, en ajoutant qu’un cessez-le-feu sans garanties de sécurité ne serait pas suffisant pour l’Ukraine.

Il a ajouté que l’idée d’un négociateur de l’UE restait purement hypothétique tant que la Russie ne montrerait pas sa volonté de s’asseoir à la table, ce à quoi, a insisté Volodymyr Zelensky, Vladimir Poutine n’est pas prêt.

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