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Au Golan syrien, la Russie souhaite un redéploiement de l'ONU

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Au Golan syrien, la Russie souhaite un redéploiement de l'ONU

Au Golan syrien, la Russie souhaite un redéploiement de l'ONU
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Les murs sont criblés de balles et l'emblème peint de l'ONU ne se voit presque plus sur le toit rouillé: à deux pas de ce poste abandonné par l'ONU, des policiers syriens et russes scrutent ensemble le plateau du Golan.

Tournant le dos aux hauteurs de ce plateau occupé en grande partie par Israël depuis 1967, le lieutenant-général Sergueï Kouralenko discute avec une vingtaine de médias internationaux, dont l'AFP, de la "stabilité" de cette zone démilitarisée entre Israël et la Syrie, dans le cadre d'un tour organisé.

Hormis "quelques problèmes liés (au groupe jihadiste) Etat islamique" dans l'extrême pointe sud, la zone est "entièrement sous contrôle de la police militaire syrienne", affirme le lieutenant-général dont le pays aide militairement le régime syrien dans la guerre qui ravage le pays depuis 2011.

Le pouvoir syrien a repris ces derniers mois aux rebelles et jihadistes la quasi-totalité des provinces voisines de Deraa et de Qouneitra où se trouve la zone démilitarisée sur le Golan.

Les Russes ont installé quatre postes dans la zone démilitarisée et comptent en établir quatre autres d'ici peu. Mais ils sont "disposés à les laisser à l'ONU si elle se dit prête à assumer seule la surveillance du plateau", assure le haut-gradé russe.

Depuis 1974, la zone démilitarisée, établie en vertu de la résolution 350 du Conseil de sécurité de l'ONU, est surveillée par la force des Nations unies pour l'observation du désengagement (Fnuod).

- "Tout est prêt" -

En 2014, la Fnuod avait dû abandonner ses positions dans la partie syrienne du Golan, quand des groupes rebelles et des jihadistes de l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda se sont emparés du secteur, kidnappant brièvement 45 membres fidjiens de la force.

Pour Sergueï Kouralenko, cette page est tournée et "tout est prêt" pour un redéploiement total de l'ONU. Les Russes aident à déminer les postes onusiens et établissent des itinéraires sûrs pour les patrouilles de la Fnuod, explique-t-il, souhaitant que cette force "travaille sans restriction dans la zone".

Depuis février dernier, la Fnuod y a mené plus de 30 patrouilles. Des Casques bleus avaient patrouillé le 3 août sur un point stratégique près de la partie occupée du Golan, pour la première fois depuis 2014.

Fin juin, le mandat des Casques bleus a été renouvelé pour six mois. "A l'exception de la Fnuod, il ne doit y avoir aucune force militaire dans la zone de séparation", a averti le Conseil de sécurité.

Mardi, le ministre syrien de la Défense, Ali Abdallah Ayoub, a reçu à Damas le commandant de la Fnuod pour discuter du redéploiement des Casques Bleus dans la zone tampon.

Pour Mohamad Ahmad, général de brigade de la police militaire syrienne, l'ONU "est la bienvenue ici si elle veut coopérer avec la Russie et avec nous".

Mais il dit à l'AFP garder en mémoire que, "lorsque (les Syriens) ont eu besoin de l'ONU face aux terroristes, l'ONU n'a rien fait et s'est enfuie" du Golan. "Seule la Russie nous a aidés (...) L’occident ne fait qu'aider les terroristes".

- Rassurer Israël -

Contacté par l'AFP, un porte-parole de la FNUOD n'était pas disponible dans l'immédiat pour tout commentaire.

Avec sa mosquée au dôme blanc pilonné et ses immeubles en ruines, la petite ville de Hamidiyé, à moins d'un km de la ligne de démarcation avec Israël, est désormais surveillée par la police militaire syrienne, parfois aidée "ponctuellement" par les Russes, selon un porte-parole militaire russe, Igor Konachenkov.

Postés devant un pont détruit, deux policiers syriens observent un convoi militaire russe passer puis revenir une dizaine de minutes plus tard, gyrophares allumés et drapeau russe flottant au vent.

En manifestant sa présence, Moscou espère aussi rassurer Israël qui soutient que des forces iraniennes sont présentes sur le Golan, alors que l'Iran, ennemi d'Israël, aide militairement le régime syrien. En mai, Israël a mené des dizaines de raids en Syrie contre des cibles présentées comme iraniennes.

Fin juillet, Moscou a proposé que les forces iraniennes soient maintenues à une distance de 100 km de la ligne de démarcation sur le Golan, d'après un responsable israélien.

Interrogé sur la présence d'Iraniens, le général Konachenkov s'est subitement braqué mardi: "l'armée russe n'a rien à dire sur la présence ou non d'Iraniens" au Golan, a-t-il répété en boucle, le visage crispé.

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