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Législatives allemandes et françaises, quelles similitudes ?

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Législatives allemandes et françaises, quelles similitudes ?

Législatives allemandes et françaises, quelles similitudes ?
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Français et Allemands ont élu leur représentants au Parlement à trois mois d‘écart. Si le score du parti d’extrême droite allemand AfD n’est pas sans rappeler les résultats du Front National aux dernières législatives françaises, jusqu’où peuvent aller les similitudes entre les élections parlementaires des deux côtés du Rhin ?

Des vainqueurs à la victoire inégalement brillante

La CDU d’Angela Merkel a la victoire moins remarquable que lors des élections précédentes. En obtenant près de 33% des votes, elle devra former une coalition pour espérer gouverner. L’effet de l’usure malgré tout…? En effet, la CDU remporte sa quatrième victoire d’affilé alors qu’en France, le parti vainqueur, La République en Marche, était un parti tout nouveau, créé un an auparavant par le président Emmanuel Macron.

En juin, en France, les élections législatives bousculent le paysage politique. Le parti présidentiel, La République en Marche obtient 43,06% des voix, faisant un peu mieux que le Parti Socialiste en 2012 qui avait gagné avec 40,91% des voix.

Les Allemands votent plus

Un point différencie clairement les deux scrutins français et allemand et vient aussi relativiser le poids de la victoire de la CDU et de la République En Marche : le taux de participation. En France, la majorité des électeurs ne se sont pas déplacés et seuls 42% d’entre eux environ se sont exprimés. En Allemagne se sont près de 76% des électeurs qui ont voté.

Une gauche fatiguée

Dans les deux pays, la gauche traditionnelle ne sort pas grandie des élections. En Allemagne, le SPD, battu, fait son plus petit score en quatre élections avec 20,6%. Son chef, Martin Schulz a refusé d’emblée tout accord de coalition, déclarant son parti dans l’opposition. Si le SPD fait un piètre score, celui-ci se maintient pourtant à un niveau tout de même proche de ses scores précédents.

En France, le Parti Socialiste (PS) lui s’effondre, passant de 295 sièges à 29 en obtenant seulement 5,68% des voix. Alors que le pouvoir alternait depuis des années entre droite et PS, le parti socialiste se fait contester le titre de parti d’opposition par la France Insoumise, plus à gauche que lui et qui, avec moins de députés, capitalise pourtant sur un score supérieur à celui du PS lors de l‘élection présidentielle.

Une extrême-droite vigoureuse

Le score historique de l’AfD, parti d’extrême-droite, a fait descendre dans la rue plusieurs centaines de personnes en Allemagne. Avec 13,1% des voix, le parti peut espérer, grâce à la proportionnelle en partie en vigeur, environ 87 sièges. Une entrée fracassante au Parlement à la porte duquel le parti était resté lors des dernières élections de 2013.

En France, le parti d’extrême droite, le Front National avec 8,75% des voix, fait entrer huit députés, un record pour ce parti nationaliste. Mais ce résultat demeure un peu en deça de ses espérances et reste trop bas pour constituer un groupe au Parlement. Alors que Marine Le pen, présidente du parti, avait réussi à se qualifier au second tour de l‘élection présidentielle, le parti attendait de meilleurs résultats aux législatives.

La gauche de la gauche en demi-teinte

En Allemagne, avec 8,9% des voix, Linke fait jeu égal avec les Verts mais se fait doubler par les libéraux du FDP et les extrêmistes de droite de l’AfD. Ils maintiennent leur score de 2013, à quelques sièges près.

En France, la France Insoumise fait grise mine avec 4,86% des voix alors que le parti de Jean-Luc Mélenchon, lui-même élu député, avait obtenu 14,84% des votes à la présidentielle un mois auparavant. Cela n’empêche pas Jean-Luc Mélanchon de clamer le titre de véritable parti d’opposition au gouvernement. Quant aux Verts français, ils se sont fait siphoner leurs voix, notamment par France Insoumise et sont quasiment inexistants avec un seul siège obtenu et 0,13% des suffrages.