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La situation dégénère au Zimbabwe

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Des violences postélectorales opposant forces de l'ordre et partisans de l'opposition ont fait trois morts dans la capitale Harare, après l'annonce de résultats partiels des élections législatives et présidentielle qui se sont tenues lundi.

Ces résultats annoncent le triomphe au Parlement du président sortant. Rassemblés devant le siège de la commission électorale, les opposants à Emmerson Mnangagwa revendiquent eux aussi la victoire et dénoncent un scrutin truqué.

"Nous ne sommes pas un peuple violent, mais ce dont nous avons besoin, c'est d'une élection transparente", dit un manifestant.

De son côté, le président Emmerson Mnangagwa, patron de la Zanu-PF (l'Union nationale africaine du Zimbabwe), le parti au pouvoir, a fustigé ses opposants.

"Nous tenons l'alliance MDC d'opposition et tous ses dirigeants pour responsable de ces troubles à l’ordre public et à la paix nationale", a martelé Emmerson Mnangagwa.

Selon la très controversée commission électorale, la Zanu Pf obtiendrait une majorité absolue au Parlement. Ce résultat reste encore à confirmer.

"La majeure partie des résultats de cette présidentielle est en notre possession au siège de la commission électorale. Reste que certains représentants des 23 candidats ne se sont pour l’instant pas encore manifestés", a précisé la présidente de la commission, Priscilla Chigumba.

Les observateurs internationaux exhortent cependant la commission à faire vite.

"Plus le processus est long plus nous perdons en crédibilité", a dit Elma Brok, le chef des observateurs de l'Union européenne (UE).

Sur son compte twitter, le leader de l'opposition, Nelson Chamisa, a, lui, revendiqué la victoire. Le chef du MDC (Mouvement pour le changement démocratique) accuse la commission de vouloir gagner du temps pour inverser les résultats. "Nous avons remporté le vote populaire et nous le défendrons", a-t-il assuré.

Le porte-parole du MDC a par ailleurs condamné les violences post-électorales.

"Rien ne peut justifier la brutalité de ces derniers jours. Nous devons maintenir la paix dans le pays tout en respectant les droits des citoyens", a assuré Nkululeko Sibanda.

Des chars ont été déployés dans les rues d'Harare. L'atmosphère reste plus que tendue au Zimbabwe. Le pays attend fébrilement l'annonce des résultats définitifs de ce scrutin historique qui s'était pourtant jusque-là déroulé dans le calme et sans violence.