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Taxes sur l'acier: l'Europe prépare sa riposte

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Taxes sur l'acier: l'Europe prépare sa riposte

retour au travail des métallurgistes dans l'État de l'Illinois (USA)
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Donald Trump a annoncé, ce jeudi, que les États-Unis allaient appliquer d'importantes taxes douanières sur l'acier et l'aluminium importés de l'Union européenne, du Mexique et du Canada.

Les représentants des institutions européennes ont immédiatement réagi à cette annonce. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a qualifié la décision américaine de « protectionnisme, pur et simple ». La commissaire européenne au commerce, Cécilia Malmstrom, a ajouté: « Ce n'est pas notre façon de faire des affaires ».

Du côté du Parlement européen, le chef du PPE, le plus grande groupe politique du Parlement européen, Manfred Weber, a déclaré: « _Nous n'accepterons pas cette décision hautement regrettable sans réagi_r. »

D'importantes conséquences pour l'UE

L'industrie sidérurgique est un marché florissant en Europe. Elle emploie directement 320 000 personnes, qui produisent 160-10 millions de tonnes d'acier par an dans plus de 500 sites de production.

Les États-Unis sont la deuxième plus grande destination des exportations européennes après la Turquie. Rien que l'année dernière, 4,9 millions de tonnes d'acier y ont été expédiées.

Cette annonce fait peser un climat d'incertitude pour les entreprises des deux côtés de l'Atlantique - y compris le secteur sidérurgique européen. Cela pourrait entrainer une baisse des prix jusqu'à 40%.

Vers une guerre commerciale

L'Union européenne a répété à maintes reprises qu'elle voulait éviter une guerre commerciale avec les États-Unis. Mais la décision unilatérale américaine devrait entrainer une réaction de la part du bloc. Certains produits américains, comme les jeans et les Harley Davidson, ont déjà été identifiés comme pouvant faire à leur tour l'objet de mesures de représailles par l'UE.

Bruxelles va également déclencher une procédure de règlement des différends devant l'Organisation mondiale du commerce, au motif que l'Amérique va à l'encontre des règles internationales en vigueur.

Comme le souligne Peter Chase, du German Marshall Fund of the US, cet épisode intervient au milieu d'un excédent mondial d'acier et d'aluminium largement imputé à la Chine. « Il y a une question beaucoup plus vaste, un problème beaucoup plus important dont l'administration de Washington a conscience: ce sont les distorsions dans l'économie chinoise auxquelles il faut s'attaquer. Si les États-Unis s'attaquent à ces questions, ils auront besoin de l'Union européenne à leur côté. Donc tactiquement et stratégiquement, ce n'est pas bon d'être en conflit avec l'UE au moment où l'on a un problème franchement plus important. »

On voit difficilement, toutefois, comment le conflit pourrait être évité.