Loader
Suivez-nous
Publicité

Éducation : l’Europe promet d’agir face à la baisse du niveau des élèves

Une salle de classe vide à Marseille, le 16 octobre 2023
Une salle de classe vide à Marseille, le 16 octobre 2023 Tous droits réservés  AP Photo
Tous droits réservés AP Photo
Par Gavin Blackburn & Jean-Philippe LIABOT
Publié le
Partager Discussion Suivez Euronews sur Google
Partager Close Button

Les résultats de l’enquête PISA 2025 dressent un constat alarmant pour les pays de l’OCDE : les performances des élèves de 15 ans en mathématiques et en lecture atteignent leur plus bas niveau depuis le début de l’évaluation.

Mardi, la publication des résultats de la dernière étude PISA, qui révèle un recul des compétences en mathématiques et en lecture chez les élèves à travers le monde, largement attribué à la numérisation et au déclin de la lecture plaisir, a suscité inquiétudes et promesses d'action dans plusieurs pays européens.

PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

Le dernier rapport PISA de l'OCDE, basé sur un test standardisé passé par des adolescents de 15 ans, constate que les performances des élèves des pays membres ont atteint un niveau historiquement bas en mathématiques et en lecture.

Au sein de l'UE, les élèves d'Espagne, de Croatie, du Luxembourg, de Malte, de Grèce, de Roumanie, de Chypre et de Bulgarie obtiennent des résultats inférieurs à la moyenne de l'OCDE dans les trois domaines évalués : lecture, mathématiques et sciences.

À l'inverse, seuls l'Estonie, la Finlande, l'Irlande, l'Autriche, la Pologne et la République tchèque affichent des performances supérieures à la moyenne de l'OCDE dans ces trois matières.

Le ministre français de l'Éducation, Édouard Geffray, déplore ce qu'il qualifie de "destruction cognitive" chez les jeunes et reconnaît que la France doit agir pour inverser la tendance.

"Les jeunes qui passent trois heures par jour sur leur téléphone pendant les cours, qui sont distraits plus de trois heures par jour, perdent l'équivalent de presque deux années scolaires", a-t-il déclaré, dénonçant la "surconsommation des réseaux sociaux".

Dans un entretien au quotidien Le Monde, Geffray a par ailleurs désigné les collèges comme "le principal enjeu du prochain quinquennat", afin d'y mettre en œuvre "les pratiques pédagogiques les plus efficaces".

Le rapport PISA enregistre la plus forte baisse en lecture, avec un recul de 28 points dans les pays membres de l'OCDE entre 2015 et 2025, les élèves issus de familles aisées étant ceux qui ont le plus décroché.

Certaines des raisons de ce recul sont liées à une numérisation accrue, à un temps passé devant les écrans plus long et à la diminution de la lecture de loisir.

"Le plus préoccupant est le recul des compétences qui comptent le plus à l'ère de l'IA : évaluer l'information, établir des liens entre de multiples sources et penser de manière critique à ce que nous lisons", indique le rapport.

De son côté, la ministre espagnole de l'Éducation a affirmé que le manque de compréhension de lecture était "à la racine de tous les problèmes éducatifs", après que les élèves espagnols ont enregistré leurs pires résultats depuis le lancement des tests PISA en 2000.

"Nous devons continuer à travailler la compréhension de lecture, car c'est le socle de tout. Si vous ne comprenez pas ce que vous lisez, il est impossible de résoudre un problème en maths, en physique, en chimie ou dans n'importe quelle autre matière", a déclaré Milagros Tolón sur la radio Cadena Ser.

Elle a reconnu que le déclin des résultats scolaires pourrait être directement lié aux nouvelles technologies.

Capture d'écran du rapport PISA 2025, 9 septembre 2026
Capture d'écran du rapport PISA 2025, 9 septembre 2026 www.oecd.org

"Cela peut être lié, comme l'OCDE l'a déjà indiqué, au temps passé devant les écrans, à des habitudes de lecture précipitées et superficielles, et à la place croissante des messages courts dans la vie numérique des adolescents", a-t-elle ajouté.

Elle a précisé que, depuis 2024, l'Espagne encourage des programmes de coopération pour renforcer à la fois la compréhension de lecture et les mathématiques.

Plus de 760 000 adolescents dans des dizaines de pays ont passé l'évaluation PISA (Programme for International Student Assessment) l'an dernier, dont les résultats ont été publiés mardi.

La Chine, Singapour, Taïwan, le Japon et la Corée du Sud ont obtenu les meilleurs scores au test. L'Estonie, le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande se sont également bien classés.

La clé pour comprendre pourquoi les scores chutent aussi largement pourrait se trouver dans une enquête complémentaire remplie par les élèves.

Par rapport aux résultats de 2022, presque tous les pays ont connu un recul du soutien des familles à l'éducation des enfants, en particulier des garçons, tel que mesuré par des questions sur la fréquence à laquelle les parents parlent des devoirs avec leurs enfants ou s'intéressent à leurs apprentissages.

"Les parents se perçoivent davantage comme des clients de l'école, et non comme des personnes qui s'y impliquent personnellement", a déclaré Andreas Schleicher, directeur de l'éducation et des compétences à l'Organisation de coopération et de développement économiques, qui organise le test PISA.

Les élèves qui déclarent qu'un membre de leur famille leur demande au moins une fois par semaine ce qu'ils ont fait à l'école ce jour-là obtiennent environ 35 points de plus au test de sciences PISA, soit l'équivalent de plus d'un an et demi d'apprentissages, par rapport à ceux dont les familles s'intéressent moins à leur scolarité.

Ce chiffre tient compte des ajustements liés aux différences socio-économiques.

La distraction numérique est un autre facteur. Plus d'un quart des élèves des pays à revenu élevé se plaignent que leurs camarades sont distraits par des appareils numériques dans la plupart ou la totalité des cours de sciences.

Dans les pays où des règles strictes encadrent l'utilisation des téléphones portables à l'école, les taux de distraction sont plus faibles.

Il existe sans aucun doute une forte corrélation entre l'utilisation d'appareils numériques pour le loisir et de moins bons résultats aux tests, estime Schleicher. Lorsque la technologie est utilisée pour l'apprentissage, toutefois, les effets sont plus nuancés.

Une adolescente accède aux réseaux sociaux sur son téléphone portable à Wethersfield, 28 février 2018
Une adolescente accède aux réseaux sociaux sur son téléphone portable à Wethersfield, 28 février 2018 Jessica Hill/AP2018

Les pays où les lycéens déclarent utiliser des appareils numériques environ deux à trois heures par jour à l'école affichent de meilleurs scores, mais ceux-ci diminuent lorsque l'usage de la technologie dépasse ce seuil.

Près de quatre enfants sur dix aux Pays-Bas risquent de quitter l'école avec un faible niveau de maîtrise de la lecture, les résultats PISA montrant que le pays a pris du retard sur la moyenne européenne au cours de la dernière décennie.

La secrétaire d'État à l'Éducation Judith Thielen a promis de présenter à l'automne un plan d'action pour lutter contre ces faibles niveaux de lecture.

"Mon ambition est de stopper la tendance à la baisse et de la renverser", a-t-elle déclaré. "Je veux voir de meilleurs résultats d'ici trois ans".

Sources additionnelles • AP

Accéder aux raccourcis d'accessibilité
Partager Discussion Suivez Euronews sur Google

À découvrir également

Des avertissements sanitaires pourraient réduire le temps des jeunes sur les réseaux sociaux

Azerbaïdjan interdit les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, une tendance mondiale

Propos racistes et appel au coup d'État : une enquête ouverte sur des policiers à Carcassonne