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"C'est comme si vous bloquiez une ambulance lors d'un accident de la route"

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"C'est comme si vous bloquiez une ambulance lors d'un accident de la route"

 "C'est comme si vous bloquiez une ambulance lors d'un accident de la route"
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"C'est comme si vous bloquiez une ambulance lors d'un accident de la route" explique l'ONG Sea-Watch au micro d'Euronews.

L'ONG allemande ne peut plus poursuivre ses opérations de recherche et de sauvetage en Méditerranée. Les autorités maltaises ne lui en donnent plus la permission.

Son bateau, le "Sea-Watch 3" et son avion, le "Moonbird", sont immobilisés jusqu'à nouvel ordre. Selon l'ONG, Malte n'a pas le droit d'empêcher la poursuite de ses activités.

Elle dénonce une volonté politique de réprimer le sauvetage en mer et affirme qu'elle fera tout pour reprendre de nouveau ses opérations.

"Nous allons contester l'action des autorités maltaises et nous verrons quelles sont les autres possibilités pour reprendre les opérations dès que possible" explique un membre de l'ONG, Reuben Neugebauer. Selon lui, il y a urgence, car "les gens meurent en ce moment".

L'immobilisation de l'avion est le plus problématique. "Vous ne pouvez pas dire qu'un avion collabore avec les trafiquants. Un avion est à la recherche de personne en détresse et il ne s'agit que d'une opération de recherche et de sauvetage! C'est comme si vous deviez bloquer une ambulance lors d'un accident de la route" s'insurge le représentant de l'ONG. "Si vous faites ça et bien vous irez au tribunal!" s'exclame Reuben Neugebauer.

A la demande d'Euronews, les autorités maltaises ont réagi.

Elles assurent que l'autorité de recherche et de sauvetage du pays 'ne demande aucune mission de surveillance par une tierce-partie dans sa zone de sauvetage et sa région de vol".

Selon elles, "le département de l'aviation civile de Malte n'est pas compétente pour autoriser de telles opérations qui pourraient également entrer dans les domaines de compétence d'un autre État. "

Pour tirer cela au clair, nous sommes allés aux Pays-Bas pour interroger un chercheur à l'université de Leyde, spécialisé en droit humanitaire, Eugenio Cusumano.

Isabel Silva, journaliste à Euronews : "Quel est le rôle des ONGs dans le sauvetage en mer aujourd'hui?

Eugenio Cusumano : Les ONG sont toujours nécessaires car pour le moment il n'y a pas d'autorité européenne compétente au large de la Libye et la garde-côte libyenne formée par l'Italie et l'Union européenne, n'est pas encore bien équipée pour mener l'ensemble des opérations de recherche et de sauvetage. La Lybie est un pays qui n'a pas de centre de coordination des opérations de sauvetage et qui est dans un tel état de fragilité qu'on ne peut pas compter sur lui pour mener à bien de telles opérations."

IS : "Pourquoi dites vous que la décision espagnole de réceptionner le bateau fait plus de mal que de bien?

EC : Les ports espagnols sont trop éloignés pour offrir un lieu de débarquement fiable de manière systématique. Et c'est un long voyage, qui pose beaucoup de problèmes d'un point de vue humanitaire mais aussi logistique. Cela oblige les ONG a s'éloigner et cela pendant plus d'une semaine, de la zone où la plupart des situations de détresse surviennent. Idéalement, il serait préférable que les migrants soient débarqués en Italie puis transférés dans d'autres pays de l'Union européenne."