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« Discutons-en » : la présidente de la BCE favorable à débattre du plan de dette espagnol

Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, lors d’un entretien avec Euronews le 9 juillet 2026.
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, lors d’un entretien avec Euronews le 9 juillet 2026. Tous droits réservés  Euronews
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Par Maria Tadeo
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La présidente de la BCE à Euronews : nous avons besoin d’un actif européen sûr et liquide capable de rivaliser avec les États-Unis

Christine Lagarde a salué la proposition du gouvernement espagnol en faveur d’un emprunt commun, expliquant à Euronews qu’elle marque le début d’un débat fondé sur le mérite plutôt que sur des positions de type « over my dead body », alors que s’ouvrent des négociations ardues sur le prochain budget européen.

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« C’est très bien qu’un pays comme l’Espagne, par exemple, fasse une proposition et la mette sur la table du débat. À présent, c’est aux autres de dire : “cette partie nous convient, cette partie ne nous convient pas” et de voir comment y répondre. Je pense que c’est une bonne façon d’avancer », a-t-elle déclaré à Euronews.

Jeudi, le ministre espagnol de l’Économie, Carlos Cuerpo, a présenté à ses homologues une proposition d’emprunt commun portant sur 850 milliards d’euros par an.

Dans des déclarations distinctes à Euronews, Cuerpo a indiqué que ce plan pourrait permettre d’économiser des milliards en coûts de financement et de réduire la fragmentation. Il a dit espérer que la proposition lancerait un débat technique.

Depuis des décennies, les responsables politiques européens envisagent la création d’un instrument permanent qui permettrait à l’UE d’émettre une dette supranationale, garantie par l’ensemble des États membres, afin de financer des priorités communes.

Dans un contexte géopolitique tendu et face à la nécessité urgente de réarmer l’Europe à un rythme inédit depuis la fin de la guerre froide, le débat s’est ravivé.

« Il est assez évident que nous avons aussi besoin d’un actif européen qui puisse se comparer, par exemple, aux bons du Trésor américains. La manière dont nous y parvenons, dont l’aléa moral est traité et dont les résultats sont répartis reste à décider », a-t-elle ajouté.

Ses propos font écho à ceux de l’ancien président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, auteur d’un rapport de référence appelant l’Europe à mobiliser 800 milliards d’euros de financements supplémentaires pour transformer en profondeur l’économie européenne, faute de quoi elle connaîtrait « une lente agonie ». Dans ce rapport, Draghi estime que ces financements doivent combiner investissements publics et privés.

Interrogée sur les sommes colossales en jeu, Lagarde a indiqué qu’elle ne citerait pas de chiffre précis, mais a fait remarquer que l’UE avait déjà sollicité les marchés dans des proportions similaires avec son plan de relance post-pandémie, qui prévoyait l’émission historique de 750 milliards d’euros de dette commune pour relancer l’économie européenne après le COVID-19.

« C’était à peu près ce montant », a-t-elle indiqué. « Et la Commission est allée sur les marchés, nous avons participé au processus parce que nous agissons comme agent, et l’émission a été sursouscrite. »

Sur le plan financier, une émission obligataire sursouscrite signifie que la demande des investisseurs dépasse le montant proposé, signe d’une forte confiance du marché et de l’appétit pour cet actif.

Lagarde a également estimé qu’un marché européen des capitaux solide, capable de maintenir l’argent européen investi en Europe plutôt qu’aux États-Unis, nécessiterait une liquidité profonde.

« Ce que je dis, c’est que pour qu’un marché des capitaux fonctionne, il faut de la profondeur, de la liquidité, et il faut attirer l’épargne vers ce marché. Mais nous avons aussi besoin d’un instrument, et celui-ci pourrait en être un, ou une déclinaison, ou une version dérivée de celui-ci. »

Un groupe de pays dits frugaux, emmenés par Berlin et La Haye, a indiqué qu’il n’accepterait pas de nouveaux emprunts communs, arguant que le fonds de relance post-COVID constituait une exception plutôt que la règle.

L’UE émet toutefois déjà de la dette commune via son programme SAFE, dans le cadre duquel la Commission européenne lève des fonds au nom des États membres pour réarmer l’Europe à des conditions financières plus favorables.

Lagarde a souligné que tout débat en Europe devait se tenir dans un esprit de recherche d’accord entre les 27 États membres, et non à partir de ce qu’elle a décrit comme des positions ex ante ou de type « over my dead body », estimant que les défis auxquels l’Europe est confrontée ont modifié les paramètres de la discussion.

« Les circonstances ont changé et cela devrait conduire les dirigeants des différents États membres à examiner et à traiter leurs préoccupations. “Over my dead body” n’est pas la meilleure façon de s’y prendre. La meilleure manière de procéder est d’essayer d’analyser ce qui représente un risque excessif et comment ce risque peut être pris en compte. »

Alors que le chancelier allemand Friedrich Merz a déjà affirmé que de nouveaux emprunts communs étaient exclus d’emblée, le président français Emmanuel Macron répète qu’il ne doit y avoir aucun tabou.

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