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Canicules, sécheresse, incendies : le gouvernement annonce un plan pour ne laisser "aucun agriculteur seul"

Des champs de maïs complètement asséchés dans le Kochersberg, près de Strasbourg, dans l'est de la France, le dimanche 28 août 2022
Des champs de maïs complètement asséchés dans le Kochersberg, près de Strasbourg, dans l'est de la France, le dimanche 28 août 2022 Tous droits réservés  Photo AP/Jean-François Badias
Tous droits réservés Photo AP/Jean-François Badias
Par Vincent Reynier
Publié le Mis à jour
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Alors que la France traverse l'un des étés les plus chauds et secs de son histoire, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a annoncé la mise en place de cellules "sécheresse" pour coordonner l'action de l'État face à la crise agricole.

La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a annoncé mercredi un "plan global d'accompagnement canicule – sécheresse – incendies" pour qu'aucun agriculteur ne soit "laissé seul face à cette situation". Il prévoit des mesures d'urgence pour compenser les difficultés économiques ainsi que des "adaptations" concernant l'accès à l'eau.

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"Ce plan comportera des mesures d'urgence en faveur de la trésorerie des exploitations, des prises en charge de cotisations sociales, des dispositifs de simplification et de dérogation, ainsi que des mesures destinées à faciliter la remise en production des exploitations les plus durement touchées", indique le ministère dans un communiqué.

Cette annonce intervient alors que la France traverse l'un des étés les plus chauds de son histoire, 98 départements étant concernés par la sécheresse et 57 ayant été placés en situation de crise.

Des cellules et des référents "sécheresse"

Face aux conditions climatiques extrêmes qui touchent "toute la chaîne agricole", Annie Genevard a annoncé mercredi avoir "réuni l’ensemble des préfets afin de disposer d’un état des lieux complet des conséquences de la canicule et de la sécheresse dans chaque territoire, d’identifier les difficultés rencontrées et d’adapter nos réponses au plus près des réalités locales".

La ministre a également activé une cellule nationale "Sécheresse" au sein du ministère de l’Agriculture, qui aura pour objectif de suivre l'évolution quotidienne de la situation, de coordonner les services de l’État et d'accompagner les territoires tout au long de l'épisode de canicule.

Un pompier arrose la végétation calcinée lors d'une opération de nettoyage dans une zone touchée par un feu de forêt à Cotignac, en France, le mercredi 22 juillet 2026
Un pompier arrose la végétation calcinée lors d'une opération de nettoyage dans une zone touchée par un feu de forêt à Cotignac, en France, le mercredi 22 juillet 2026 Manon Cruz/Photo Pool via AP

Cette cellule nationale travaillera en coopération avec des référents "sécheresse" au sein de chaque préfecture, ainsi qu'avec des cellules départementales dédiées, dont la ministre exige la création "sans délai".

Fonctionnant comme des "relais opérationnels" de la cellule nationale, elles devront "réunir l’ensemble des acteurs concernés : organisations professionnelles agricoles, chambres d’agriculture, banques, services sociaux des départements, caisses locales de la Mutualité sociale agricole et services de l’État".

L'objectif principal de ces cellules locales : fournir "un diagnostic précis de la situation" et transmettre rapidement à la ministre de l'Agriculture "des propositions adaptées aux réalités de chaque département".

Mesures dérogatoires de gestion de l'eau

Sur la base des informations récoltées par ces cellules locales, le ministère de l'Agriculture prépare actuellement un plan global d'accompagnement "Canicule – Sécheresse – Incendies"(CASI) pour soutenir le secteur agricole.

Face à l'urgence, la ministre se dit prête à "examiner, au cas par cas, toutes les marges de manœuvre offertes par la réglementation en vigueur, notamment pour adapter les mesures de gestion de l’eau dans le respect du cadre fixé par le guide sécheresse et l’instruction interministérielle de 2023".

Annie Genevard appelle également la Commission européenne à faire preuve de "pragmatisme" quant à la Politique agricole commune de l'UE, "afin qu’aucun exploitant ne soit pénalisé lorsqu’il lui est objectivement impossible de respecter certaines exigences de la PAC en raison de la sécheresse".

"Les agriculteurs ne doivent pas subir une double peine : celle du climat, puis celle des sanctions administratives", estime la ministre. "Face à des événements climatiques qui deviennent plus fréquents et plus intenses, notre devoir est d’agir avec réactivité, méthode et pragmatisme".

Avec une température moyenne de 24,9 °C, le mois de juillet a été le mois le plus chaud jamais enregistré dans l'Hexagone depuis le début des mesures, dépassant les mois d’août 2003 (24,8 °C) et de juillet 2006 (24,4 °C).

En termes de précipitations, il est également le troisième mois de juillet le moins arrosé depuis le début des mesures pluviométriques en 1959 (déficit de 70 %), après juillet 2022 (-85 %) et juillet 2020 (-75 %).

Ces conditions particulièrement sèches ont contribué à la propagation de feux de forêts massifs dans plusieurs départements, plus de 90 000 hectares de végétation étant déjà partis en fumée depuis le début du printemps.

La loi d'urgence agricole continue de faire débat

En parallèle, des voix s'élèvent contre la loi d'urgence agricole, dont le projet a été déposé en avril par le gouvernement et définitivement adopté par le Sénat le 21 juillet.

Présenté comme un texte visant à "contribuer à la reconquête de la souveraineté alimentaire française", le texte prévoit notamment la réintroduction de deux pesticides auparavant interdits, une mesure qui a provoqué de vifs débats entre députés de droite et de gauche.

Quelques jours seulement après son adoption, plus de 60 députés ont saisi le Conseil constitutionnel. Ils ont été rejoints mercredi par huit ONG de protection de l'environnement et le syndicat agricole Confédération paysanne, qui demandent également aux Sages de censurer le texte.

Parmi ces organisations figurent WWF France, Générations Futures et France Nature Environnement. Elles estiment que la loi d'urgence agricole porte atteinte à la Charte de l'environnement, intégrée au bloc de constitutionnalité français.

Les associations jugent que plusieurs dispositions du texte contreviennent à cette Charte, notamment son principe de précaution et le droit de vivre dans un environnement respectueux de la santé.

Les ONG contestent trois mesures en particulier : la réintroduction de l'acétamipride et de la flupyradifurone, deux pesticides auparavant interdits, le doublement des capacités de stockage agricole de l'eau d'ici 2035 et certaines dispositions sur l'élevage, qui limiteraient selon elles la transparence de l'information environnementale garantie par la Charte.

Le Conseil constitutionnel n'a pas encore fixé la date à laquelle il rendra sa décision.

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