Sortez des sentiers battus, évitez la foule et les pièges à touristes : sept idées de visite pour les collines de Lisbonne, conçues par des habitants.
La tour de Belém, les pastéis de Belém, le monastère des Hiéronymites, le tram 28, le château Saint‑Georges, ou encore la statue de Fernando Pessoa au Chiado, avec laquelle tout le monde veut être pris en photo : tous sont des emblèmes de Lisbonne, des étapes quasi incontournables pour quiconque passe par la capitale portugaise, de plus en plus prisée des voyageurs du monde entier. Mais tous ces lieux ont un problème : des touristes, beaucoup de touristes. À tel point qu’il devient parfois difficile de circuler, les files d’attente sont longues et vous aurez du mal à avoir l’impression d’être au Portugal, tant vous entendrez autour de vous parler français, anglais, italien ou espagnol... mais rarement portugais.
Pour ce qui est du 28, inutile de nous attarder : n’importe quel guide ou site consacré à Lisbonne évoque cette ligne de tramway qui parcourt les quartiers historiques de la ville, enchaînant montées et descentes, des Prazeres à Martim Moniz en passant par le Chiado, Alfama et Graça. C’est en effet une manière économique de découvrir en peu de temps certains des secteurs les plus typiques de la ville, à bord d’un moyen de transport pittoresque et centenaire. Pour éviter les foules, un seul conseil : y aller le plus tôt possible. « Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt » : le dicton s’applique parfaitement au voyageur. Et si vous aimez la photographie, vous profiterez en plus de la belle lumière du lever du jour.
Pour le reste des visites, sans rien enlever aux « classiques », nous vous proposons ici quelques insider tips pour arpenter Lisbonne comme un habitant et découvrir des endroits en dehors des sentiers les plus battus. Voici sept conseils, un pour chacune des sept collines de Lisbonne :
1 - Écoutez du fado sans vous ruiner
Aller dans une maison de fado fait partie du programme obligatoire de quiconque veut connaître Lisbonne et écouter le plus portugais des genres musicaux, que l’UNESCO a inscrit en 2011 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité (source en portugais).
Les maisons de fado sont nombreuses, certaines jouissant d’une meilleure réputation que d’autres, disséminées dans la ville mais concentrées surtout dans le Bairro Alto et à Alfama. Le guide touristique que vous avez acheté vous en recommande sûrement quelques‑unes, et il n’a pas tort : ce sont effectivement d’excellentes maisons de fado, historiques, avec une bonne cuisine et des artistes de premier plan. Mais elles ont un défaut : le prix. La réservation d’une soirée avec dîner et spectacle de fado peut vite vous revenir cher.
La Tasca do Chico, au Bairro Alto (source en portugais), est une alternative qui concilie budget et ambiance authentique de « fado vadio ». Vous ne payez pas d’entrée, mais une consommation minimale de 10 euros est obligatoire. N’attendez pas non plus un menu complet : on y sert uniquement des petiscos, des en‑cas comme le caldo verde, le chouriço grillé et les pastéis de bacalhau, à accompagner de la boisson de votre choix.
Dès que vous entrez, vous avez l’impression de faire partie des privilégiés à qui l’on ouvre les portes d’un club secret : la lumière est très tamisée et les chanteurs ne se produisent pas sur scène mais au centre de la salle, dont les murs sont couverts de photos des célébrités passées par là. Le public est un mélange équilibré de touristes et d’habitués. Répartis autour des différentes tables (ne soyez pas surpris si l’on vous propose de partager une table avec des inconnus), ils discutent entre les prestations et se taisent religieusement lorsque la musique commence (le fado s’écoute toujours dans un SILENCE TOTAL), d’autant qu’il n’y a ni micro ni aucun système de sonorisation.
La Tasca do Chico compte des fadistes résidents, mais invite aussi chaque soir des membres du public à chanter. Cela peut aller de parfaits inconnus à des stars internationales comme Carminho, Cuca Roseta ou Mariza. Le patron, Chico, tutoie littéralement tout le petit monde du fado.
Parce qu’elle est la solution la plus économique et la plus authentique, la Tasca do Chico a un inconvénient : elle est victime de son succès. Elle n’accepte pas de réservations et l’entrée se fait dans l’ordre d’arrivée.
Pour éviter d’attendre trop longtemps avant d’avoir une place, nous vous suggérons deux options :
- Arrivez tôt : la Tasca do Chico ouvre à 19 h et les spectacles commencent vers 20 h 30. À 18 h 30, il y a déjà la queue devant la porte.
- Arrivez tard : l’autre option (à notre avis, la meilleure) est d’y aller après l’heure de pointe. Nous vous suggérons de réserver une table au restaurant situé juste en face, le Retiro dos Sentidos (source en portugais). Sans offrir l’atmosphère intimiste de la Tasca, ce restaurant propose lui aussi des soirées fado et fait un très bon « avant‑spectacle ». On y sert des plats typiquement portugais, avec un rapport qualité‑prix très honnête. Pendant que vous dînez et assistez au spectacle, vous pouvez garder un œil sur le trottoir en face pour voir combien de personnes font la queue. À partir de 22 h 30, vous ne devriez plus avoir de difficultés à entrer. Une fois à l’intérieur, vous verrez que l’attente en valait la peine.
Plus récemment, la Tasca a ouvert un deuxième établissement à Alfama.
2 - Mangez le meilleur poisson grillé de votre vie
Au Portugal, nous n’aimons pas les plats de poisson trop élaborés. Vous l’aurez sans doute remarqué : la simplicité est la clé. Le poisson est simplement grillé ou bouilli puis assaisonné d’huile d’olive et de vinaigre ou de citron – et de poivre, si vous le souhaitez.
Pratiquement tous les restaurants au Portugal servent du poisson, mais encore faut‑il savoir où aller. Si le bar ou la daurade vous semblent anormalement bon marché, il s’agit très probablement de poissons d’élevage.
Du poisson d’élevage, c’est bien ce que vous ne trouverez pas dans une adresse qui, bien que quelque peu cachée et désireuse de rester secrète, gagne en popularité.
Pour qui ne connaît pas, la Cabana das Paixões (source en portugais) n’est pas facile à dénicher : en face de la gare de Carcavelos (sur la ligne de Cascais), cherchez un chemin de terre qui mène au terrain de football du GS Carcavelos (source en portugais).
En arrivant au complexe sportif, vous verrez une baraque d’où s’échappe une fumée qui ne laisse aucun doute : quelque chose est en train de cuire là‑dedans.
L’odeur ne trompe pas : quel que soit ce qui cuit là, c’est bon.
La Cabana des Paixões n’accepte ni réservations ni paiements par carte (prévoyez de l’argent liquide) et n’est ouverte que le midi (sauf le vendredi et le samedi, où elle sert aussi le dîner). En semaine, il est plus facile d’y trouver une table. Plus vous arrivez tôt, plus vous aurez de chances d’être assis rapidement. Le plus probable est que vous soyez installé à une table en terrasse, ce qui peut être très agréable même en dehors de la saison chaude, le climat étant assez doux.
Surtout en bonne compagnie, les déjeuners s’y prolongent volontiers tout l’après‑midi et se terminent idéalement par un café, en « rinçant la tasse » avec l’aguardente maison. Nous vous conseillons d’y aller et de revenir en train : les quelques pas qui vous séparent de la gare vous aideront à digérer, et vous éviterez ainsi de prendre le volant... À Lisbonne, vous pouvez emprunter les trains de la ligne de Cascais aux gares du Cais do Sodré, de Santos ou de Belém.
Quant au menu, il dépend du poisson – toujours frais, tout juste arrivé de la criée – disponible ce jour‑là. Le turbot et la mérou sont généralement des valeurs sûres. Ici, tout est grillé sur des braises au dernier moment. Pour ceux qui n’aiment pas le poisson, il existe aussi de très bonnes options de viande. L’établissement est fermé le lundi.
3 - Vivez l’ambiance d’un derby sans payer de billet
Si la restauration rapide ne varie guère d’un pays à l’autre, entre hamburgers, hot‑dogs et kebabs, le Portugal a créé sa propre spécialité dans ce domaine : la bifana. Il s’agit typiquement d’un sandwich à la viande de porc marinée dans une sauce pimentée, servi dans un petit pain traditionnel, le papo‑seco. Sans artifices. Récemment, le chef écossais Gordon Ramsay a suscité une certaine controverse en proposant une version au fromage (source en portugais), avec salade et pain plus sophistiqué... restons‑en ici à la version classique.
Souvent accompagnée d’une bière, la bifana – tout comme certains de ses cousins moins connus, comme le sandwich de courato (couenne grillée) ou de torresmo (lard croustillant) – est fréquemment synonyme de jour de match. Manger une bifana à une roulotte fait partie du rituel d’un supporter, avant ou après la rencontre.
À Lisbonne (hormis quelques exceptions), chacun, même sans grand intérêt pour le football, a une préférence pour le Sporting ou pour le Benfica, les deux rivaux éternels. L’affrontement entre ces deux équipes, connu sous le nom de « derby de la Segunda Circular », est le grand classique lisboète.
Aux abords du stade Alvalade, l’antre du Sporting, chaque jour de match, vous trouverez de nombreuses roulottes où, en plus de goûter l’ambiance typique d’un choc de football, vous pourrez déguster une bifana tout juste préparée.
Pour accéder aux roulottes, en sortant du métro Campo Grande, prenez la direction opposée au stade et rejoignez le jardin du Campo Grande. C’est là (du côté opposé au Musée de la Ville) que vous trouverez une vingtaine de roulottes et une grande foule de supporters rassemblés autour d’elles. Entre deux bouchées de bifana et une gorgée de bière (servie dans un gobelet en plastique réutilisable aux couleurs du club, que vous pourrez emporter), vous pouvez entamer la conversation et échanger des pronostics. Inutile de dire que plus l’enjeu du match est important, plus l’ambiance est électrique.
Vous pouvez consulter le calendrier des matches ici (source en portugais). Attention : la date et l’heure définitives de chaque rencontre ne sont fixées que deux semaines à l’avance. Si vous souhaitez pousser l’expérience plus loin et assister à un match, vous pouvez acheter vos billets ici (source en portugais). Méfiez‑vous des billets vendus ailleurs, notamment sur les réseaux sociaux : il s’agit très souvent d’arnaques.
Si vous voulez goûter une bifana mais que la cohue du football ne vous attire pas, vous pouvez essayer celle de la Cervejaria O Trevo (source en portugais), sur le Largo do Camões (que Anthony Bourdain a goûtée et recommandée), pour ne citer qu’une des nombreuses adresses possibles.
Enfin, si vous préférez un autre accompagnement pour votre bière plutôt qu’une bifana, surtout en fin d’après‑midi, n’hésitez pas à tester les escargots, un petit plat dont les Lisboètes raffolent autant que les habitants du Nord du pays le détestent. De fin mai à septembre, vous en trouverez dans pratiquement tous les cafés ou tavernes de Lisbonne. Voici une liste (source en portugais) (non exhaustive) de lieux où vous pouvez les déguster.
4 - Descendez la Calçada do Combro et repartez avec d’excellentes conserves de poisson
Le Portugal est réputé pour la qualité de ses conserves de thon et de sardines, mais l’offre inclut bien d’autres produits, comme le poulpe, le maquereau ou l’anchois.
Vous pouvez acheter n’importe quelle marque au supermarché, mais le mieux est d’investir un peu plus et de vous rendre dans une boutique spécialisée. Non, pas dans celle pleine de lumières colorées : elle est destinée aux touristes. Allez plutôt à la Conserveira de Lisboa (source en portugais), par exemple, où vous trouverez des marques traditionnelles introuvables en grande surface, comme Tricana, Minor et Prata do Mar.
L’un des nombreux trésors que vous découvrirez ici (et que vous aurez du mal à trouver ailleurs) est le sangacho de thon. Il s’agit de la viande prélevée le long de l’arête dorsale du poisson, plus sombre et donc souvent dédaignée et meilleur marché. Mais ne vous y trompez pas : c’est un véritable délice, au goût puissant et distinctif.
L’une des deux boutiques de la Conserveira de Lisboa se trouve au bas de la Calçada do Combro, qui descend du Largo do Calhariz, au Bairro Alto, jusqu’aux abords du Parlement. Puisque vous êtes là, nous vous proposons de descendre d’abord la rue, tranquillement, en profitant des paysages à gauche et à droite. Commencez au Largo do Camões, passez devant l’ascenseur de Bica (sur votre gauche) et engagez‑vous dans la Calçada do Combro. Si vous avez le temps, vous pouvez faire un petit détour par le quartier de la Bica et le belvédère de l’Adamastor.
Même si l’on n’est pas, à proprement parler, dans un « parcours alternatif », puisque nous sommes dans une zone très touristique, l’itinéraire n’en reste pas moins hautement recommandable. Surtout si vous descendez par la gauche, vous verrez certains des paysages les plus typiques de Lisbonne que l’on puisse imaginer, notamment le ascenseur de Bica. À l’arrêt depuis le tragique accident de l’ascenseur de Glória, tous les touristes en profitent pour se prendre en photo à côté de la cabine.
La Calçada abrite encore un commerce traditionnel, notamment des bouquinistes et antiquaires, où vous pourrez dénicher quelques pépites.
En dépassant la Conserveira, regardez aussitôt sur votre droite et admirez la Rua do Vale, avec l’église das Mercês au fond. Vous y trouverez également l’Atelier-Musée Júlio Pomar (source en portugais), dédié à cet important peintre portugais du XXe siècle.
Arrivé au bout de la Calçada do Combro et en continuant par la Rua dos Poiais de São Bento, vous tomberez, à l’intersection avec la Rua de São Bento et la Calçada da Estrela, sur la boutique de Juliana Penteado (source en portugais), une cheffe brésilienne bien connue, habituée des plateaux de télévision portugais. Sa fleur de sel (en différentes variétés) et sa granola salée au citron sont des trésors à ne pas manquer. Quelques mètres plus loin sur la gauche, une autre boutique vaut absolument le détour : la Companhia Portugueza do Chá (source en portugais), qui propose une grande variété de thés et tisanes produits localement.
Vous êtes désormais à deux pas du temple de la démocratie portugaise. L’Assemblée de la République siège au palais de São Bento, un bâtiment néoclassique du XVIe siècle reconstruit au XIXe. Il abrite le Parlement (alors appelé Cortes Gerais) depuis 1834.
Si la politique vous intéresse, sachez que les séances plénières (généralement les mercredis et jeudis) sont publiques. Vous pouvez consulter l’agenda ici (source en portugais).
5 - Explorez le quartier de Campolide : street art primée et meilleur « cozido » de Lisbonne
Le quartier de Campolide ne figure guère dans les guides. Avec un paysage dominé par l’aqueduc des Eaux Libres, cette zone de Lisbonne mêle logements, commerces et bureaux. Entre centre et périphérie, elle est « coincée » entre la Praça de Espanha, Campo de Ourique, les Amoreiras et le parc forestier de Monsanto. Les constructions récentes côtoient des immeubles anciens et quelques terrains vagues. À première vue, l’intérêt touristique est nul.
Cela ne signifie pas pour autant qu’il faille l’ignorer, bien au contraire : ce quartier, que Sérgio Godinho a immortalisé avec l’album du même nom (source en portugais), sorti en 1979, recèle plusieurs pépites.
Campolide compte de nombreux restaurants, parmi lesquels la Tasquinha do Lagarto (source en portugais), l’une des plus célèbres, où vous pourrez goûter l’un des cozidos à portuguesa les plus recommandés de Lisbonne.
Plus qu’un plat, le cozido à portuguesa est une institution et un rituel. C’est un mets roboratif – mieux vaut le manger au déjeuner qu’au dîner – qui mélange plusieurs viandes, une variété de charcuteries, des légumes et du chou. De nombreux restaurants l’inscrivent à leur carte, mais pas tous les jours. Chaque établissement réserve le cozido à un jour précis de la semaine ; à la Tasquinha do Lagarto, c’est le mercredi (avec un deuxième service le samedi).
Parmi les autres spécialités à découvrir ici, citons les fèves au travers de porc, la feijoada à la mode de Trás‑os‑Montes ou les filets de poulpe « avec un riz du même ». Les desserts méritent également le détour, en particulier la crème brûlée maison (leite‑creme).
Campolide est aussi le quartier de nombreux graffitis et, depuis 2025, d’une œuvre de street art primée par la plateforme Street Art Cities (source en portugais). En plus d’avoir reçu le prix de la meilleure œuvre du mois de juin dernier, Calipso, de l’artiste Patrícia Mariano, a contribué de manière décisive à ce que Lisbonne soit classée troisième meilleure ville pour l’art urbain par cette même plateforme, derrière Madrid et Athènes.
Inspirée de la mythologie gréco‑romaine, Calipso a été créée pour « célébrer la beauté et l’importance des mers, afin de favoriser la réflexion sur la durabilité et la préservation des ressources hydriques » (source en portugais), selon la mairie de Lisbonne.
Campolide est un quartier hétérogène et assez vaste : si vous souhaitez marcher entre la Tasquinha do Lagarto et la fresque, c’est une excellente idée pour digérer le cozido, en gardant à l’esprit qu’il faut compter une bonne vingtaine de minutes de marche. Entre ces deux points, vous aurez la chance de passer sous les arcs emblématiques de l’aqueduc des Eaux Libres, cet ouvrage de 14 kilomètres construit au XVIIIe siècle pour approvisionner la ville en eau.
6 - Promenez-vous au bord du Tage à Belém et terminez l’après-midi par un cocktail
Envie de visiter San Francisco et Rio de Janeiro sans quitter Lisbonne ? Promenez‑vous le long du Tage, dans le quartier de Belém, et contemplez l’ensemble formé par le pont du 25 Avril (source en portugais), construit en 1966 (initialement baptisé pont Salazar, rebaptisé après la révolution qui a renversé le régime dictatorial en 1974) et le Christ Roi (source en portugais).
La statue (1959) qui domine Lisbonne depuis la rive sud rappelle le Christ Rédempteur de Rio de Janeiro, même si elle est beaucoup plus petite. Quant au pont, sa ressemblance avec le Golden Gate saute aux yeux, par sa couleur et son style. Ce n’est pas un hasard : tous deux ont été construits par des sidérurgistes américains rivaux.
Vous pouvez profiter de ce paysage en empruntant la promenade réservée aux piétons et aux vélos située de l’autre côté de la voie ferrée, au bord du fleuve, qui s’étend jusqu’au MAAT (source en portugais), le musée d’Art, d’Architecture et de Technologie inauguré en 2016 par la Fondation EDP, à côté de l’ancien musée de l’Électricité (source en portugais), installé dans une ancienne centrale électrique. Nous vous recommandons de visiter les expositions et d’apprécier l’architecture extérieure des deux bâtiments, d’époques très différentes mais parfaitement complémentaires.
Si vous préférez le vélo, plusieurs points de location jalonnent la promenade, comme celui de Biclas (source en portugais).
Comme marcher ou pédaler donne soif, offrez‑vous pour conclure votre fin d’après‑midi un petit luxe bien mérité : un cocktail en terrasse ou sur le rooftop du Sud Lisboa (source en portugais), l’un des restaurants les plus exclusifs de Lisbonne. Pour 14 euros, le prix d’un spritz, vous vous sentirez comme un véritable prince – et vous serez traité comme tel. Vous pouvez choisir entre la terrasse donnant sur le Tage ou le rooftop avec piscine (dont l’accès est réservé aux clients qui privatisent l’espace), l’un des endroits préférés de Madonna durant les années où elle a vécu à Lisbonne.
Et si l’idée est de vous offrir un petit luxe, pourquoi ne pas y déjeuner également ? La cuisine de fusion, où le Portugal et l’Italie sont les influences principales, porte la signature du chef français Patrick Lefeuvre et mettra vos papilles en émoi. Même s’il s’agit d’une adresse « haut de gamme », les prix restent relativement accessibles si vous optez pour le « Riverside Executive Menu » servi au déjeuner, du lundi au vendredi, avec des formules à 40 ou 45 euros. Le carpaccio de bœuf et la morue confite valent à eux seuls le détour.
7 - Fuyez les restaurants de la Baixa (sauf rares exceptions)
La Rua Augusta est la principale rue piétonne de la Baixa pombalina, le « nouveau centre » de Lisbonne imaginé par le marquis de Pombal après le dévastateur tremblement de terre de 1755. Elle relie le Rossio à la Praça do Comércio, et il est pratiquement impossible de ne pas y passer. Vous pouvez la descendre puis monter en haut de l’arc (source en portugais) pour contempler la place, avant de poursuivre jusqu’au Cais das Colunas et de vous offrir une petite promenade au bord du Tage.
Cependant, si votre passage coïncide avec l’heure du repas, évitez les nombreux restaurants avec terrasse qui jalonnent cette rue.
Il y a quelques années à peine, l’offre de restaurants dans la Baixa était limitée. Avec le boom touristique, ils ont fleuri comme des champignons, avec pour seul objectif de répondre à la demande croissante, sans véritable souci de qualité. Deux critères simples, valables dans n’importe quelle ville, peuvent vous aider à rayer un restaurant de votre liste. Le premier : afficher à l’entrée des photos très colorées des plats. Le second : employer du personnel pour racoler les passants dans la rue. Si un établissement remplit l’un de ces critères, méfiance. S’il remplit les deux, passez immédiatement votre chemin. Aucun bon restaurant, ni à Lisbonne ni ailleurs, n’a besoin d’employés pour héler les clients lorsque la qualité des plats et du service suffit à les attirer. Gardez à l’esprit qu’un restaurant « ethnique » honnête sera toujours une meilleure option qu’un faux restaurant « typique ».
Le même scénario se répète dans l’autre grande rue piétonne de la Baixa, la Rua das Portas de Santo Antão, où sont installés plusieurs théâtres et salles de spectacle, dont le célèbre Coliseu dos Recreios. Là aussi, vous trouverez des dizaines de restaurants ouverts très récemment dans le seul but d’attirer les touristes, et vous serez souvent abordé par des employés vous incitant à entrer et à vous asseoir. Fuyez‑les.
Il existe toutefois quelques bonnes exceptions dans cette rue et les adjacentes, notamment des restaurants historiques, qui vont des options les plus onéreuses, comme le Gambrinus (source en portugais), le Pinóquio (source en portugais) ou le Solar dos Presuntos (source en portugais) à l’adresse plus démocratique qu’est la Casa do Alentejo (source en portugais), « ambassade » de la culture et de la gastronomie de l’Alentejo, installée dans le palais Alverca. Vous pourrez y déguster les spécialités de cette région tout en admirant le magnifique patio arabe, construit entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle. Outre le restaurant, la Casa do Alentejo dispose d’une taverne où vous pourrez goûter quelques petiscos (tapas).
Un peu plus haut, sur l’avenue de la Liberdade, à côté du cinéma São Jorge, la Cervejaria Ribadouro (source en portugais) offre également un bon rapport qualité‑prix pour manger des fruits de mer ou, plus simplement, une assiette de pouces‑pieds accompagnée d’un prego (sandwich au steak de bœuf).
Après avoir suivi ces conseils, au moment de faire vos valises à la fin de votre séjour, vous n’aurez qu’une idée en tête : votre prochain voyage à Lisbonne.