En visite chez le chancelier Friedrich Merz en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Emmanuel Macron a placé la défense européenne au cœur de son déplacement, avec une visite de l'escadre aérienne de Nörvenich, équipée de chasseurs Eurofighter.
Le président français est ce jeudi en Rhénanie-du-Nord-Westphalie et sera reçu dans la soirée par le chancelier fédéral Friedrich Merz au Grandhotel Schloss Bensberg.
Le chef de l'État français et le chef du gouvernement allemand y préparent le conseil des ministres conjoint, auquel viendront se joindre vendredi dix ministres chargés de portefeuille de Paris et de Berlin.
Le lieu retenu pour la réunion du conseil des ministres franco-allemand n'est pas anodin, puisqu'il s'agit de la base aérienne de Nörvenich.
Réunion sur une base Eurofighter
L'escadron tactique de la Luftwaffe 31 « Boelcke » est l'un des quatre sites de déploiement des Eurofighter de la Bundeswehr. Dans la commune très rurale de Nörvenich, près de Düren, à l'ouest de Cologne, sont basés 30 chasseurs Eurofighter et 907 militaires.
Ni la Bundeswehr à Növernich ni la municipalité n'ont pu être jointes pour commenter cette « visite de haut niveau ».
L'Eurofighter d'Airbus est un avion de combat multi rôle monoplace, qui peut être utilisé pour la défense aérienne comme pour des attaques aériennes.
Les 138 Eurofighter que compte la Luftwaffe constituent, selon la Bundeswehr, « l'épine dorsale de la flotte de chasse allemande ».
Ils sont perçus comme une forme de « concurrence » aux avions Rafale français. Alors que l'Eurofighter se distingue surtout par ses performances en mission air-air, les chasseurs Rafale sont considérés comme plus polyvalents, offrant une plus grande flexibilité pour les frappes et une meilleure aptitude aux opérations depuis des porte-avions.
La défense européenne commune progresse-t-elle ?
Le bureau du président français souligne, à propos de la portée de cette visite en Rhénanie-du-Nord-Westphalie : « Sur fond de situation géopolitique qui renforce encore l'importance de la défense européenne, ce Conseil franco-allemand de défense et de sécurité, qui se tiendra sur la base aérienne de Nörvenich, offre à la France et à l'Allemagne l'occasion de se coordonner sur les principaux dossiers de politique internationale et d'approfondir leur coopération industrielle dans le domaine de la défense, afin de continuer à construire un partenariat stratégique plus étroit entre nos deux pays. »
Les derniers grands projets d'armement menés en commun ont surtout été marqués par des revers, lorsque l'Allemagne et la France ont dû enterrer le programme FCAS, censé donner naissance au chasseur du futur.
Emmanuel Macron milite, depuis le début de son premier mandat, pour une politique de défense européenne commune.
En raison de la guerre d'agression menée par la Russie en Ukraine et des menaces du président américain Donald Trump envers les alliés de l'OTAN, la coopération entre Européens a nettement progressé. Mais à l'approche de la fin de son mandat, prévue l'an prochain, le chef de l'État français cherche encore à engranger des avancées symboliques.
Ainsi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, mais aussi plusieurs dirigeants européens, ont assisté au défilé militaire du 14 juillet à Paris, parmi lesquels le chancelier fédéral Friedrich Merz.
Selon l'Élysée, d'autres sujets doivent être abordés lors des consultations franco-allemandes : la protection des mineurs sur Internet, la lutte contre les ingérences étrangères et la désinformation, les échanges autour de l'Office franco-allemand pour la jeunesse ainsi que le renforcement de la coopération transfrontalière.