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La liberté de la presse attaquée par des Turcs pro-Erdogan en France

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La liberté de la presse attaquée par des Turcs pro-Erdogan en France

Campagne présidentielle de Recep Tayyip Erdogan en Turquie.
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Le président turc Recep Tayyip Erdogan est maître en son pays, et ses admirateurs les plus passionnés aimeraient apparemment qu'il le soit aussi en France. Alors, ils font la chasse à ce qui pourrait contrarier leur chef à moins d'un mois de l'élection présidentielle en Turquie (le 24 juin). Depuis quelques jours, ils s'attaquent carrément à la liberté de la presse, qui est sacrée pour les Français, en tentant de censurer la Une de l'hebdomadaire Le Point. Dans son dernier numéro, le journal titre sans détours : "Le dictateur. Jusqu'où ira Erdogan ?".

Censure sur des kiosques à journaux au Pontet et à Valence

Ainsi, plusieurs incidents ont lieu depuis vendredi dernier. Dans la ville du Pontet, dans le département du Vaucluse, un groupe de personnes d'origine turque a menacé le gérant d'un kiosque à journaux pour qu'il retire une affiche qui montrait la Une du Point. Il s'est exécuté, un employé de la société chargée de la publicité a décollé l'affiche. Mais la mairie l'a fait remettre, et les pro-Erdogan sont revenus. Plusieurs gendarmes ont dû se rendre sur place.

Le même genre de scène s'est également produit sur un kiosque de Valence, dans la Drôme. Ces tentatives d'intimidation ont été filmées par des témoins et les vidéos circulent largement sur les réseaux sociaux. L'hebdomadaire Le Point dénonce une campagne de "harcèlement" et de "menaces" à son encontre, estimant que "les sympathisants du parti (présidentiel turc) AKP s'attaquent aux symboles de la liberté d'expression et de la pluralité de la presse".

"Ils pensent qu'il leur est possible de pratiquer leur censure en France"

"C'est incroyable !, réagit le directeur du Point, Étienne Gernelle. Ils pensent qu'il leur est possible de pratiquer leur censure en France". Le président de Reporters sans frontières, Christophe Deloire, estime qu'en s'en prenant à des vendeurs de journaux, les pro-Erdogan cherchent "à intimider toute la chaîne de production de la presse. Et ils militent en faveur d'un dirigeant qui a éteint le pluralisme dans son pays". Une action en justice pourrait être lancée, indique la direction du Point.

Le président français Emmanuel Macron dénonce "les ennemis de la liberté, en France comme à l'étranger" sur son compte Twitter :