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Des incendies font de nombreux morts près d'Athènes

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Des incendies font de nombreux morts près d'Athènes

Un pompier en équipement lutte contre les incendies près d'Athènes, Grèce
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Une ceinture de feu ravageait lundi soir des zones habitées autour d'Athènes, avec trois incendies dans lesquels une vingtaine de personnes sont mortes, suscitant un appel à l'aide d'Athènes à ses partenaires européens.

La plupart des victimes ont été piégées dans les environs de Mati, à 40 km au nord-est d'Athènes.

Plus de 300 pompiers, assistés de volontaires, luttaient sur les divers fronts. Mais la nuit a interrompu les opérations aériennes, menées plus tôt par huit avions et neuf hélicoptères.

Au vu de la situation, qu'il a qualifiée de "très difficile", le Premier ministre Alexis Tsipras a écourté un déplacement à Mostar, en Bosnie, pour revenir coordonner les opérations, ont indiqué ses service à l'AFP.

Athènes a également activé le mécanisme européen de protection civile pour demander des renforts à ses partenaires, a annoncé dans la soirée la porte-parole des pompiers, Stavroula Maliri.

Les services d'urgence ont indiqué avoir aussi hospitalisé 150 blessés, dont 11 grièvement atteints.

Mme Maliri a appelé tous les habitants des régions menacées à les évacuer.

"J'ai été informé d'une situation très difficile en Attique avec trois fronts d'incendie. Toutes les forces sont mobilisées pour y faire face", a réagi M. Tsipras dans un message télévisé depuis Mostar.

Des habitants réfugiés sur la plage

Dans la soirée, et alors que des vents restaient violents, le front le plus préoccupant progressait à une trentaine de km au nord-est de la capitale, dans la grande banlieue balnéaire s'étendant jusqu'à Marathon.

Certains habitants ont fui sur la plage, et la police portuaire a annoncé dépêcher des bateaux pour leur venir en aide. 600 enfants ont été évacués de colonies de vacances du secteur.

La préfecture d'Attique a décrété l'état d'urgence pour accélérer la mobilisation des ressources publiques.

Les télévisions montraient des habitants fuyant la zone en voiture, cernés par les flammes, et de nombreux bâtiments endommagés.

"Si je n'étais pas partie, j'aurais brûlé"

"La situation est critique", a estimé le secrétaire général à la Protection civile, Yannis Kapakis, précisant que des renforts étaient acheminés du nord de la Grèce.

"Si je n'étais pas partie, j'aurais brûlé" a témoigné Maria, une retraitée de 67 ans résidant à Mati, jointe au téléphone par l'AFP. Faute de les trouver à temps, elle a dû abandonner ses deux chiens pour se réfugier dans la localité proche de Néa Makri.

Le premier feu, qui s'est déclaré en fin de matinée dans une forêt de pins du mont Gerania, au-dessus de la station balnéaire de Kineta, à 55 km à l'ouest d'Athènes, continuait, lui, à brûler en bordure de l'autoroute vers le canal de Corinthe et le Péloponnèse.

"Il y a eu des dégâts, des maisons et voitures ont brûlé", a déclaré le maire de Megara, Grigoris Stamoulis. Trois lotissements, surtout de résidences secondaires, ont été évacués et la municipalité a ouvert des locaux pour accueillir leurs habitants.

Légère accalmie des vents

Un dernier foyer s'est déclenché en début de soirée plus au nord de Mati, sur la côte orientale de l'Attique, autour de la localité balnéaire de Kalamos.

Toutes ces zones étaient recouvertes d'épais nuages de fumée, obscurcissant aussi le ciel de la capitale, tandis que le trafic routier et l'alimentation en électricité y étaient perturbés.

"Je suis préoccupé par le déclenchement en parallèle de ces foyers", a affirmé M. Tsipras. Le ministre adjoint à l'Intérieur, Nikos Toskas, avait plus tôt laissé entendre que les feux pourraient être d'origine criminelle.

Les autorités espèrent une légère accalmie des vents, qui ont soufflé avec des rafales de plus de 60 km/h, tandis qu'une vague de chaleur s'abattait sur le pays avec des températures jusqu'à autour de 40 degrés Celsius.

Mais selon la météo, les conditions doivent rester difficiles mardi.

Les incendies de forêt et de maquis sont récurrents en Grèce l'été, notamment dans les zones vertes entourant la capitale. Les derniers feux les plus dévastateurs pour le pays étaient survenus en 2007 dans le Péloponnèse et sur l'île d'Evia, tuant 77 personnes et ravageant 250.000 hectares de forêts, maquis et cultures.