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Conseil de l'Europe : "fort soupçon" de corruption au profit de Bakou

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Conseil de l'Europe : "fort soupçon" de corruption au profit de Bakou

Conseil de l'Europe : "fort soupçon" de corruption au profit de Bakou
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Des membres de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) font l'objet d'un "fort soupçon" de corruption. Ils auraient bénéficié de largesses des autorités azerbaïdjanaises en échange de leur mansuétude à l'égard du régime.

Un an après avoir été mandatés par l'APCE pour faire la lumière sur cette affaire dite du "Caviargate" ou de la "diplomatie du caviar", trois experts ont rendu dimanche un volumineux rapport de plus de 200 pages.

Avec une conviction : il existe "un fort soupçon que plusieurs élus ou anciens élus de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) se soient livrés à des activités corruptrices en faveur de l'Azerbaïdjan".

Issus de parlements nationaux de quelques-uns des 47 Etats membres du Conseil de l'Europe, ils sont soupçonnés d'avoir été "achetés" par les autorités de l'Azerbaïdjan en échange notamment de leur vote, en janvier 2013, contre un rapport dénonçant la situation des prisonniers politiques dans cette ex-république soviétique.

Caviar et séjours dans des hôtels de luxe

Certains élus se seraient vu offrir du caviar, des tapis et des nuits dans des hôtels de luxe de Bakou mais auraient surtout été grassement rémunérés pour des "activités de lobbying" au profit du régime.

"Les parlementaires impliqués sont invités à suspendre leur activité pendant qu'une commission (de l'APCE) examine leur situation au cas par cas", a indiqué dimanche soir le président de l'APCE, Michele Nicoletti, lors d'un point de presse.

Parmi ces parlementaires figure notamment un ancien élu allemand de la CSU, l'allié bavarois de la CDU de la chancelière Angela Merkel, qui aurait reçu quelque 800 000 euros via des sociétés écrans. Aussi, une actuelle députée de la CDU, ancienne membre de l'APCE, également épinglée pour avoir été rémunérée par une société qualifiée de "lobbyiste-clef" de l'Azerbaïdjan.

L'affaire du "Caviargate" avait été dénoncée l'an dernier par plusieurs journaux européens dont Le Monde, The Guardian et la Süddeutsche Zeitung.

Le rapport a été établi par trois experts, l'ex-juge antiterroriste français Jean-Louis Bruguière, le Britannique Nicolas Bratza, ancien président de la Cour européenne des droits de l'homme, et la juriste suédoise Elisabet Fura.

Sa publication intervient à la veille de l'ouverture de la session de printemps de l'APCE, qui réunit 324 parlementaires. Dénuée de pouvoirs législatifs, l'APCE siège quatre semaines par an à Strasbourg pour débattre de la défense des droits de l'homme ou de la lutte contre la corruption.

AFP