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Conseil des ministres franco-allemand: l'Allemagne participera à un exercice de dissuasion nucléaire

Emmanuel Macron et Friedrich Merz en Allemagne le 17 juillet 2026
Emmanuel Macron et Friedrich Merz en Allemagne le 17 juillet 2026 Tous droits réservés  AP Photo
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Par Célia Gueuti
Publié le
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Vendredi matin, le chancelier allemand Friedrich Merz a accueilli Emmanuel Macron sur la base aérienne de Noervenich, près de Cologne, pour le 26ᵉ conseil des ministres franco-allemand.

Objectif : "Améliorer la sécurité de nos pays et de notre continent et créer plus d'incertitude chez nos adversaires", résume le chef d'État français Emmanuel Macron.

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Ce vendredi, le chancelier allemand Friedrich Merz et le président de la République française ont donné une conférence de presse commune suite au 26ᵉ conseil des ministres franco-allemand.

Une prise de parole dense en informations puisque les sujets évoqués allaient de l'aérospatial à la protection des mineurs sur les contenus en ligne en incluant les réformes de retraite, l'union des marchés des capitaux. Mais c'est sur la défense et la dissuasion européenne qu'a insisté le couple franco-allemand.

Les forces allemandes vont participer «dès cette année» à un exercice de dissuasion nucléaire français, a annoncé vendredi le chancelier Friedrich Merz.

La rencontre a eu lieu au château d’Augustusburg, à Brühl où 80 ans plus tôt, Konrad Adenauer et Charles de Gaulle ont posé les bases de la collaboration franco-allemande. Le chancelier allemand n'a pas hésité à faire un clin d'œil à l'histoire, rappelant que son pays avait autrefois refusé d'être intégré au parapluie nucléaire français. "On ne l'a pas accepté, car nous vivions dans un autre monde. Mais le monde actuel exige de nouvelles réponses", a-t-il expliqué.

C'est la première fois que les troupes conventionnelles allemandes et françaises collaboreront sur un tel exercice. "C'est possible que cela aboutisse à un changement de doctrine, mais c'est trop tôt pour le dire aujourd'hui", a tempéré tout de mêmeFriedrich Merz.

L'initiative vient du côté français. Devant la presse, Emmanuel Macron a énuméré les objectifs de ce partenariat renforcé : "Créer de l'intimité stratégique entre nous, proposer des exercices conjoints, des éléments conjoints de partenariat, créer plus d'intimité entre nos équipes et créer de l'incertitude chez nos adversaires parce que ça dilue la responsabilité de cette dissuasion nucléaire."

Le président français se dit "ouvert à tout", ajoutant que "notre volonté est d'aller le plus loin et le plus utilement avec l'Allemagne qui est le partenaire de confiance, le partenaire privilégié."

Une limite est cependant posée, par les deux chefs d'État, sur le point du financement. "L'objectif de la dissuasion avancée en aucun cas ne vise un cofinancement du nucléaire français", a martelé Emmanuel Macron.

Chine, SCAF : des points de divergences

Même face aux caméras, l'unité franco-allemande laisse tout de même voir quelques failles, particulièrement en lien avec le projet avorté d'avion nouvelle génération développé en commun entre les deux pays.

Début juin, il était annoncé que le projet d'avion était abandonné suite à des tensions entre les constructeurs Airbus et Dassault. "On a pas mis en œuvre tout ce qu'on voulait mettre en œuvre il y a un an, faut être lucide. On le regrette", a admis Emmanuel Macron.

Selon lui, ce sont des "différences industrielles" qui ont tué le projet. Le président de la République française a indiqué cependant que la gouvernance autour du projet allait être repensée puisque le SCAF n'est pas seulement un avion mais tout un système.

"SCAF n'a jamais été seulement un nouvel avion de combat mais un nouveau système. Tout l'environnement, le pilotage numérique, à la longue sera plus important", a abondé Friedrich Merz. L'environnement Cloud, selon eux, suit actuellement le calendrier donné.

Sur la Chine, les chefs d'État n'hésitent pas non plus à montrer leur discorde. Emmanuel Macron rappelle que les deux pays n'ont "pas la même histoire et pas les mêmes positions" face à la deuxième puissance mondiale.

"L'Europe a chaque jour un milliard d'euros de déficit vis-à-vis de la Chine", a déclaré le président français, insistant pour transférer des compétences innovantes en Europe plutôt que d'importer des produits chinois.

Le Chancelier s'est montré plus prudent. "Nous voyons des déficits commerciaux croissants en défaveur de l'Union européenne. [...] Il va falloir en parler. Je ne veux pas de conflit avec la Chine, mais il faut être franc sur ce déséquilibre au détriment de notre industrie."

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