Il s'agit de la première mission d'assistance menée par une équipe ukrainienne au profit d'un État membre de l'Union européenne dans le cadre du Mécanisme européen de protection civile.
Après plusieurs semaines de combats intenses contre les flammes, la situation se stabilise enfin en Gironde. Pour autant, le travail des pompiers est loin d'être terminé, plusieurs foyers restent toujours actifs et des reprises de feu sont encore observées. Ils craignent également des mois de lutte contre les "feux zombies".
Afin d'épauler les pompiers français dans ce contre-la-montre, une équipe de secouristes ukrainiens est arrivée dimanche dernier pour participer à des opérations de noyage du mégafeu. "Au total, un détachement composé de 70 secouristes et de 15 véhicules a été déployé en France pour participer à la lutte", a indiqué Krystyna Pertsovych, porte-parole de l'unité d'intervention des pompiers ukrainiens.
Ils sont arrivés en Gironde après avoir traversé l'Ukraine, la Pologne, l'Allemagne et la France. Un périple de 52 heures.
Les pompiers ukrainiens mettent ainsi à disposition leur expérience, le pays ayant déjà été confronté à des incendies gigantesques. Mais pour eux, il s'agit aussi de venir en aide à un pays qui a toujours été aux côtés de Kyiv dans sa guerre contre la Russie.
"Nous essayons toujours d'aider ceux qui ont besoin de notre assistance, même si la situation est très difficile pour nous en ce moment, car, comme vous le savez, notre pays est en guerre", a souligné Krystyna Pertsovych. "Chaque jour, nos secouristes interviennent sous les bombardements, mais nous trouvons malgré tout le moyen d'aider ceux qui nous ont aidés."
Kyiv prêt à renforcer son soutien
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait appelé son homologue français Emmanuel Macron pour lui proposer cette aide. "Merci l'Ukraine", a depuis écrit le chef d'État.
"Tout en se défendant contre la guerre d'agression de la Russie, l'Ukraine contribue également à protéger des vies à travers l'Europe. Ceci est la solidarité européenne. Chaque jour, l'Ukraine montre qu'elle a sa place dans notre Union", a écrit la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
Depuis, le ministre de l'Intérieur ukrainien Ivan Vyguivsky a assuré à son homologue français Laurent Nuñez que Kyiv était prêt à renforcer ce déploiement, selon les besoins.
Il s'agit là de la première mission d'assistance menée par une équipe ukrainienne au profit d'un État membre de l'Union européenne dans le cadre du Mécanisme européen de protection civile.
"Même si nos collègues ukrainiens n'ont pas encore intégré ce mécanisme, nous avons adapté et adopté les mêmes techniques de coordination. Il y aura un officier de liaison qui suivra constamment la colonne, on ne les laisse pas seuls sur le terrain", résume le commandant Thomas Mimiague, chargé de la communication au Sdis 33.
Avant de résumer : "Et puis on les engage en fonction de leurs capacités : est-ce que leurs camions sont capables de résister à un flux thermique ? Est-ce qu’ils sont capables d’attaquer les flammes ? Ou est-ce que l’on est plutôt sur du travail de lisière ?"
Barrière de la langue
Même s'ils ne parlent pas français, les secouristes ukrainiens parviennent à se faire comprendre de leurs homologues grâce à des interprètes, mais surtout grâce au langage universel des sapeurs-pompiers.
"La difficulté de la langue, on la lève par deux choses. Les collègues ukrainiens sont venus avec des interprètes anglais et ukrainiens, donc nous pouvons parler anglais sans difficulté et nous arrivons à nous faire comprendre. Et puis, finalement, sur le terrain, le langage sapeurs-pompiers parle à tous les sapeurs-pompiers donc on arrive à se faire comprendre au-delà des barrières linguistiques", résume le commandant Thomas Mimiague.
En Gironde, le feu a ravagé 42 000 hectares et quelque 250 bâtiments, contraignant plus de 220 000 personnes à évacuer leurs logements.