Le président américain promet un plan de paix en 20 points déployé en phases soigneusement structurées, sans calendrier précis pour son achèvement.
Le président américain Donald Trump a annoncé jeudi que son Conseil de la paix était parvenu à ce qu'il a salué comme un "accord historique" prévoyant le désarmement du Hamas et de tous les autres groupes armés, ainsi que le retrait des forces israéliennes de Gaza. Mais des questions subsistent sur ses conditions et son calendrier.
Cet accord, que Donald Trump a qualifié d'"étape monumentale" dans un message publié sur Truth Social, intervient neuf mois après la signature, à Charm el-Cheikh, en Égypte, d'un cessez-le-feu négocié par les États-Unis pour mettre fin à l'offensive israélienne de deux ans sur l'enclave.
"Cet accord est une étape cruciale vers une Gaza enfin administrée par un nouveau gouvernement palestinien qui travaillera en étroite collaboration avec le Conseil de la paix pour aider le peuple palestinien", a écrit Donald Trump.
"Dans le même temps, Israël disposera de la sécurité qu'il mérite, Gaza n'étant plus utilisée comme base pour des attaques terroristes."
Des hauts responsables du mouvement islamiste palestinien ont confirmé qu'un accord avait été trouvé "concernant la question des armes" et "un retrait progressif" des forces israéliennes de Gaza. L'un d'eux a déclaré à l'AFP que le comité technique palestinien créé par le Conseil de la paix pour administrer Gaza supervisera le stockage des armes du mouvement islamiste, conformément à un accord avec Israël.
Les négociations entre Israël et le Hamas étaient largement paralysées sur la mise en œuvre de la deuxième phase, qui comprend le désarmement du Hamas et la reconstruction de Gaza.
Le président américain affirme que l'accord permettra de mettre en œuvre son plan de paix en 20 points par "phases soigneusement structurées".
Le plan de cessez-le-feu en 20 points de Donald Trump demande au mouvement basé à Gaza de rendre ses armes et de détruire son vaste réseau de tunnels. Il prévoit également la mise en place d'un nouveau gouvernement palestinien technocratique, dirigé par l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair, qui prendra la tête des efforts de reconstruction de Gaza.
Une fois le désarmement achevé, Israël retirera alors ses forces du territoire et transférera les missions de sécurité à une nouvelle "Force internationale de stabilisation", qui travaillera aux côtés de la police palestinienne pour sécuriser Gaza.
Calendrier évoqué
Des responsables américains et du Conseil de la paix, qui ont décrit l'accord à des journalistes sous couvert d'anonymat conformément aux directives de la Maison Blanche, en ont donné une appréciation extrêmement optimiste.
Ces responsables n'ont pas été en mesure de fournir un calendrier précis pour le désarmement du Hamas ou d'autres groupes opérant à Gaza, comme le Djihad islamique palestinien, mais ont indiqué que la police de Gaza remettrait ses armes à l'administration technocratique de Gaza soutenue par le Conseil de la paix dans les deux prochaines semaines.
La police de Gaza ne regroupe toutefois pas la grande majorité des combattants du Hamas et l'armement lourd ne fait pas partie de cette portion de l'accord, selon ces responsables.
La reddition des armes lourdes et la neutralisation des tunnels du Hamas et des autres infrastructures doivent intervenir ultérieurement, dans le cadre d'un processus qui pourrait durer entre 200 et 350 jours, a précisé un responsable du Conseil de la paix.
Israël reste sceptique
Un responsable américain a assuré qu'Israël, profondément sceptique quant à la volonté du Hamas de renoncer à ses armes ou d'abandonner, au moins en coulisses, le contrôle de Gaza, avait été consulté à chaque étape des négociations.
Toutefois, ce responsable a ajouté qu'il n'était pas demandé à Israël de faire davantage que ce à quoi il s'était initialement engagé en acceptant le plan en 20 points de Trump, qui consiste essentiellement à retirer ses forces de Gaza et à s'engager à mettre fin aux frappes aériennes sur le territoire.
Le responsable a ajouté que Donald Trump serait "très, très déçu" si Israël ne respectait pas l'accord.
Le président américain a réaffirmé dans son message sur les réseaux sociaux que le fait d'empêcher le Hamas de retrouver la puissance qu'il avait autrefois et de représenter une menace pour Israël reste un élément central de l'accord, ajoutant que le nouveau gouvernement s'attachera à représenter et servir sa population.
La guerre menée par Israël contre Gaza, déclenchée en réaction à l'incursion du Hamas dans le sud d'Israël le 7 octobre 2023, a fait au moins 73 000 morts palestiniens, selon des sources médicales dans le territoire, un chiffre qui inclut les personnes tuées depuis le cessez-le-feu, a indiqué le ministère de la Santé de Gaza.
Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu se sont rencontrés mardi à la Maison Blanche, mais aucun des deux n'a beaucoup commenté le contenu de leur premier tête-à-tête depuis le lancement conjoint de la guerre contre l'Iran.
Le Hamas a annoncé plus tôt ce mois-ci qu'il avait dissous son gouvernement dans l'enclave et se préparait à transférer le pouvoir à un comité technique soutenu par les Nations unies, dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu.
Les forces de défense israéliennes contrôlent actuellement plus de la moitié de Gaza, laissant les Palestiniens cantonnés dans des camps de tentes insalubres et des quartiers urbains lourdement endommagés. L'ONU alerte à plusieurs reprises sur les conditions de vie dramatiques dans l'ensemble de Gaza depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu.