Newsletter Newsletters Events Évènements Podcasts Vidéos Africanews
Loader
Suivez-nous
Publicité

"Aucune leçon à recevoir de l'internationale réactionnaire" : Paris convoque l'ambassadeur américain

Charles Kushner attendu au Quai d'Orsay.
Charles Kushner attendu au Quai d'Orsay. Tous droits réservés  Yoan Valat, Pool Photo via AP ; AP Photo/Christophe Ena (collage)
Tous droits réservés Yoan Valat, Pool Photo via AP ; AP Photo/Christophe Ena (collage)
Par Alexander Kazakevich
Publié le Mis à jour
Partager Discussion
Partager Close Button

Les commentaires de l'administration Trump sur le meurtre du militant nationaliste Quentin Deranque, attribué à l'ultragauche, exaspèrent la France.

L'enquête sur le meurtre du jeune militant nationaliste à Lyon prend une dimension de plus en plus internationale.

PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

Après un premier passe d'armes entre Emmanuel Macron et Giorgia Meloni, qui a qualifié le tabassage à mort de Quentin Deranque d'"une blessure pour toute l'Europe", les relations se crispent désormais avec les États-Unis.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé la convocation de l'ambassadeur des États-Unis à Paris, Charles Kushner, à la suite des commentaires de l'administration Trump sur l'enquête en cours en France.

Cette mesure était attendue. Vendredi, l'ambassade américaine à Paris a relayé un message du Bureau de lutte contre le terrorisme, rattaché au département d'État, affirmant que "l'extrémisme de gauche violent est en hausse et son rôle dans la mort de Quentin Deranque démontre la menace qu'il représente pour la sécurité publique".

"Nous continuerons à suivre la situation et espérons que les auteurs de ces violences seront traduits en justice", a ajouté le Bureau.

Invité de l'émission "Questions politiques", Jean-Noël Barrot s'en indigné de cette prise de position : "Nous allons convoquer l'ambassadeur des États-Unis en France, puisque l'ambassade des États-Unis en France a fait un commentaire sur ce drame (...) qui concerne la communauté nationale".

"Nous refusons toute instrumentalisation de ce drame, qui endeuille une famille française, à des fins politiques," a-t-il ajouté, estimant que la France n'avait "aucune leçon à recevoir de l'internationale réactionnaire", s'agissant de la violence idéologique.

"Nous ne permettons pas" que l'on "nous serve" des analyses politiques, a-t-il martelé.

Samedi, 3 200 personnes ont défilé dans les rues de Lyon en hommage à Quentin Deranque. La manifestation, relayée par des groupes d'ultradroite, s’est tenue sous une forte présence policière, et des saluts nazis ainsi que des insultes racistes et homophobes ont été observés dans le cortège.

"Tout ce qui a pu être signalé sur les réseaux sociaux ou via le numéro 17 fera l'objet d'un signalement unique [au procureur]", a précisé la préfecture du Rhône à Euronews.

"Je condamne les signes et saluts nazis observés", a déclaré Jean-Noël Barrot dans "Questions politiques", ajoutant que la préfecture "a eu raison" de saisir la justice à ce sujet.

Une marche de deux heures en hommage à Quentin Deranque s'est déroulée samedi à Lyon, dans le VIIe arrondissement, là même où Quentin Deranque avait été frappé à mort.
Une marche de deux heures en hommage à Quentin Deranque s'est déroulée samedi à Lyon, dans le VIIe arrondissement, là même où Quentin Deranque avait été frappé à mort. Euronews

Deux Français sanctionnés par Trump : Macron prend la plume

Autre sujet de discorde que le ministre compte aborder avec Charles Kushner : les sanctions américaines contre l'ancien commissaire européen Thierry Breton et le juge français à la Cour pénale internationale (CPI), Nicolas Guillou.

Breton, l'un des architectes du règlement sur les services numériques (DSA), se voit interdire le séjour aux États‑Unis, où les milieux conservateurs estiment que le DSA impose des contraintes trop strictes aux grandes plateformes américaines, assimilées à de la "censure".

Guillou, quant à lui, est sanctionné pour son rôle dans le dossier du mandat d'arrêt visant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu : il ne peut plus utiliser sa carte Visa ni aucun service numérique américain.

Des sanctions "injustifiées", selon le chef de la diplomatie française.

La Tribune Dimanche a révélé qu'Emmanuel Macron avait adressé un courrier à Donald Trump pour demander la levée des sanctions visant "plusieurs citoyens européens", dont Thierry Breton et Nicolas Guillou. Selon la lettre consultée par le média, le président français qualifie ces restrictions d'attaques contre "l'autonomie réglementaire européenne" et le "principe d'indépendance de la justice et du mandat de la CPI".

Ce n'est pas la première fois que Charles Kushner, beau‑père du gendre de Donald Trump, est convoqué par le Quai d'Orsay. En août dernier, le magnat de l'immobilier devenu diplomate avait déjà été appelé à s'expliquer après avoir estimé que le gouvernement français ne faisait pas assez pour enrayer la "flambée" de l'antisémitisme.

C'est un chargé d'affaires de l'ambassade américaine qui s'était présenté à cette convocation à sa place.

Euronews a contacté le Quai d’Orsay pour connaître la date exacte de la convocation de Charles Kushner, sans réponse au moment de la publication.

Sources additionnelles • AFP, Franceinfo, La Tribune du dimanche

Accéder aux raccourcis d'accessibilité
Partager Discussion

À découvrir également

Mort de Quentin Deranque : le spectre d'un "cordon sanitaire" autour de LFI ?

Mobilisation anti-ICE en France : "Ce qui se passe aux USA peut aussi nous arriver"

"Aucune leçon à recevoir de l'internationale réactionnaire" : Paris convoque l'ambassadeur américain