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L’UE « reviendra à la raison » sur Israël, affirme un ex-conseiller de Netanyahu

Jacob Nagel, ancien conseiller à la sécurité nationale de Benyamin Netanyahou, lors d’un entretien avec Euronews le 29 juin 2026.
L’ex-conseiller à la sécurité nationale de Benjamin Netanyahu, Jacob Nagel, lors d’un entretien avec Euronews le 29 juin 2026. Tous droits réservés  Euronews
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Par Lauren Walker & Sophie Claudet
Publié le Mis à jour
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Ancien conseiller israélien à la sécurité nationale à Euronews: l’UE, qu’il juge « irrélevante », réalisera qui sont les bons et les mauvais

Les dirigeants de l’Union européenne doivent reconnaître que le défi le plus urgent auquel ils sont confrontés est interne, et non d’éventuels désaccords avec Israël, a déclaré à Euronews Jacob Nagel, ancien conseiller à la sécurité nationale du Premier ministre Benyamin Netanyahou.

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Ces déclarations interviennent alors que les relations entre l’UE et Israël se tendent. Plus tôt ce mois-ci, le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa'ar, a rompu tout contact avec la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, en raison de supposées comparaisons entre Israël et l’Afrique du Sud de l’apartheid.

Parallèlement, la Commission européenne subit la pression de certains de ses États membres pour qu’elle propose toute une série d’options visant à restreindre le commerce de l’UE avec les colonies israéliennes illégales situées dans les territoires palestiniens occupés.

« Au final, je pense que les pays de l’UE retrouveront eux aussi leurs esprits et comprendront qui sont les bons et qui sont les méchants », a déclaré Nagel, qui a travaillé pendant plus de quarante ans au ministère israélien de la Défense et au cabinet du Premier ministre et qui est aujourd’hui Senior Fellow au sein de la Foundation for Defense of Democracies (FDD), dansl’émission d’interviews d’Euronews 12 Minutes With.

Il a soutenu que l’UE « n’est pas pertinente », alors même que le bloc reste le premier partenaire commercial d’Israël, reprenant ainsi une déclaration faite à Euronews par Netanyahou l’an dernier.

Nagel a ensuite estimé que l’UE et ses dirigeants devraient se concentrer sur d’autres questions, plus urgentes.

« Regardez certains pays en Europe, et je ne veux pas citer de noms : quand vous allez dans les rues, il y a de la terreur », a-t-il affirmé.

« Certains pays européens l’ont compris et ont pris leur destin en main, mais d’autres ont déjà perdu la guerre contre les immigrés. Je pense que l’Europe est confrontée à un gros problème qu’elle doit résoudre, et ce problème, ce n’est pas Israël. »

Les États-Unis restent notre meilleur allié

Interrogé pour savoir si les relations entre les États-Unis et Israël s’étaient récemment tendues en raison de l’opération militaire menée par ce dernier au Liban, Nagel a reconnu qu’il avait pu y avoir des tensions, tout en affirmant qu’« Israël et les États-Unis sont les meilleurs alliés. Ils sont nos meilleurs amis ».

Du côté israélien, si Netanyahou s’est gardé de toute critique publique directe, certaines figures du gouvernement et de l’opposition ont dénoncé la mise à l’écart apparente d’Israël dans le mémorandum d’accord (MoU) américain sur le cessez-le-feu avec l’Iran, signé le 17 juin, ainsi que le fait que Washington ait contraint l’État hébreu à sortir du conflit avant d’avoir atteint ses objectifs.

Du côté américain, Trump aurait vertement réprimandé Netanyahou début juin au sujet des menaces israéliennes de reprendre les frappes aériennes sur Beyrouth et sa banlieue sud, mettant en péril les pourparlers avec l’Iran alors en cours.

Par la suite, le vice-président J.D. Vance a affirmé à Israël qu’il était isolé sur la scène internationale, en déclarant que Trump était le seul allié qui lui restait dans le monde.

En soulignant qu’il comprenait les raisons de Trump de s’engager avec l’Iran, Nagel a toutefois estimé que le président américain « commettait une erreur » en donnant la priorité aux intérêts intérieurs, en particulier à l’économie, principale préoccupation des électeurs américains, plutôt qu’à la conclusion d’un accord plus favorable pour mettre fin au conflit avec l’Iran et empêcher la République islamique d’acquérir à terme la bombe nucléaire.

« L’Iran obtient aujourd’hui exactement ce qu’il veut et ce dont il a besoin », a-t-il déclaré, en citant la réouverture du détroit d’Ormuz et les dérogations temporaires accordées aux exportations de pétrole iraniennes, ce qui signifie que l’Iran recevra, au moins pendant la période de négociations de 60 jours prévue par le MoU, des paiements directs en devises fortes.

Les experts estiment que la vente légale de pétrole pourrait générer environ 8 milliards de dollars (près de 7 milliards d’euros) sur ce seul premier créneau de 60 jours.

« Trump écoute désormais ses proches alliés, comme le vice-président J.D. Vance, [Steve] Witkoff et [Jared] Kushner, et n’écoute pas [le secrétaire à la Défense Pete] Hegseth, [le secrétaire d’État Marco] Rubio et d’autres ; il a décidé de donner la priorité aux intérêts américains : il veut faire baisser le prix du pétrole. »

Hegseth comme Rubio défendent une ligne plus dure vis-à-vis de l’Iran afin de limiter sa puissance et de garantir la sécurité des États-Unis et de leurs alliés, dont Israël.

Nagel reconnaît toutefois que la priorité donnée par Trump à l’« America first » et à la baisse du prix du pétrole est « légitime » à l’approche des élections de mi-mandat de novembre et face aux craintes croissantes, chez les républicains, d’une prise de contrôle du Congrès par les démocrates.

« Les gens aux États-Unis ne savent pas où se trouve l’Iran, où se trouve Israël, ni ce qu’est l’uranium enrichi. Ils savent seulement combien ils paient le gallon d’essence quand ils vont à la station-service », a-t-il déclaré.

« Nous aimerions beaucoup que les États-Unis soient à nos côtés, mais ils ont parfois leurs propres intérêts », a ajouté Nagel, en précisant qu’il ne s’agit que d’un changement d’attitude temporaire.

« Les États-Unis retrouveront très vite leurs esprits. Nous travaillons avec eux. Au final, ils comprendront qui sont les Iraniens et ils reviendront s’assurer que le travail est achevé. »

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