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Trois pompiers espagnols accusés de trafic de migrants

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Trois pompiers espagnols accusés de trafic de migrants

Trois pompiers espagnols accusés de trafic de migrants
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Trois pompiers de Séville (Espagne) ayant participé bénévolement à diverses missions de sauvetage de migrants en Méditerranée pourraient être condamnés à 10 ans de prison.

Les autorités grecques les accusent de trafic illicite pour avoir facilité l'entrée sur le territoire grec à des personnes dénuées d'autorisations.

Pour les trois prévenus, l'accusation ne tient pas d'autant que lorsqu'ils ont été appréhendés, aucun candidat à l'exil ne se trouvait à bord de leur bateau, explique à Euronews Manuel Blanco, l'un des pompiers, par ailleurs vice-président de l'ONG espagnole PROEM-AID.

"Gardez à l'esprit que s'il y a une personne qui se noie, vous la rapatriez sur une plage pour l'empêcher de perdre la vie, mais on peut aussi vous accuser de faciliter son entrée", souligne Manuel Blanco. Ce dernier estime qu'il est difficile de séparer légalement le trafic illégal du sauvetage humanitaire.

Manuel Blanco s'est rendu à Bruxelles pour solliciter le soutien des eurodéputés avant sa comparution. Il est inquiet.

"Nous nous sommes complètement éloignés de ce dont on nous accuse, nous ne sommes pas des trafiquants, mais des sauveteurs qui font du travail humanitaire parce que les autorités locales, en l'occurrence les autorités grecques, ont été débordées", insiste-t-il.

Lesbos est devenu symbole de la pire crise des réfugiés survenue en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Entre janvier 2015 et février 2016, près de 937 000 personnes sont arrivées en Grèce en provenance de Turquie, dont environ la moitié ont débarqué sur les côtes de Lesbos, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

"Je pensais avoir tout vu du point de vue de l'urgence, mais ce que je n'avais pas vécu, c'était une crise humanitaire d'un tel calibre", se souvient le secouriste.

La première fois qu'il a participé à des missions de sauvetage en Grèce, c'était en décembre 2015, au plus fort de l'afflux de réfugiés, et la dernière fois en 2017, bien qu'il ait été arrêté plus tôt par les autorités locales. Ne pas quitter l'île était " la meilleure façon de prouver que nous ne faisions rien de mal ", dit-il.

Les trois pompiers sont convoqués devant le tribunal grec de Mytilène (Lesbos), le 7 mai prochain. Ils comparaîtront avec deux autres humanitaires.