Washington appelle les Américains à "*être attentifs aux annulations de vols, fermetures d'espace aérien et perturbations de voyage" et avertit que le conflit pourrait "*s'aggraver rapidement".
Les ambassades des États-Unis au Moyen-Orient ont publié des alertes de sécurité appelant les Américains à faire preuve de "vigilance accrue" après les attaques menées contre l'Arabie saoudite par les rebelles houthis du Yémen, alliés de l'Iran.
Les ambassades à Bahreïn, en Israël, en Irak, en Jordanie, au Koweït, au Liban, à Oman, au Qatar, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis ont indiqué que le "conflit militaire pourrait s'intensifier rapidement" et que la situation sécuritaire restait "complexe".
Les messages d'alerte conseillent également de "se tenir informé d'éventuelles annulations de vols, fermetures de l'espace aérien et perturbations des déplacements".
Ces avertissements interviennent après que les rebelles houthis ont annoncé, samedi, avoir mené deux opérations contre l'Arabie saoudite, en utilisant des missiles balistiques et de croisière ainsi que des drones, en représailles à des frappes saoudiennes.
Selon le groupe, "la première opération visait des sites sensibles dans la capitale saoudienne, Riyad, et la seconde des installations d'Aramco à Yanbu".
Un porte-parole de la coalition menée par l'Arabie saoudite, formée en 2015 pour soutenir le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale, a confirmé par la suite que les forces royales de défense aérienne saoudiennes avaient intercepté un missile balistique tiré en direction de Riyad. Il a ajouté que le groupe avait également visé les villes de Baish, Taif, Farasan et Yanbu.
Samedi, des habitants de Riyad ont signalé avoir vu des flammes et de la fumée à l'aéroport international Roi Khaled, dans la capitale.
Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux semblent montrer une imposante colonne de fumée s'élevant au-dessus de l'aéroport, que le site de suivi des vols Flightradar24 disait confronté à de "graves problèmes".
Les rebelles houthis du Yémen, qui ont décrété un blocus naval de l'Arabie saoudite en juillet, multiplient les attaques contre des villes saoudiennes et la navigation commerciale, ce qui accentue encore les tensions au Moyen-Orient.
L'Arabie saoudite répond par ses propres frappes contre le groupe, qui a conquis de vastes portions du territoire yéménite ce mois-ci lors d'une offensive éclair, mais elle n'est pas parvenue à stopper sa progression.
Lors d'un point de presse vendredi, Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l'ONU, a évoqué la situation au Yémen.
Selon un compte rendu diffusé par l'ONU, Stéphane Dujarric a déclaré : "Depuis l'escalade des hostilités en août, le bureau des droits de l'homme a recensé 110 victimes civiles dans 31 incidents, dont 28 tuées et 82 blessées, à Taizz, Al Hudaydah et Marib. L'insécurité et les difficultés d'accès continuent de freiner notre capacité à vérifier le chiffre réel, qui, comme vous pouvez l'imaginer, est très probablement plus élevé".
Il a ajouté : "Nous appelons toutes les parties, ainsi que ceux qui ont de l'influence sur elles, à agir immédiatement pour réduire les tensions, protéger les civils et faciliter l'accès humanitaire. Tout doit être mis en œuvre pour éviter de nouvelles pertes en vies humaines".