Des chasseurs polonais en alerte ont intercepté lundi un avion de reconnaissance russe Il-20 au-dessus de la mer Baltique, à environ 60 kilomètres au nord-ouest de Łeba, a annoncé le vice-Premier ministre et ministre de la Défense Władysław Kosiniak-Kamysz.
Comme l'a indiqué le ministre polonais de la Défense sur la plateforme X, "ce matin, à 60 kilomètres au nord-ouest de Łeba, au-dessus de la mer Baltique, une patrouille de nos avions de permanence a intercepté un avion de reconnaissance russe Il-20".
Władysław Kosiniak-Kamysz a toutefois précisé qu'"il n'y a pas eu de violation de notre espace aérien", l'appareil évoluant dans l'espace international.
Le ministre de la Défense a également souligné le comportement de vol de l'appareil russe, jugé caractéristique de ce type de situation : "l'avion effectuait son vol dans l'espace international sans plan de vol ni transpondeur activé".
L'absence de transpondeur actif et de plan de vol rend l'identification à distance de l'appareil plus difficile et complique le travail des contrôleurs aériens. Selon Varsovie, cette pratique est régulièrement utilisée par des appareils russes lors de leurs vols au-dessus de la mer Baltique.
Kosiniak-Kamysz a enfin assuré que les forces armées polonaises restaient en alerte permanente : "Les forces armées de la République de Pologne surveillent en permanence notre sécurité dans la région et prennent des mesures pour protéger la frontière polonaise".
Ce n'est pas le premier incident de ce type ces derniers mois. Les épisodes similaires se sont multipliés au-dessus de la mer Baltique. Le précédent remonte à quelques jours seulement : le 31 juillet, des F-16 polonais avaient intercepté un avion de reconnaissance russe Il-20. Des incidents comparables avaient déjà été signalés les 14 juillet, 13 mai et 9 avril. Un épisode similaire s'était également produit en octobre 2025.
La fréquence à laquelle des avions de reconnaissance russes – et, plus récemment, des appareils de combat – apparaissent au-dessus de la Baltique sans identification appropriée alimente les inquiétudes des militaires et des experts, qui redoutent d'éventuelles provocations de Moscou à l'encontre des pays membres de l'OTAN.
La question a également été évoquée ces derniers mois par plusieurs responsables politiques polonais. Le 24 avril, le Premier ministre Donald Tusk estimait que la Russie pourrait attaquer un pays membre de l'OTAN "dans une perspective plutôt de mois que d'années". De son côté, le ministre des Affaires étrangères Radosław Sikorski n'excluait pas que Moscou puisse mener une opération sous fausse bannière afin de créer un prétexte à une attaque contre un pays allié.