La Commission européenne a approuvé une aide pour faire face à la crise à Ceuta, destinée à renforcer le contrôle des frontières, l'accueil et les retours, tandis que Frontex, Europol et l'EUAA renforcent également leur soutien.
La Commission européenne a accordé au gouvernement espagnol 114,7 millions d'euros provenant de son fonds d'aide d'urgence pour faire face à la crise migratoire que traverse Ceuta depuis fin juillet, dans ce que l'institution présente comme un geste de "solidarité" envers l'Espagne.
"Cette aide financière vient s'ajouter à la réponse immédiate de la Commission dès le premier jour, lorsqu'elle a proposé à l'Espagne un soutien financier et opérationnel", a indiqué la Commission dans un communiqué. "Cette décision démontre une nouvelle fois la pleine solidarité de la Commission avec l'Espagne pour faire face à cette situation difficile."
Les fonds proviennent du Fonds "Asile, migration et intégration", qui fournira 82,7 millions d'euros, et de l'instrument relatif à la gestion des frontières et aux visas, qui apportera 32 millions d'euros supplémentaires. Cette enveloppe servira à renforcer la surveillance et la protection des frontières ainsi que les infrastructures de sécurité, avec notamment des caméras thermiques, des systèmes de surveillance, des bouées et des drones sous-marins.
Cette aide permettra également de déployer du personnel et des équipements supplémentaires, de créer des structures pour enregistrer les migrants et de soutenir le retour de ceux qui se trouvent en situation irrégulière à Ceuta. Elle contribuera aussi à renforcer les capacités d'accueil de la ville, notamment pour la prise en charge des mineurs non accompagnés.
Bruxelles a également coordonné la mobilisation de plusieurs agences européennes. Frontex maintiendra son opération conjointe Minerva et se tient prête à étendre d'autres dispositifs opérationnels en Espagne en 2027, tandis qu'Europol poursuivra sa coopération avec les forces de sécurité espagnoles dans le cadre d'enquêtes sur les réseaux de passeurs de migrants.
De son côté, l'Agence de l'Union européenne pour l'asile (EUAA) apportera son soutien aux entretiens et à l'interprétation. La Commission et les agences européennes mettront également en place un groupe de coordination conjoint avec les autorités espagnoles, qui tiendra sa première réunion cette semaine.
Une fois l’accord de financement signé, la Commission disposera de 30 jours pour verser jusqu’à 80 % du montant accordé. Les fonds pourront également couvrir les dépenses éligibles engagées depuis le début de la situation d’urgence.