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Infox : non, le programme américain HAARP ne contrôle pas la météo ni les vagues de chaleur

Le site du programme de recherche aurorale active à haute fréquence (HAARP) de Gakona, en Alaska, avec le mont Wrangell en arrière-plan. Photo US Air Force.
Le site du programme HAARP (High Frequency Active Auroral Research Program) à Gakona, en Alaska, avec le mont Wrangell en arrière-plan. Photographie de l'US Air Force Tous droits réservés  Kirtland Airforce base
Tous droits réservés Kirtland Airforce base
Par Tamsin Paternoster & Noa Schumann
Publié le
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Alors que l’Europe connaît un nouvel épisode de chaleur extrême, des internautes affirment à nouveau qu’un programme militaire américain manipule la météo et provoque les fortes températures sur le continent. Les éléments disponibles ne confirment pas cette affirmation.

Des publications sur les réseaux sociaux qui circulent ces dernières semaines affirment qu’un programme militaire américain est utilisé pour manipuler la météo, en laissant entendre qu’il est responsable des vagues de chaleur qui touchent l’Europe.

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Pour étayer cette affirmation, plusieurs comptes ont partagé des extraits de journalistes, de scientifiques et de personnalités publiques parlant de géo‑ingénierie (des interventions délibérées et à grande échelle sur le système climatique de la Terre), présentés comme des preuves que les phénomènes météorologiques sont volontairement manipulés.

L’une des vidéos partagées montre l’animatrice de télévision française Anne-Claire Coudray évoquant la géo‑ingénierie.

« Face au changement climatique, de plus en plus de pays s’intéressent à ce qu’on appelle la géo‑ingénierie », explique-t-elle dans cet extrait. « L’idée, c’est d’intervenir directement sur le système climatique pour refroidir artificiellement la planète. »

Le thermomètre d’une pharmacie affiche une température de 38 degrés Celsius alors que les températures atteignent des niveaux record, à Rome, mercredi 24 juin 2026. (AP Photo/Andrew Medichini)
Le thermomètre d’une pharmacie affiche une température de 38 degrés Celsius alors que les températures atteignent des niveaux record, à Rome, mercredi 24 juin 2026. (AP Photo/Andrew Medichini) AP Photo

La séquence est présentée en ligne comme la preuve que les gouvernements manipulent activement le climat, mais son contexte d’origine ne va pas dans ce sens.

Diffusées fin août 2025, les images de Coudray sont issues d’un reportage expliquant les recherches scientifiques sur la géo‑ingénierie (source en anglais), un domaine qui explore des méthodes théoriques pour réduire les effets du changement climatique.

Le reportage ne suggère pas que ces technologies sont actuellement utilisées pour créer ou intensifier des vagues de chaleur.

Nombre de ces publications évoquent également le HAARP, pour High-frequency Active Auroral Research Program, une installation de recherche américaine qui a souvent alimenté des théories du complot.

Qu’est-ce que le HAARP ?

Lancé dans les années 1990, le HAARP a été construit pour étudier l’ionosphère, une couche de la haute atmosphère terrestre. Les scientifiques y parviennent en émettant des ondes radio à haute fréquence et en mesurant la réaction des particules électriquement chargées.

Ce site non classifié est entouré de forêts sur 5 000 acres, situé à 200 miles à l’ouest d’Anchorage et à huit miles de la ville de Gakona, en Alaska.
Ce site non classifié est entouré de forêts sur 5 000 acres, situé à 200 miles à l’ouest d’Anchorage et à huit miles de la ville de Gakona, en Alaska. Kirtland Airfoce base

Selon la mission officielle du programme, ces recherches visent à améliorer la compréhension de l’ionosphère et à contribuer au développement de technologies de communication et de surveillance. Depuis 2015, le HAARP est exploité par l’Université d’Alaska (source en anglais), qui publie librement la documentation sur ses activités de recherche.

Une théorie complotiste récurrente

Cette théorie repose sur une mauvaise compréhension du fonctionnement de l’atmosphère.

Les systèmes météorologiques, y compris les vagues de chaleur, se forment dans la troposphère et, dans une certaine mesure, dans la stratosphère. Les expériences du HAARP ont lieu dans l’ionosphère, à plusieurs centaines de kilomètres au-dessus de la surface de la Terre.

Les ondes radio utilisées par cette installation n’interagissent pas avec les couches inférieures de l’atmosphère où se forment les phénomènes météorologiques.

Graphique montrant la troposphère et la stratosphère - The Cube, Euronews
Graphique montrant la troposphère et la stratosphère - The Cube, Euronews @Damaso Jaivenois

Les scientifiques répètent qu’il n’existe aucun mécanisme connu par lequel le HAARP pourrait créer ou intensifier des phénomènes météorologiques.

Selon les climatologues, la récente vague de chaleur qui a touché l’Europe est liée à un système de haute pression persistant qui a piégé l’air chaud au-dessus des régions occidentales du continent.

Les chercheurs indiquent également depuis longtemps que le réchauffement climatique d’origine humaine rend les vagues de chaleur plus fréquentes, plus longues et plus intenses.

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