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Croisières : surtourisme et pollution, pourquoi sont-elles moins taxées que les hôtels ?

Transport & Environment réclame une réforme fiscale pour que les paquebots paient leur juste part
Transport & Environment demande des réformes fiscales pour que les navires de croisière paient leur juste part Tous droits réservés  Photo by Linval Ebanks on Unsplash
Tous droits réservés Photo by Linval Ebanks on Unsplash
Par Rebecca Ann Hughes
Publié le
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Une taxe de 15 € par passager et par escale rapporterait 335 millions d’euros par an en Italie, en France et en Espagne réunies, selon les calculs de Transport & Environment.

Selon une nouvelle étude, une nuit passée sur une croisière en Europe est imposée presque deux fois moins qu'une nuit à l'hôtel, alors même que ces navires ont un lourd coût environnemental et alimentent le surtourisme.

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L'ONG Transport & Environment (T&E) montre qu'une faille juridique permet aux compagnies de croisière d'échapper notamment à la TVA et aux taxes sur les carburants.

L'organisation appelle à une réforme de la fiscalité pour que les navires « paient leur juste part ».

Croisières : les mêmes avantages que le transport de fret

Une nuit à bord d'un paquebot est taxée 40 % de moins qu'une nuit à l'hôtel, comme le montre l'étude de T&E (source en anglais). Et ce malgré leur impact élevé sur l'environnement et le climat, ainsi que la pression qu'ils exercent sur les infrastructures locales.

Les chercheurs ont comparé la fiscalité appliquée à des hôtels à 100 € la nuit en France, en Italie et en Espagne, à celle de croisières affichées à des tarifs similaires. En moyenne, les clients des hôtels versent 23 % du prix en taxes, contre seulement 12 % pour les passagers des croisières.

Les croisières sont légalement considérées comme un mode de transport maritime, alors qu'elles fonctionnent en pratique comme des hébergements de vacances. Selon l'ONG, cette situation leur permet d'échapper notamment à la TVA et aux taxes sur les carburants.

« Nous traitons ces hôtels flottants comme s'il s'agissait d'infrastructures maritimes essentielles », explique Fanny Pointet, responsable du secteur maritime chez T&E.

« Les croisières ne sont pas un moyen de transport, mais la destination en elle-même, et pourtant nous leur accordons les mêmes avantages qu'au transport de fret. Une taxation adéquate des paquebots aiderait les villes à lutter contre la pollution et à répondre aux inquiétudes liées au surtourisme. »

L'étude montre qu'une grande partie des émissions négatives – gaz à effet de serre et polluants atmosphériques – générées par les navires de croisière n'est pas couverte par la fiscalité actuelle.

En France, en Espagne et en Italie, ces coûts externes (c'est-à-dire les dommages réels) se sont élevés, en 2025, entre 790 millions et 1,3 milliard d'euros, selon les chercheurs.

En moyenne, les coûts externes liés au climat pour ce secteur dépassent de presque deux à trois fois ce qu'il acquitte au titre du système européen d'échange de quotas d'émission (ETS). Pour les coûts liés à la pollution de l'air, il n'existe aucune taxe de ce type à l'échelle de l'UE.

Croisières : des taxes plus élevées et un alignement de la TVA nécessaires

Selon les modélisations de T&E, une taxe de 15 € par passager et par escale rapporterait 335 millions d'euros par an en Italie, en France et en Espagne réunies.

Ces recettes pourraient alimenter les budgets nationaux, être dédiées à la protection des écosystèmes côtiers ou financer des infrastructures vertes, comme les dispositifs d'alimentation électrique à quai.

Mais ces taxes ne suffiront pas, à elles seules, à combler l'écart entre le coût environnemental des croisières et les montants qu'elles versent en compensation, prévient l'organisation.

« La redevance sur les navires de croisière doit être envisagée comme un élément d'un ensemble plus large de mesures réglementaires », souligne Fanny Pointet. « Pour réduire pleinement l'empreinte environnementale du secteur, des politiques complémentaires agissant sur l'offre sont nécessaires. »

T&E recommande de renforcer la réglementation européenne sur les carburants marins durables (FuelEU Maritime) et de durcir les objectifs d'efficacité énergétique.

Le trafic des navires de croisière pourrait aussi être limité lorsque cela s'avère nécessaire, par exemple en plafonnant le nombre d'escales quotidiennes ou annuelles. Enfin, la TVA appliquée aux croisières devrait être alignée sur celle du tourisme terrestre, estime T&E.

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