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Des drones Garpiya au rival de Starlink : l'Europe frappe la puissance militaire russe

Un militaire ukrainien prépare le lancement d'un drone longue portée en Ukraine, le 28 février 2025.
Un militaire ukrainien se prépare à lancer un drone longue portée en Ukraine, le 28 février 2025. Tous droits réservés  AP Photo
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Par Angela Skujins
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Dans le 21e paquet de sanctions de l'Union européenne, 56 entités sont visées. L'UE s'est ici concentrée sur des drones longue portée et les réseaux de communication.

Des dizaines d'entreprises et de ressortissants liés au secteur de la défense, qui soutiennent la machine de guerre du Kremlin, ont été visés par le 21e paquet de sanctions de l'Union européenne contre la Russie.

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"Plus de 50 entités du complexe militaro-industriel sont incluses, ainsi que des acteurs clés impliqués dans la production des drones de longue portée russes", a déclaré, jeudi 23 juillet, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, lors de l'adoption de ces nouvelles mesures. "La Russie n'acceptera de négocier pour mettre fin à sa guerre illégale et cesser de tuer des civils que si elle y est contrainte. Les sanctions contribuent à cette pression."

Avec ce nouveau paquet de sanctions, l'UE continue de viser les fournisseurs de biens et technologies à double usage dans des pays tiers, notamment en Chine et en Inde. Ces technologies se retrouvent souvent dans l'armement russe, comme les missiles, les drones et les chars.

Mais l'attention des responsables et des experts de l'UE se porte sur deux mesures relativement nouvelles dans la composante militaire du paquet.

Il s'agit de plus de trente désignations visant l'ensemble du réseau de production et d'approvisionnement des drones de longue portée Garpiya, ainsi que le concurrent russe du système de satellites Starlink, connu sous le nom de Rassvet.

Les drones à longue portée Garpiya

Un haut responsable de l'UE a indiqué que les civils ukrainiens et les infrastructures civiles subissent une pression immense sous les bombardements russes depuis le début de l'invasion à grande échelle, en particulier du fait des drones d'attaque de longue portée.

Après l'expiration, en mai, d'une trêve de trois jours soutenue par les États-Unis, la Russie a lancé plus de 200 drones de longue portée contre l'Ukraine, frappant des infrastructures énergétiques, des immeubles d'habitation et même une école maternelle.

C'est pourquoi le 21e paquet de sanctions s'attaque particulièrement à la fabrication de drones de longue portée. Mais, comme l'a expliqué ce haut responsable européen, l'UE a adopté à cet égard "une approche différente". "Ce que nous avons fait, c'est nous concentrer sur une catégorie de drones de longue portée, les Garpiya. Et nous avons, en pratique, cartographié tout le réseau de fabrication et d'approvisionnement", a-t-il expliqué. "D'un seul coup, nous le visons aujourd'hui avec plus de trente désignations."

Les nouvelles désignations de l'UE dans ce paquet comprennent 37 inscriptions visant des personnes et des entités explicitement liées à la production du drone d'attaque Garpiya/Garpiya-A1. Elles couvrent des entreprises qui produisent des ogives, des propulseurs de fusée, des catapultes et d'autres pièces nécessaires au déploiement de ces armes de longue portée.

Un vendeur quitte un marché attaqué par un drone russe dans la ville de Druzhkivka, région de Donetsk, Ukraine, le 2 août 2025.
Un vendeur quitte un marché attaqué par un drone russe dans la ville de Druzhkivka, région de Donetsk, Ukraine, le 2 août 2025. AP

Le chercheur principal du groupe de réflexion Bruegel, Jacob Funk Kirkegaard, a déclaré à Euronews que, s'il salue la dimension militaire du dernier paquet de sanctions, il reste prudent quant à son efficacité.

"La Russie dispose de plusieurs types de drones de longue portée", a-t-il indiqué. "Cela ne signifie pas que cet effort est mal orienté ; il en vaut largement la peine. Mais nous ne devons pas nous bercer d'illusions : le fait de cibler un seul type parmi les nombreux drones de longue portée que la Russie possède ou produit ne va pas, à lui seul, changer fondamentalement la menace stratégique qui pèse aujourd'hui sur l'Ukraine, ni, d'ailleurs, sur le reste de l'Europe à plus long terme."

Le système de satellites Rassvet

Le paquet de sanctions vise également des entreprises russes impliquées dans l'articulation entre technologie militaire, électronique et communications. Le haut responsable européen interrogé par Euronews a laissé entendre qu'une entreprise et un système de satellites en particulier étaient dans le collimateur.

"Un élément que je juge particulièrement important concerne la fabrication d'un système que la Russie développe comme alternative à Starlink : ce projet de Starlink russe est inclus dans ce paquet", a déclaré ce responsable.

Le système de satellites en orbite basse Rassvet, produit par la société aérospatiale russe Bureau 1440, est largement présenté par les médias russes comme une "alternative à Starlink" et vise à offrir aux Russes un accès à internet haut débit. Seize de ces satellites ont été lancés en orbite pour la première fois en mars 2026, avec l'objectif d'en avoir 250 en 2027 et 900 d'ici 2035.

Le président russe Vladimir Poutine visite une usine d'assemblage de fusées près de la ville de Tsiolkovski, en Russie, le mardi 12 avril 2022.
Le président russe Vladimir Poutine visite une usine d'assemblage de fusées près de la ville de Tsiolkovski, en Russie, le mardi 12 avril 2022. AP

Jacob Funk Kirkegaard a rappelé que lorsque la Russie a déjà perdu l'accès à Starlink, notamment en février 2026, cela a eu "des conséquences très significatives sur ses performances sur le champ de bataille".

"Empêcher la Russie, à terme, de se doter d'une alternative à Starlink serait évidemment une priorité très importante", a-t-il indiqué, en expliquant qu'une décision de l'UE de s'en prendre à Rassvet pourrait affaiblir les capacités de la Russie sur le champ de bataille en Ukraine et, plus largement, entamer sa capacité à représenter une menace militaire pour l'UE à l'avenir.

"Alors que l'UE, ou l'Europe au sens large, se prépare à un monde dans lequel nous devrons dissuader la Russie par nos propres moyens sur le long terme, il est très important, pour notre propre sécurité, d'entraver ses capacités militaires dans les trois, quatre ou dix années à venir", poursuit-il.

Plus largement, à propos du soutien à l'Ukraine, Jacob Funk Kirkegaard estime que s'attaquer aux drones Garpiya et aux satellites Rassvet est efficace. Mais ce qui renforce le plus l'Ukraine sur le champ de bataille, ce sont les programmes de financement par les gouvernements de ses drones de longue portée et de ses missiles balistiques et de croisière, des initiatives généralement portées par les Pays-Bas, l'Allemagne et les pays nordiques.

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