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Vérification : non, Boris Johnson n'a pas saboté la paix en Ukraine pour un pot-de-vin

L'ex-Premier ministre britannique Boris Johnson près du panneau d'entrée de la ville, entouré de drapeaux ukrainiens et d'unités militaires, Orikhiv, Zaporijjia, 26 février 2026.
L'ex-Premier ministre britannique Boris Johnson à l'entrée d'Orikhiv, entouré de drapeaux ukrainiens et militaires, 26 février 2026. Tous droits réservés  AP Photo
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Par Estelle Nilsson-Julien
Publié le
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Ukraine : un émissaire du Kremlin accuse Boris Johnson d'avoir saboté la paix contre de l'argent, mais les faits le contredisent

Un responsable russe a relancé un récit trompeur au sujet de l'échec des premières négociations de paix entre la Russie et l'Ukraine, affirmant que l'ancien Premier ministre britannique Boris Johnson aurait torpillé un projet d'accord après avoir reçu un don d'un million de livres sterling (1,17 million d'euros) de la part d'un fabricant de drones militaires.

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L'émissaire du Kremlin Kirill Dmitriev a publié, le 21 juillet, un message sur X affirmant que Johnson avait "saboté" les pourparlers de paix avortés entre la Russie et l'Ukraine, en référence apparente aux discussions d'Istanbul de mars 2022, qui avaient capoté.

"Petit rappel : Boris Johnson a saboté l'accord de paix russo-ukrainien prêt à être signé après avoir reçu un don d'un million de livres sterling d'un fabricant de drones militaires", a-t-il écrit sur X.

Dimitriev a publié sa déclaration en réponse à un message de Johnson sur X, dans lequel ce dernier accuse le nouveau ministre britannique des Affaires étrangères, Ed Miliband, d'avoir ouvert la voie à l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en raison de décisions diplomatiques prises lorsqu'il dirigeait le Parti travailliste.

Le prétendu "fabricant de drones" auquel Dmitriev fait vraisemblablement référence est Christopher Harborne, homme d'affaires, donateur politique et investisseur britannique, qui détient des parts dans une entreprise qui fournirait du matériel militaire à l'Ukraine.

En novembre 2022, deux mois après le départ de Johnson de Downing Street, Harborne a fait un don d'un million de livres sterling à l'ancien Premier ministre.

Des documents ayant fuité ont révélé que l'investisseur avait ensuite accompagné Johnson lors d'un déplacement en Ukraine, où ils ont rencontré de hauts responsables en septembre 2023, comme le détaille un article publié par The Guardian (source en anglais) le 10 octobre 2025.

Cet article se penchait sur les questions de transparence entourant le don d'un million de livres de Harborne au bureau de Johnson et le voyage du duo en Ukraine, sans toutefois tirer de conclusions tranchées.

Pourtant, le 12 octobre 2025, l'agence de presse publique russe TASS a publié un article intitulé "Boris Johnson aurait encouragé la prolongation du conflit en Ukraine pour de l'argent", en s'appuyant sur le reportage du Guardian.

Un autre article, diffusé le 13 octobre par la chaîne publique russe Pervy Kanal (Channel One), portait le titre suivant : "The Guardian affirme que Boris Johnson a reçu de l'argent pour perturber les négociations entre Moscou et Kyiv".

L'article allait jusqu'à imputer à Johnson l'échec des négociations de paix d'Istanbul au printemps 2022, alors qu'en réalité, The Guardian ne mentionnait ni ces pourparlers avortés ni le mot "pot-de-vin", tous deux apparaissant en revanche dans le sujet de Channel One.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a également rejeté explicitement par le passé les affirmations selon lesquelles Johnson aurait cherché à faire capoter les discussions d'Istanbul en le poussant à s'en retirer, les qualifiant d'"illogiques".

"Il y a eu plusieurs approches assorties d'ultimatums, et je n'ai jamais donné mon accord", a déclaré Volodymyr Zelensky lors d'une interview accordée à The Guardian (source en anglais) en février 2025. "Cela ne tient pas debout : sur quoi était-il [Johnson] censé nous faire revenir ?"

Boris Johnson lui-même a balayé ces affirmations, qu'il qualifie de "propagande russe". Il s'est rendu à plusieurs reprises en Ukraine, aussi bien lorsqu'il était en fonction que depuis son départ de Downing Street.

Le récit selon lequel l'Occident voudrait la guerre en Ukraine est régulièrement relayé par le Kremlin afin de détourner la responsabilité de son invasion.

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