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Motion de censure adoptée, le Premier ministre espagnol Rajoy est tombé

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Motion de censure adoptée, le Premier ministre espagnol Rajoy est tombé

Motion de censure adoptée, le Premier ministre espagnol Rajoy est tombé
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Touché, coulé par un scandale de corruption ! Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy a été renversé lors d'un vote au Parlement. Une motion de censure, portée par les socialistes contre le dirigeant conservateur, a été adoptée grâce à 180 voix en sa faveur, 4 suffrages de plus que la majorité nécessaire sur un total de 350 députés. 169 parlementaires ont voté contre et il y a eu une abstention. Dans l'élan, le chef du PSOE, Pedro Sanchez, a obtenu la confiance pour former un nouveau gouvernement.

Mariano Rajoy paraissait indéboulonnable. Le conservateur a en effet survécu à des crises de toutes sortes, et même à trois motions de censure précédentes, en 1980, 1987 et l'an dernier. Mais celle qui qui a été votée ce vendredi a été fatale. Revenu au pouvoir depuis décembre 2011, il est le premier chef de gouvernement à être déposé depuis le retour de la démocratie en Espagne. C'est l'annonce de la condamnation de sa formation politique, le Parti populaire, dans un scandale de corruption sans fond qui l'aura achevé.

Le Premier ministre déchu applaudi par ses sympathisants à sa sortie du Parlement :

Son tombeur, "le beau mec" obstiné

L'histoire retiendra aussi que c'est une personne en particulier, le socialiste Pedro Sanchez, qui a mené la curée. Mariano Rajoy, 63 ans, souvent qualifié d'homme sans charisme par ses détracteurs, a en tout cas souvent eu ses adversaires à l'usure. Mais cette fois, il est tombé sur un rival obstiné.

Le patron du PSOE, après deux dégringolades successives des socialistes aux élections législatives de décembre 2015 et juin 2016, en avait subi les frais en étant débarqué de la direction. Revenu finalement par la grande porte à la tête du parti grâce aux primaires de 2017, Pedro Sanchez, à 46 ans, a joué son meilleur coup de poker en rassemblant une majorité hétéroclite de députés pour abattre le Premier ministre.

Passage de flambeau entre Mariano Rajoy et Pedro Sanchez :

Comment le vent a tourné en seulement quelques jours ! Au début de la semaine, beaucoup d'observateurs voyaient Rajoy survivre une nouvelle fois. En réussissant à s'asseoir dans son fauteuil au Palais de la Moncloa à Madrid, Sanchez tient sa revanche.

Cet ancien professeur d'économie, surnommé par certains Espagnols "le beau mec" en raison de ses costumes toujours impeccables, avait essuyé un échec en mars 2016, ne parvenant pas à former un gouvernement avec l'appui des partis Ciudadanos, libéral, et Podemos, la gauche radicale. La partie ne sera guère plus facile désormais pour faire s'entendre Podemos, le Parti nationaliste basque et les indépendantistes de Catalogne.

"On ne pourra donner Rajoy pour mort que quand il sera mort"

Attention ! Lors du dernier blocage politique en Espagne, qui avait duré dix mois à l'issue des législatives de 2016, Mariano Rajoy avait repris la main. Ah, Il en a vu dans sa longue carrière, enchaînant les postes de ministre dans plusieurs gouvernements de José Maria Aznar, attaqué violemment lors de la mauvaise gestion de la marée noire provoquée par le pétrolier Prestige, puis lors de l'engagement espagnol dans la guerre en Irak, empêtré ensuite dans une grave crise économique, et très récemment confronté à la fronde indépendantiste catalane.

Alors, prévient avec causticité son biographe, Anton Losada : "On ne pourra donner Rajoy pour mort que quand il sera mort, pas avant".

Le groupe parlementaire du Parti populaire rend hommage à son chef sur Twitter :