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Mort de Naomi : ouverture d'une enquête

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Mort de Naomi : ouverture d'une enquête

Mort de Naomi : ouverture d'une enquête
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En France, une enquête préliminaire a été ouverte, après le décès de Naomi.

Cette jeune femme de 22 ans, mère de famille , est morte quelques heures après avoir appelé le Samu, qui a refusé de la prendre en charge. Les faits, rendus publics fin avril, remontent au 29 décembre dernier. L'opératrice du Samu des hôpitaux de Strasbourg a raillé la jeune femme, et n'a pas transmis son appel au médecin-régulateur, contrairement à la procédure habituelle.

Naomi Musenga a pu joindre ensuite SOS Médecins, et a été transférée à l'hôpital, mais elle est décédée quelques heures après dans le service de réanimation.

La famille de Naomi Misenga s'est procurée l'enregistrement de l'échange téléphonique avec le Samu, avant de le transmettre à la presse. Voici sa retranscription :

_'- Allô... Aidez-moi, madame...
_

- Oui, qu'est-ce qui se passe?

- Aidez-moi...

- Bon, si vous ne me dites pas ce qu’il se passe, je raccroche…

- Madame, j’ai très mal...

- Oui ben, vous appelez un médecin, hein, d'accord ? Voilà, vous appelez SOS médecins.

- Je peux pas.

- Vous pouvez pas ? Ah non, vous pouvez appeler les pompiers, mais vous ne pouvez pas...

- Je vais mourir.

- Oui, vous allez mourir, certainement, un jour, comme tout le monde.

- Vous appelez SOS médecins, c'est 03 88 75 75 75, d'accord ?

- S'il vous plaît, aidez-moi madame...

- Je peux pas vous aider, je ne sais pas ce que vous avez.

- J'ai très mal, j'ai très très mal.

- Et où ?

- J'ai très mal au ventre (...) et mal partout.

- Oui, ben, vous appelez SOS médecins au 03 88 75 75 75, voilà, ça je ne peux pas le faire à votre place. 03 88 75 75 75. Qu'un médecin vous voie, ou sinon vous appelez votre médecin traitant, d'accord ?

- D'accord.

- Au revoir."

"Quelqu'un qui appelle le SAMU, c'est pour être sauvé", s'indigne Louange Musenga, la soeur de la victime. "Mais si on appelle le SAMU, pour qu'ensuite le SAMU nous crache dessus, c'est choquant".

Face à cet enregistrement, l'hôpital de Strasbourg a ouvert une enquête administrative. Pour le Samu, il s'agit d'un "dysfonctionnement".

L'opératrice qui a eu Naomi Musenga en ligne fait l'objet d'une "mesure conservatoire d'éloignement de son poste" pendant la durée de l'enquête administrative, a fait savoir la direction de l'établissement.

"Ce n'est pas comme ça qu'on prend en charge un appel, et ce n'est pas comme ça qu'on apprend à prendre en charge un appel", réagit François Braun, président de Samu-Urgences de France. "L'assistant de régulation doit passer l'appel au médecin-régulateur".

La ministre de la Santé Agnès Buzyn a demandé une enquête de l'Inspection générale des affaires sociales "sur ces graves dysfonctionnements".