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Jordanie : les raisons de la colère

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Jordanie : les raisons de la colère

Jordanie : les raisons de la colère
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Deux jours après la démission du Premier ministre, les Jordaniens occupent toujours le rues d’Amman. Des manifestations contre la vie chère alors que le gouvernement projette d'augmenter les impôts sur le revenu et les taxes sur les produits de consommation courante.

Une réforme appuyée par le FMI qui vise à remplir les caisses de l'état et réduire la dette publique. Problème : la consommation pourrait être durement touchée.

Eyad Mkheimar est épicier. Pour lui, si la réforme passe, la survie de son magasin est en jeu. "Le gouvernement et ses politiques augmentent les prix sans réaliser de vraies analyses. Tout ce qu'ils veulent c'est baisser la part de la dette dans le budget. Combien de temps encore les citoyens vont-ils pouvoir s'arranger avec ça ? Je possède ce magasin depuis dix ans, et dans quelques mois je vais devoir rester à la maison".

Selon des projections, cette réforme fiscale pourrait rapporter près de 37 milliards de dollars à l'état jordanien en abaissant notamment les seuils d’imposition passant, pour une famille, de 34 000 à 22 000 dollars.

Ainsi ce serait désormais 10% de la population qui pourrait payer des impôts sur le revenu, deux fois plus qu'aujourd'hui.

Parmi les manifestants de nombreux jeunes, étudiants ou diplômés. Une population qui rencontre de grandes difficultés à trouver un travail dans une Jordanie à l'économie moribonde.

En 2017, sa croissance s'est établie à 2% avec un chômage qui touche près d'un Jordanien sur cinq et une inflation qui frôle les 5%.

La Jordanie et le Fonds monétaire internationale se sont mis d'accord pour mettre sur pied un plan en trois ans. Selon le gouvernement, les réformes pourraient réduire les inégalités sociales en faisant payer davantage aux plus riches.

Les dernières troubles qu'a connus la Jordanie remontent à 2012 quand le FMI avait recommandé au gouvernement d'augmenter le prix de l'essence.