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USA/Corée du Nord : 65 ans de bombardement verbal

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USA/Corée du Nord : 65 ans de bombardement verbal

Kim Jong Un et délégation sud-coréenne.
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Les meilleurs ennemis du monde s'insultent ou au contraire ne se parlent plus, selon leur humeur, depuis la fin de la guerre de Corée, il y a maintenant 65 ans. Le président américain, Donald Trump, et le jeunedirigeant nord-coréen, Kim Jong Un, avaient donc tout naturellement repris la tradition de l'escalade verbale début 2017. Mais à la surprise générale, les voici en train de reconsidérer la situation qui devenait absurde. Ce vendredi 9 mars 2018 va devenir à coup sûr une date cruciale dans l'histoire tumultueuse entre les Etats-Unis et la Corée du Nord.

1945 :

Les Japonais se retirent de la péninsule coréenne après leur capitulation le 2 septembre, qui met fin à la Seconde Guerre mondiale. Le 38ème parallèle va alors devenir la fracture entre ce qu'on appellera désormais la Corée du Nord, soutenue par l'Union soviétique, et la Corée du Sud, épaulée par les Etats-Unis. Tout le reste va découler de cette division.

1950 :

En juin, éclate la guerre de Corée. Le 25 du mois, les forces du Nord communiste attaquent le Sud et l'occupent. Mais une coalition dirigée par les Américains réussit à reprendre le territoire sud-coréen, pas au delà.

1953 :

En juillet, le 27, un armistice est signé à Washington; cependant, il ne sera jamais transformé concrètement en accord de paix. Et les premières sanctions américaines à l'encontre de Pyongyang tombent !

1968 :

En janvier, le navire américain USS Pueblo est arraisonné par la marine nord-coréenne. Les 83 membres d'équipage ne seront libérés qu'après presque un an de détention.

1994 :

Le 8 juillet, Kim Il Sung, pourtant qualifié de "Président éternel" de la Corée du Nord, meurt. Son fils, Kim Jong Il, lui succède.

En octobre, le régime rajeuni signe un accord avec le gouvernement américain, dans lequel il s'engage à démanteler son arsenal nucléaire en échange d'une aide pour construire des réacteurs à vocation civile.

1999 :

Kim Jong Il met en place un moratoire sur les essais de missiles. Washington consent à alléger ses sanctions.

2002 :

Le chef de la Maison Blanche, George W. Bush, invente sa fameuse formule d' "axe du mal", et y jette pêle-mêle l'Irak, l'Iran, et... la Corée du Nord ! Pourquoi cette dernière ? Parce qu'elle est soupçonnée de produire en secret de l'uranium hautement enrichi.

2004 :

Réponse du berger à la bergère : le régime nord-coréen traite le président Bush d' "imbécile politique" et de "tyran pire qu'Hitler".

2006 :

La Corée du Nord procède à son premier essai nucléaire.

2008 :

Washington fait sortir Pyongyang de sa liste noire des Etats qui sont accusés de soutenir le terrorisme. Le régime communiste doit en échange accepter un contrôle de l'ensemble de ses installations nucléaires.

2011 :

Le 17 décembre, Kim Jong Il décède. Son fils cadet, Kim Jong Un, reprend le flambeau nord-coréen.

2017 :

En juillet, Kim Jong Un montre ses muscles en ordonnant deux tirs de missiles intercontinentaux. Il se vante de tenir "tout le territoire américain" à sa portée.

En août, Donald Trump riposte verbalement en prédisant que "le feu et la colère" vont s'abattre sur Pyongyang.

En septembre, le dirigeant nord-coréen fait monter la pression d'un cran en réalisant un nouvel essai nucléaire, mais pas n'importe lequel... Il prétend que son armée a testé une bombe H.

2018 :

En février, les Jeux Olympiques d'hiver se déroulent à Pyeongchang, en Corée du Sud. Rebondissement à peine croyable, les autorités du Sud et du Nord profitent de ce moment sportif de paix pour se rencontrer, se parler, se rapprocher de plus en plus près.

En mars, nous y sommes ! Les ennemis de 68 ans au total font un pas de géant. Donald Trump et Kim Jong Un ne sont pas encore les meilleurs copains du monde, mais avec ces deux personnages extravagants, on peut s'attendre à tout !