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Hantavirus : pas de "circulation diffuse" en France, une patiente dans un état "grave"

Arrivée d’ambulances transportant des passagers français du "Hondius", à l’entrée de l’hôpital Bichat, à Paris, le 10 mai 2026
Arrivée d’ambulances transportant des passagers français du "Hondius", à l’entrée de l’hôpital Bichat, à Paris, le 10 mai 2026 Tous droits réservés  Copyright 2026 The Associated Press. All rights reserved
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Par Christina Molle
Publié le Mis à jour
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La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a écarté toute "circulation diffuse" du hantavirus "sur le territoire national". Elle a précisé que sur les cinq Français ayant voyagé sur le MV Hondius, une femme contaminée est toujours "dans un état grave" et "en réanimation".

"J'ai souhaité que les Français disposent en toute transparence des mêmes informations que celles présentées au plus haut niveau de l'État" : c'est par ces mots que la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a ouvert sa conférence de presse sur la crise liée à l'hantavirus.

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Accompagnée de plusieurs spécialistes, elle a précisé qu'il n'y a pas de "circulation diffuse du virus sur le territoire national".

"À ce stade, les cas positifs recensés sont exclusivement des croisiéristes", a ajouté Stéphanie Rist. Vingt-deux cas contacts ont été identifiés en France : ils ont tous été contactés, testés, hospitalisés ou sont en cours d'hospitalisation, selon le gouvernement. La ministre de la Santé a également indiqué que ces patients sont de tous âges, dont des enfants, et que tous se portent "très bien".

Stéphanie Rist a précisé lors de ce point de presse que la patiente française, testée positive au virus il y a quelques jours, "a aujourd'hui la forme la plus sévère de la présentation cardio-pulmonaire et elle a une circulation extracorporelle pour avoir une oxygénation artificielle, et un poumon artificiel".

"On espère qu'elle va passer le cap le temps que le poumon agressé par ce virus et les lésions de la paroi vasculaire puissent se rétablir", a ajouté Xavier Lescure, infectiologue à l'hôpital Bichat, où la plupart des cas identifiés sont actuellement hospitalisés.

"Onze cas confirmés à ce jour"

Caroline Semaille, directrice générale de Santé publique France a de son côté détaillé les caractéristiques de l'hantavirus des Andes, découvert en Argentine en 1995. Selon elle, la période d'incubation est longue, de 9 à 40 jours, avec une létalité élevée, comprise entre 21 et 50 %, et une transmission pouvant intervenir jusqu'à 48 heures avant l'apparition des symptômes, par contact rapproché entre individus.

L'experte a précisé qu'après l'alerte donnée par les Pays-Bas le 2 mai, le premier cas a été confirmé le 4 mai, et que "11 cas sont confirmés à ce jour".

L'infection au hantavirus des Andes "se fait la plupart du temps par voie zoonotique, d'animal à humain", a souligné Xavier Lescure. "On ne connaît pas les modalités et les modes de transmission d'homme à homme", qui est "peu fréquente et peu efficace", selon lui, mais cela se fait "probablement par voie respiratoire ou par contact direct".

"Entre 35 et 40 % de mortalité"

Une fois que les symptômes sont déclarés, les signes cliniques sont "assez anodins" comme "une grande fatigue, une petite dépression, des douleurs, des maux de tête", a précisé l'infectiologue Xavier Lescure. Au bout de "deux ou trois jours", les personnes contaminées ont "une fièvre intense, quasi constante" puis développent "une atteinte pulmonaire" avec l'hantavirus des Andes. "Autant le délai d'incubation est long, autant l'expression de la maladie peut être très rapide", a-t-il ajouté.

"On ne connaît pas aujourd'hui les facteurs de risque de la maladie", a expliqué le haut responsable médical du COREB, alors que ses formes sont souvent graves. "Cela fait partie des hantavirus avec la létalité la plus élevée, entre 35 et 40%", a-t-il ajouté, alors qu'il n'y a pas de traitement efficace ni de vaccin et précise que "le port du masque, en particulier le FFP2 et le lavage des mains suffisent pour faire une barrière" face au hantavirus des Andes.

Son collègue, le virologue Olivier Schwartz, a précisé qu'il n'y avait pas de vaccin disponible, même si des injections à ARN sont en phase de test.

"Une maladie tropicale négligée"

"La situation est assez exceptionnelle et inédite", a affirmé à son tour le médecin épidémiologiste Antoine Flahault. "C'est pour cela que les autorités sanitaires prennent des décisions très fortes" face à l'incertitude de ce virus, a-t-il ajouté.

Dans le passé, certains virus sont partis d'endroits très reculés où les infrastructures de veille sanitaire sont peu présentes et non pas d'un "bateau avec 147 personnes", où il est possible d'identifier tous les cas positifs et de tracer les cas contacts. L'épidémiologiste a qualifié l'hantavirus des Andes de "maladie tropicale négligée".

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