Sept pays de l’alliance OPEP+ relèvent en août leur production de 188 000 barils/jour, alors que les prix du brut retombent à leur niveau d’avant la guerre avec l’Iran
Un groupe de sept pays producteurs de l’OPEP+ a indiqué dimanche qu’il augmenterait sa production de 188 000 barils par jour au total le mois prochain, une hausse limitée qui intervient alors que le pétrole se négocie, pour la première fois depuis le début de la guerre contre l’Iran, à des niveaux proches de ceux d’avant le conflit.
Il s’agit du cinquième mois consécutif où les membres de l’alliance acceptent d’ouvrir un peu plus les vannes du pétrole.
Cette décision, prise lors d’une réunion virtuelle, concerne l’Arabie saoudite, la Russie, l’Irak, le Koweït, le Kazakhstan, l’Algérie et Oman, et s’inscrit dans la poursuite du démantèlement progressif des réductions volontaires annoncées par ces mêmes pays en 2023.
L’Arabie saoudite et la Russie supporteront la plus grande part de l’effort, en ajoutant chacune 62 000 barils par jour.
« Les pays continueront à suivre et à évaluer les conditions du marché et, dans leurs efforts constants pour soutenir sa stabilité, ils ont réaffirmé l’importance d’adopter une approche prudente », a indiqué le groupe dans un communiqué.
Prix du pétrole: retour aux niveaux d’avant-guerre
En toile de fond, un retournement spectaculaire du marché pétrolier.
Le Brent, référence internationale, s’échangeait à moins de 72 dollars le baril à l’ouverture des marchés de matières premières dimanche soir, à peu près au niveau où il se situait avant que les États-Unis et Israël ne lancent des frappes contre l’Iran fin février, et bien en dessous des pics proches de 120 dollars atteints en mars au plus fort de la crise.
La référence américaine, le WTI, évoluait encore plus bas, autour de 68 dollars le baril.
Cette baisse est alimentée par un regain d’optimisme sur la perspective de la paix, l’Iran ayant accepté, dans le cadre d’un mémorandum d’entente provisoire, de laisser les navires franchir librement le détroit d’Ormuz, tandis que Washington a levé son blocus des ports iraniens. Les négociateurs travaillent toutefois toujours à un accord définitif.
Le trafic commercial dans le détroit, qui acheminait près d’un cinquième du pétrole mondial avant la guerre, se redresse, mais reste nettement en deçà des niveaux d’avant le conflit, et Téhéran a averti la semaine dernière que les pétroliers s’écartant des routes qu’il a approuvées s’exposeraient à une « réponse vigoureuse ».
Barils sur le papier et reprise de longue haleine
Pendant une grande partie de la guerre, les hausses mensuelles décidées par l’alliance sont restées largement théoriques.
Avec un détroit de facto fermé, les producteurs du Moyen-Orient ont été contraints de réduire fortement leur production réelle, les barils invendus s’accumulant et les capacités de stockage de la région arrivant à saturation, si bien que la production effective est restée bien en dessous des quotas annoncés par le groupe.
La réouverture progressive libère désormais ce stock accumulé sur le marché, ce qui accentue la pression à la baisse sur les prix bien au-delà des modestes augmentations officielles.
La remontée de la production prendra toutefois du temps.
S&P Global Energy ne s’attend pas à un retour complet de la production pétrolière du Golfe avant au moins le premier trimestre 2027, et les spécialistes de l’énergie préviennent que l’impact de la guerre sur les factures de carburant et le coût de la vie pourrait se faire sentir bien après la signature d’un accord de paix.
Les sept producteurs, qui soulignent qu’ils peuvent suspendre ou annuler ces hausses si la situation se dégrade, se retrouveront de nouveau le 2 août.