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Ceuta : tensions et tirs en l'air lors du transfert de centaines de migrants vers le port

Transfert de migrants de la plage vers le port de Ceuta, 18 septembre 2026
Transfert de migrants de la plage au port de Ceuta, 18 septembre 2026 Tous droits réservés  Captura de 'RTVE'
Tous droits réservés Captura de 'RTVE'
Par Jesús Maturana
Publié le
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Pendant le transfert, les forces de l’ordre ont eu du mal à contenir les mouvements de foule, alors que des personnes se bousculaient pour obtenir une place dans le nouveau site composé de tentes, après avoir passé plusieurs semaines sur les plages.

Vendredi, la police a commencé à transférer des centaines de migrants des plages de Ceuta vers la zone portuaire de l’enclave espagnole.

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Le dispositif a démarré peu après 6 h 30 ce vendredi, avec le déploiement de plusieurs patrouilles de la Guardia Civil sur la plage du Trampolín pour rassembler les migrants et les conduire à pied jusqu’au nouvel espace d’accueil aménagé dans le port, situé à environ deux kilomètres.

L’opération s’est compliquée dès le départ. Lorsque les premiers groupes sont arrivés dans la zone de la plage de Benítez, où se trouve un autre campement, ils se sont joints aux personnes qui s’y trouvaient déjà, faisant rapidement augmenter le nombre de migrants se dirigeant vers l’enceinte portuaire.

À quelques mètres de cette plage, des moments de forte tension provoqués par la cohue se sont produits. Une partie de la foule s’est mise à courir, obligeant la Police nationale à renforcer le contrôle du cortège. Dans ce contexte, des agents ont fini par tirer en l’air face aux difficultés rencontrées pour contenir la foule.

Le problème de fond reste celui de la capacité d’accueil. Le dispositif installé dans le port ne peut accueillir que 1 800 personnes, alors qu’entre les plages du Trampolín et de Benítez, plus de 4 000 migrants étaient, selon les estimations, présents. Le chiffre exact ne sera connu qu’une fois les transferts terminés et l’enregistrement de toutes les personnes dans le nouveau centre achevé.

Il s’agit du cinquième espace d’accueil temporaire mis en place par le gouvernement pour faire face à la crise déclenchée après l’entrée de plus de 70 000 personnes en provenance du Maroc, les 30 et 31 juillet. Beaucoup de ces migrants vivaient dans la rue depuis un mois et demi, dans des conditions précaires, en attendant d’être pris en charge dans l’un des centres.

Le port, entre feu vert judiciaire et conflit institutionnel

L’installation du nouveau campement dans le port n’a pas échappé à la polémique ni aux recours en justice. L’Audiencia Nacional a rejeté jeudi la mesure conservatoire présentée par le Sindicato Unificado de Policía (SUP), qui demandait la suspension de l’installation des tentes dans cette infrastructure, considérée comme stratégique pour la ville autonome et prévue pour accueillir environ 1 700 migrants.

Dans ce contexte, Ana Alarcón, porte-parole du SUP, répétait ce vendredi que "le port n’est pas un lieu sûr". "Ce n’est pas une solution en matière de sécurité… Si quelque chose arrive, nous demanderons des comptes", a averti la porte-parole dans des déclarations à Antena 3.

Par ailleurs, le vice-président de Ceuta, Alejandro Ramírez, a estimé que le gouvernement improvisait et déploré que "tout ait été fait dans la précipitation". "Le nombre d’interventions dans le port est passé de 80 à plus de 1 000 en 50 jours", a-t-il déclaré à la chaîne Onda Cero.

Le terrain où se trouve le dispositif est passé sous le contrôle du gouvernement central le 5 septembre, lorsque le ministère des Transports, dirigé par Óscar Puente, a pris possession d’une partie du port afin d’y installer les pavillons, dans la zone du quai de Poniente. Cette décision est intervenue après que l’Autorité portuaire de Ceuta, contrôlée par la ville autonome, a refusé de mettre cet espace à disposition.

Le ministère des Affaires étrangères veut "ancrer" Ceuta et Melilla dans l'UE

Le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a présenté cette semaine au Conseil des ministres les mesures engagées pour avancer vers la pleine intégration de Ceuta et Melilla au sein de l’Union européenne, un plan qu’il avait déjà présenté aux présidents des deux villes autonomes.

Parmi les mesures prévues figure la création d’un siège permanent pour Ceuta et d’un autre pour Melilla au Comité des régions, ainsi qu’un renforcement de la présence de Frontex dans les deux villes, comme le précise un communiqué du ministère des Affaires étrangères. Le gouvernement travaille également à ce que Ceuta et Melilla bénéficient d’un traitement spécifique dans le prochain cadre financier pluriannuel de l’UE.

En outre, le ministère des Affaires étrangères a entamé une coordination avec les ministères de l’Économie, des Finances, de l’Agriculture et de la Politique territoriale afin d’avancer vers l’intégration de Ceuta et Melilla dans l’Union douanière et de définir le régime le plus adapté à leurs spécificités géographiques et socio-économiques.

Albares a défendu auprès des institutions européennes la nécessité pour l’UE de prendre en compte la situation des deux villes, qui constituent la seule frontière terrestre de l’Union avec l’Afrique et sont confrontées à une pression migratoire liée à leur position géographique.

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