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Anthropic contre le département américain de la Défense : la start-up IA attaque l'État en justice

Dario Amodei, PDG et cofondateur d’Anthropic (à droite), et le sceau du Pentagone sur un pupitre (à gauche)
Dario Amodei, directeur général et cofondateur d'Anthropic (à droite). Le sceau est visible sur un pupitre au Pentagone (à gauche) Tous droits réservés  AP Photo/Markus Schreiber, File (R) AP Photo/Mark Schiefelbein (L)
Tous droits réservés AP Photo/Markus Schreiber, File (R) AP Photo/Mark Schiefelbein (L)
Par Pascale Davies
Publié le
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Anthropic saisit mardi un tribunal fédéral de San Francisco pour faire suspendre sa mise sur liste noire américaine pour risque sécuritaire national

Le bras de fer entre Anthropic et le gouvernement américain doit atteindre son paroxysme mardi, lorsque l'entreprise d'intelligence artificielle plaidera devant un tribunal fédéral pour obtenir une injonction préliminaire visant le Département de la Guerre et la Maison-Blanche.

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Cette décision intervient après que le président américain Donald Trump et le ministre de la Défense Pete Hegseth ont déclaré publiquement en février qu'ils rompaient leurs liens avec l'entreprise d'intelligence artificielle (IA) après son refus d'autoriser un usage militaire sans restriction de son modèle d'IA Claude. Les restrictions en cause portent notamment sur l'utilisation d'armes létales autonomes sans supervision humaine et sur la surveillance de masse des Américains.

En réaction, le gouvernement américain a qualifié Anthropic de « risque pour la sécurité nationale dans la chaîne d'approvisionnement » et ordonné aux agents fédéraux de cesser d'utiliser Claude.

L'affaire illustre l'entrecroisement des enjeux éthiques, économiques et juridiques autour de l'IA avancée et pose la question de savoir qui doit fixer les limites de cette technologie : les entreprises technologiques guidées par leurs principes internes de sécurité ou les autorités publiques qui agissent au nom de la sécurité nationale et des intérêts géopolitiques ?

Voici ce qu'il faut savoir sur l'audience.

L'audience se tiendra à San Francisco devant la juge fédérale Rita Lin. Celle-ci a avancé la date initialement fixée au 3 avril.

Que soutient Anthropic ?

Anthropic conteste sa désignation comme « risque pour la chaîne d'approvisionnement », le cofondateur et directeur général Dario Amodei estimant (source en anglais)qu'Anthropic « n'a d'autre choix que de la contester devant les tribunaux ».

Le 9 mars, Anthropic a intenté deux actions en justice contre le gouvernement au sujet de cette désignation. L'une vise à obtenir un réexamen au titre du régime juridique existant encadrant les désignations du Pentagone.

Anthropic soutient que ce placement sur liste noire est « sans précédent et illégal », car, historiquement, il ne visait que des adversaires étrangers comme Huawei et ne peut juridiquement être utilisé contre une entreprise nationale en raison d'un désaccord de politique.

La seconde plainte estime que cette mise à l'index soulève des questions au regard du premier amendement, qui garantit la liberté d'expression et le droit de manifester.

Que fait valoir le Département de la Guerre américain ?

En 2025, Anthropic a signé un contrat de 200 millions de dollars avec le Pentagone pour déployer sa technologie au sein de systèmes classifiés. Lors des négociations qui ont suivi la signature, Anthropic a indiqué qu'elle ne souhaitait pas que ses systèmes d'IA soient utilisés pour de la surveillance de masse et que sa technologie n'était pas prête à être utilisée pour des décisions de tir d'armes.

Dans un mémoire déposé au tribunal le 17 mars (source en anglais), le Département de la Guerre affirme craindre qu'Anthropic puisse « tenter de désactiver sa technologie ou de modifier de manière préventive le comportement de son modèle » avant ou pendant des « opérations de combat » si l'entreprise « estime que ses “lignes rouges” d'entreprise sont franchies ».

Anthropic fait valoir que cette inquiétude n'a jamais été évoquée lors des négociations et n'est apparue que dans les écritures déposées par le gouvernement.

Euronews Next a sollicité Anthropic, qui n'avait pas répondu au moment de la publication.

La juge Lin doit entendre les arguments sur l'opportunité d'accorder à Anthropic une mesure de protection temporaire.

Des répercussions plus larges

Des scientifiques et chercheurs en IA, notamment issus de grands groupes comme OpenAI, Google et Microsoft, ainsi que des organisations juridiques, ont déposé des mémoires à l'appui d'Anthropic.

Le Pentagone a, de son côté, réorienté ses efforts vers la collaboration avec d'autres entreprises d'IA, parmi lesquelles OpenAI, xAI et Google.

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