La police nationale a évacué la route menant à la plage après le blocage d'un convoi humanitaire. De nouveaux incidents ont éclaté, douze personnes ont été interpellées.
La tension continue de monter à Ceuta. Après plusieurs journées marquées par des manifestations et des incidents liés à la crise migratoire, des dizaines d’habitants ont tenté, ce jeudi 27 août, de bloquer le passage de véhicules de la Croix-Rouge qui se rendaient porter assistance aux migrants toujours présents dans la zone d’El Trampolín.
La manifestation intervient quelques heures après une nuit marquée par de nouveaux incidents dans la ville autonome, où douze migrants ont été interpellés après des jets de pierres contre un véhicule militaire dans lequel se trouvaient quatre soldats, blessés lors de l’attaque. Ces faits s’ajoutent aux heurts enregistrés ces dernières nuits entre groupes d’habitants, migrants et forces de sécurité.
Le dernier épisode s’est déroulé sur la route d’accès à la plage d’El Trampolín. Environ une centaine de personnes se sont assises sur la chaussée pour empêcher la progression d’un convoi de la Croix-Rouge, composé d’un camion et de trois fourgonnettes transportant de la nourriture pour les migrants. Pendant la manifestation, on a entendu des cris comme "La Cruz Roja es una mafia!", tandis qu’un important dispositif de Police nationale, de police locale et de militaires surveillait le rassemblement.
Les habitants disent ne plus se sentir en sécurité
Les forces de sécurité ont tenté de dégager la route et les agents ont négocié avec les personnes rassemblées pour qu’elles reculent et laissent passer le convoi, sur fond de désaccords entre ceux qui voulaient maintenir le blocage et ceux qui acceptaient les consignes de la police. Finalement, les manifestants ont reculé sans qu’il soit nécessaire de recourir à la force et les véhicules humanitaires ont pu poursuivre leur route.
La durée de la crise migratoire accentue la crispation au sein d’une partie de la population de Ceuta. Le rassemblement de ce jeudi a été organisé via les réseaux sociaux, sans leadership apparent. Certains habitants disent ne plus se sentir en sécurité et réclament des mesures pour que les nouveaux arrivants quittent la ville. Les forces de sécurité ont renforcé leur présence dans les principaux points de friction afin d’éviter de nouveaux affrontements.
Cet épisode intervient près d’un mois après l’entrée massive de migrants enregistrée fin juillet, lorsque plus de 72 000 personnes ont franchi la frontière entre Ceuta et le Maroc en quelques heures à peine. Depuis, la crise maintient la ville autonome sous une forte pression, sur un territoire qui compte environ 85 000 habitants.