Le Premier ministre français s'est exprimé ce lundi, après avoir reçu les premières conclusions du rapport de "la mission d'inspection sur l'affaire Lyhanna". Sur le réseau social X, il évoque "une vérité d'une extrême gravité" et admet que "la chaîne de protection a failli".
Un rapport pour mieux comprendre la succession d'événements qui a conduit à la disparition et à la mort de Lyhanna, 11 ans.
Au lendemain de la découverte du corps de la fillette, début juin, les ministres de l’Intérieur, de la Justice et de l’Éducation nationale ont saisi l’Inspection générale de la justice (IGJ), l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) et l’Inspection générale de l’éducation (IGESR) d’une mission conjointe : comprendre comment les différents signalements et plaintes contre Jérôme Barella (l'assassin présumé de Lyhanna) ont pu rester sans suite et comment cela a conduit au drame qui a eu lieu dans le Gers.
Rédigé par les services de l’inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) et celle de la justice (IGJ), le rapport a été remis lundi à Matignon.
"Le rapport ne décrit ni un simple dysfonctionnement administratif ni un manque de moyens. Il souligne d'abord que les premiers actes d'enquête réalisés par la première juridiction et les enquêteurs ont été conduits de manière efficace. Mais la suite de la procédure a été marquée par une succession d’erreurs, de négligences, d’inactions et de mauvaises décisions, à plusieurs niveaux de la chaîne judiciaire et de l'enquête", estime le chef du gouvernement.
"Ces manquements ont eu des conséquences dramatiques", a-t-il reconnu.
Sébastien Lecornu affirme sa volonté de prendre plusieurs mesures, notamment en renforçant le projet de loi relatif à la protection de l’enfance "lors d’un tout prochain conseil des ministres". Il s'agit de "rendre obligatoires, dans les trois premiers mois suivant une plainte pour viol sur mineur, les actes d’enquête indispensables" et de pouvoir condamner à la réclusion criminelle à perpétuité "les violeurs en série de mineurs".
Émotion et colère
Le Premier ministre ajoute que : "la puissance publique ne se défaussera pas. Elle doit reconnaître cette défaillance, établir précisément les responsabilités et en tirer toutes les conséquences, y compris individuelles. Cette exigence de vérité ne doit cependant pas conduire à jeter l’opprobre ni sur la gendarmerie nationale ni sur l'autorité judiciaire dans leur ensemble".
"Nous garantirons également aux parents une information claire sur l’identité des adultes auxquels leurs enfants sont confiés dans le cadre des activités périscolaires", a-t-il aussi rappelé.
Sébastien Lecornu dit vouloir saisir "plusieurs experts scientifiques et associatifs" en vue de recommandations qui nourriront "les évolutions nécessaires de la loi, des règlements et des pratiques professionnelles".
Le 29 mai 2026, Lyhanna, âgée de 11 ans, disparaissait à la sortie de son collège à Fleurance, dans le département du Gers (32). Son corps sans vie a été retrouvé le 4 juin 2026. Les résultats des expertises médico-légales ont indiqué que la fillette a subi un viol avant sa mort.
Cette disparition a suscité un émoi national d'autant que le principal suspect, Jérôme Barella, était déjà visé par la plainte déposée en août 2025 par la mère de Rosa, une autre enfant de dix ans qui l'accuse de l'avoir violée à plusieurs reprises. Or, il n'avait jamais été entendu par les enquêteurs.