Le ministère espagnol des Transports a ordonné l'occupation de 16 000 mètres carrés du port de Ceuta pour y installer des tentes pouvant accueillir un millier de migrants, après le refus de l'Autorité portuaire locale.
Le ministre espagnol des Transports et de la Mobilité durable, Óscar Puente, a signé samedi un arrêté autorisant l’occupation d’une partie du port de Ceuta pour y installer des tentes d’accueil provisoire destinées aux migrants, dans la zone du quai de Poniente.
La mesure s’appuie sur l’article 73.3 de la loi sur les ports de l’État et la marine marchande. Elle autorise l’utilisation d’environ 16 000 mètres carrés du domaine public portuaire pour ces installations, qui pourraient accueillir près de 1 000 personnes.
La décision intervient après le refus, vendredi, du conseil d’administration de l’Autorité portuaire de Ceuta, qui dépend de la ville autonome, d’autoriser l’installation des tentes. L’organisme avait estimé que cette mesure était incompatible avec le fonctionnement normal du port et avait transmis le dossier à Puertos del Estado, l’établissement public placé sous l’autorité du ministère des Transports.
Après ce refus, Puertos del Estado a rendu un avis favorable à l’occupation. L’organisme reconnaît que la mesure pourrait accroître certains risques pour la protection des infrastructures critiques et les opérations portuaires, mais estime que des raisons d’intérêt général justifient l’autorisation, sous réserve de prendre les mesures nécessaires pour garantir la sécurité et le fonctionnement normal du port.
Sur la base de cet avis et après examen des autres documents reçus, le ministère a donc donné son feu vert à la demande du Secrétariat d’État aux Migrations.
L’arrêté prévoit l’installation temporaire de tentes et d’espaces dédiés notamment au repos, aux soins médicaux et à l’accueil et l’accompagnement social, ainsi que de sanitaires, de bureaux pour le personnel et d’une guérite de sécurité.
Afin de limiter les éventuelles perturbations du fonctionnement du port, le ministère des Transports sollicitera par ailleurs la collaboration du ministère de l’Intérieur pour renforcer la sécurité dans le secteur.
La décision peut encore faire l’objet d’un recours gracieux.
D'autres sites sont aménagés pour héberger des migrants malgré les protestations
En attendant qu’une solution soit trouvée pour le port, le gouvernement poursuit l’aménagement d’autres sites de la ville afin d’héberger les centaines de migrants qui dorment encore dans les rues.
Des parcelles ont déjà été aménagées à Loma Colmenar, sur les terrains de La Hípica et dans la zone industrielle du Tarajal. Les travaux se concentrent désormais sur une esplanade du quartier de Los Rosales, à proximité de l’école infantile Nuestra Señora de África.
Le chantier s’est accéléré malgré les inquiétudes des salariés et des familles, qui dénoncent la proximité du site avec un établissement accueillant des enfants âgés de 0 à 3 ans. Jeudi, les ouvriers avaient dû interrompre les travaux face à la mobilisation de riverains.
Samedi, le montage de deux tentes a repris sous la surveillance de la Police nationale, afin d’éviter tout incident. Elles doivent accueillir des migrants entrés irrégulièrement sur le territoire, dont certains continuent de dormir dans les rues ou sur les collines de la ville faute de solution d’hébergement.
Vendredi, le syndicat CC.OO. (La Confédération syndicale des Commissions ouvrières) a appelé à rechercher une alternative permettant de concilier la prise en charge des migrants avec la tranquillité des familles et le fonctionnement normal des services publics.
De son côté, le syndicat des indépendants et des fonctionnaires CSIF a demandé des garanties de sécurité avant l’ouverture de la nouvelle école infantile Nuestra Señora de África, prévue le 28 septembre. L’établissement pourra accueillir environ 176 enfants âgés de 0 à 3 ans, ainsi que le personnel qui y travaillera.